Ubuntu s’attaque à l’Internet des objets avec Snappy

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Canonical se lance dans l’Internet des objets. L’éditeur dédie une plate-forme Ubuntu au développement d’applications pour les objets connectés.

« Nous sommes motivés pour soutenir les entrepreneurs et inventeurs concentrés sur les projets qui changent la vie. » C’est par ces mots que Mark Shuttleworth, le fondateur de Canonical, introduit Snappy Ubuntu Core pour l’Internet des objets (IoT). « Installé sur les appareils connectés, Snappy Ubuntu Core fournit une sécurité à toute épreuve, des mises à jours fiables, et l’énorme écosystème Ubuntu à portée de main, portant ainsi la plate-forme Cloud préférée des développeurs à une large gamme d’objets Internet, d’appareils connectés et de machines autonomes », décrit le site de l’éditeur d’Ubuntu.

Jusqu’alors dédié aux besoins du Cloud, Snappy se distingue de la distribution desktop d’Ubuntu par un mécanisme de mise à jour transactionnelle et un accès simplifié aux applications, qui se veut « plus rapide, plus fiable et permet de garantir une sécurité pour les applications et les utilisateurs ». Le système attribue en effet des profils pour chaque application, ce qui limite une prise de contrôle non souhaitée. De même, les mises à jour assurent des sauvegardes qui, en cas de défaillance de l’opération, permet à l’objet de continuer à fonctionner avec la précédente version de son environnement d’exploitation. Autant de procédures qui permettront d’automatiser les mises à jour applicatives de nombre d’appareils connectés et trop souvent oubliés des utilisateurs (set-top-box, alarmes…).

Snappy s’embarque dans un drone

Pour Canonical, l’entrée dans l’univers des objets connectés coule de source. Selon l’éditeur, les premiers utilisateurs d’Ubuntu sur les objets connectés sont des pionniers en robotique, drones et autres hubs ouverts aux « choses » Internet. A titre d’illustration, Ubuntu sert de plate-forme de développement à l’Open Source Robotics Foundation (OSRF) depuis ses débuts. « Nous avons travaillé avec Ubuntu pour s’assurer que ROS (Robotic OS, NDLR) sera exploitable sur Snappy et nous projetons un store Snappy ROS, indique Brian Gerkey, le CEO et cofondateur de l’OSRF; sur le blog de la fondation. Vous pourrez écrire, partager, et exécuter des applications à base de Snappy ROS pour vos robots favoris. »

En pleine expansion, l’industrie des drones profitera également de Snappy. Comme l’illustre Erle Robotics, un autre des 22 partenaires d’Ubuntu Core à ce jour, qui vient d’équiper le Erle-Copter, « le premier drone au monde alimenté par Ubuntu Core qui demeurera automatiquement sécurisé et peut évoluer grâce aux nouvelles capacités fournie sur l’App Store », indique Victor Mayoral, le responsable technique de l’entreprise de fabrication de drones dédiés à l’éducation et la recherche. Mais le marché s’étend bien au-delà des robots et autres objets volants avec les set-top-box et autres passerelles numériques de pilotage de la maison connectée, les véhicules autonomes, mais aussi les objets difficilement accessibles comme ceux des missions spatiales, les systèmes de contrôle d’affichage et de divertissement, etc.

Cloud et API unique d’un bout à l’autre du développement

Pour séduire la communauté et étoffer l’écosystème, Canonical met en avant la simplicité de sa solution à travers une plate-forme unique, « du Cloud à l’appareil ». Si les développements applicatifs pourront s’effectuer sur un desktop, les applications peuvent être testées dans le Cloud. Canonical assure ainsi que Ubuntu Core dispose précisément des mêmes API et reçoit des mises à jour de sécurité identiques dans le Cloud comme sur les terminaux. « Ubuntu Core dans le Cloud est une plate-forme taillée pour les tests et les développements, assure Alexander Sack, responsable de l’ingénierie des appareils chez Canonical, je peux simuler mon appareil en ligne et lancers des milliers de terminaux simulés à la demande. » Ubuntu Core est notamment disponible chez Microsoft Azure, Google Cloud Platform et AWS.

Par ailleurs, Snappy peut-être installé en local sur les architectures ARMv7 et X86-64. Ce qui, avec des plates-formes processeurs dans la gamme des RasperryPi démarrant à quelques dollars, permet de développer des designs de référence sans gros investissements. Ubuntu Core s’appuie en effet sur une configuration minime. A savoir un processeur à 600 MHz ou plus avec 128 Mo de mémoire vive, dont 40 Mo utilisés par l’OS, ce qui en laisse plus de 80 aux applications. L’appareil doit disposer de 4 Go de stockage pour les réinitialisations d’usine et le démantèlement du système. Même les vieux PC pourront être exploités pour développer des applications dédiées aux objets connectés.


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