Windows Phone 7 : Microsoft protège ses arrières

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Windows Phone 7 débarque sur neuf smartphones, dont cinq en France. Microsoft vise entre 100 et 300 millions d’utilisateurs dans les prochaines années.

Une réalité largement initiée par l’iPhone d’Apple dont l’arrivée de Windows Phone 7 permettra à Orange (et, plus largement, à ses concurrents) de minimiser la dépendance. Une vraie bouffée d’air frais que Microsoft compte bien insuffler de tout son poids. Notamment en partageant ses revenus. Une partie (non précisée) des revenus issues des ventes d’applications (dont 70% réservés aux développeurs) reviendra aux partenaires de l’éditeur de Redmond, dont les opérateurs. « Il nous semble logique de contribuer aux autoroutes à 8 voies que l’on demande aux opérateurs de construire », argumente le patron de Microsoft France.

Il reste néanmoins à Microsoft de proposer un nombre suffisant d’applications (et donc de développeurs) pour espérer attirer de nouveaux utilisateurs (ou, au moins, arrêter d’en perdre). En l’espèce, l’éditeur la joue modeste. « Nous n’entrerons pas dans la course à la quantité, prévient Eric Boustouller qui fait allusion aux quelques 250.000 applications pour l’iPhone, nous visons les 10 ou 20.000 meilleures applications du marché. »

Encore faut-il attirer les développeurs. Microsoft se félicite d’avoir déjà convaincu 300 éditeurs en France qui devraient mettre à disposition prochainement quelques 200 applications certifiées. Avec quelques exclusivités, comme Meetic, mises en avant par l’éditeur. Mais aussi Elle.fr ou Vente-privé dont l’application gère jusqu’à la transaction depuis le mobile. Assassin Creed d’Ubisoft représentera l’un des titres phares du Marketplace. « On s’attend à un best seller », argumente Nicolas Petit. Microsoft reste très optimiste quant à ses capacité à séduire les développeurs. Le SDK, disponible gratuitement depuis mars 2010, a été téléchargé 500.000 fois au niveau mondial, annonce Redmond.

25% du marché des smartphones en 2015?

Si les opérateurs trouvent leur compte à adopter Windows Phone 7 (ne serait-ce que comme matière de négociation avec Apple) et que les développeurs se laissent attirer par le nouveau système (et la facilité affichée à développer une fois leurs applications pour tous les «écrans» Windows : PC, Xbox/TV, téléphone), il ne reste plus qu’à convaincre les utilisateurs dont bon nombre ont basculé chez Apple ou Android pour les usages individuels ou BlackBerry pour les entreprises.

A défaut de la jouer modeste, Microsoft reste dans le flou tout en laissant entrevoir la lumière. « Si, dans les prochaines années, nous parvenons à capter 100, 200 ou 300 millions des 1,2 milliard de smartphones vendus dans le monde chaque année, nous aurons largement gagné notre pari », déclare Eric Boustouller. Ce qui laisse de la marge à interprétation. Microsoft vise-t-il les 25% du marché mondial des smarphones d’ici 2015? Dans tous les cas, le chemin sera long et ardu. Le cabinet Gartner prévoit pour 2014 à moins de 4% la part de marché de Windows Phone après une pointe à 5,2% en 2011. Des estimations qui ne préoccupe pas, en apparence, la direction de Microsoft. « Windows Phone s’inscrit dans la durée », insiste Eric Boustouller.

Windows Phone 7 évoluera début 2011 avec la première mise à jour (qui sera, à la manière de l’iPhone, disponible depuis l’application Zune, par update de ROM). La gestion du copier-coller y sera introduite ainsi que la recherche localisée depuis Bing. Quant au support du format Adobe Flash, il est prévu dans les développements mais sans avance de calendrier pour ce point.

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