5 observations avant de sauvegarder ses données dans le Cloud (Tribune)

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La sauvegarde des données dans le Cloud est un exercice à évaluer et à préparer comme le rappelle Stéphane Estevez responsable senior du marketing produits pour les régions EMEA chez Quantum.

De plus en plus d’entreprises de toutes tailles commencent à déployer leurs données dans le Cloud, séduites par les promesses d’une agilité accrue et d’une baisse des coûts de gestion et des dépenses d’infrastructure. Quoi de plus normal ?

Lorsque les fonctions de calcul et les données sont transférées de concert vers le Cloud, les points à prendre en compte sont très similaires à ceux auxquels il faut réfléchir lors du déploiement ou de la migration d’une application sur site. Mais lorsque les principales opérations de calcul restent exécutées sur site et que seules les données sont transférées hors site (en vue de sauvegardes, de reprises après incident ou d’archives répondant à un impératif réglementaire, par exemple), le déploiement peut se révéler plus complexe. Dans ce cas de figure, les responsables opérationnels doivent prendre en considération cinq points clés pour assurer le succès de la migration vers le Cloud, notamment respecter le budget alloué et les contrats de niveau de service conclus avec les clients.

1 – Identifier les volumes et anticiper le transport

Peut-être serez-vous surpris d’apprendre que l’un des coûts potentiels les plus élevés associés au stockage de données dans le Cloud est celui du transport. Quand vous achetez un service de Cloud, vous faites l’acquisition d’un emplacement pour vos données, mais vous devez payer pour acheminer ces dernières jusqu’à leur destination. Suivant la capacité réseau disponible, le volume des données que vous devez transporter et l’origine géographique de ces données, l’impact sur le réseau et le coût peuvent être considérables. Si vous pouvez transférer les données aux heures où votre capacité réseau existante n’est pas pleinement utilisée, vous atténuerez l’impact sur les performances et le coût.

Lorsque vous réfléchissez à votre stratégie de déploiement de données dans le Cloud, vous devez donc identifier comment vous acheminerez vos données initiales mais aussi le volume des données que vous ajouterez chaque mois. Comment transférerez-vous ces données vers le Cloud ? Pourrez-vous les acheminer pendant les « heures creuses » pour limiter l’impact sur votre infrastructure existante ?

2 – Prévoir la fréquence d’utilisation

La fréquence de rappel des données stockées dans le Cloud attendue (et la taille de ces données) est un autre aspect essentiel à prendre en compte. Si le coût du stockage externalisé de données au repos peut être très modique (0,01 $ par Go, voire moins) et le transfert initial de ces données vers le stockage hors site gratuit, le coût du rappel des données à partir d’un cloud d’archivage pourra atteindre 0,10 $ par Go. Et encore faudra-t-il lui ajouter celui du transfert réseau proprement dit. En d’autres termes, si vous conservez vos données dans Amazon Glacier mais que vous ne rappelez que 10 % de celles-ci, la facture pourrait au final être multipliée par deux par rapport à ce que vous aviez prévu.

3 – Evaluer les performances de rappel

Cet aspect est lui aussi très important. Les performances de rappel doivent être compatibles avec le temps de restauration garanti aux utilisateurs dans le contrat de niveau de service : fondamentalement, votre prestataire de services Cloud pourra-t-il restituer suffisamment vite les données que vous recherchez ? Pour les données conservées afin de respecter les obligations réglementaires, par exemple, si le contrat de niveau de service prévoit un délai de quelques heures à quelques jours, vous pourrez tirer profit des options de stockage à froid, moins onéreuses, et de leurs performances de rappel sur plusieurs heures.

En revanche, vous ne ferez pas ce choix si vous avez besoin d’une restauration immédiate. Les rappels pourront-ils être programmés ? Ou avez-vous plutôt besoin d’une restauration instantanée ? Le service que vous choisirez dépendra de la réponse à ces questions.

4 – Intégrer les applications existantes

Comment intégrer votre projet de création d’un pool de données dans le Cloud à vos applications existantes ? Si votre environnement de workflow ressemble à celui de nombreux clients, c’est la principale question à laquelle vous devrez répondre. S’il est facile d’adapter la capacité dans le Cloud, la configuration initiale n’est pas si simple. Vraisemblablement, vos applications existantes ne sont pas configurées pour écrire des données vers une interface REST (Cloud), ni conçues pour gérer le temps de latence supplémentaire qu’un Cloud pourra induire. Vous pourriez finir par exporter des données à partir de votre application et créer des déplacements vers le Web manuels ou du code d’intégration personnalisé.

La charge de travail associée à ces opérations a amené de nombreux clients à utiliser des passerelles vers le Cloud qui établissent une continuité entre le Cloud distant et les applications qui communiquent avec un fichier local ou un périphérique de traitement par blocs. Toutefois, décider d’utiliser une passerelle suppose aussi de choisir, d’acquérir et de gérer une nouvelle couche technologique. Ces équipements proposent un large éventail de fonctionnalités, de performances et d’usages. Vous devrez planifier les différentes étapes liées à ce nouveau programme : sélection, déploiement, test des applications et maintenance. Peut-être devrez-vous aussi envisager d’ajouter une couche d’automatisation du workflow lors de la migration des données vers le Cloud, et ce faisant limiter les interventions manuelles nécessaires.

5 – Définir la gestion au quotidien

Le dernier aspect auquel vous devrez réfléchir est celui de la gestion au quotidien. Comment allez-vous assurer, au niveau des systèmes, le suivi des métriques habituelles de gestion des données stockées dans le Cloud : capacité, performances, disponibilité, etc. ? Votre prestataire Cloud vous fournira peut-être quelques données, mais beaucoup d’utilisateurs avertis considèrent qu’il est utile (ou nécessaire) de disposer de leurs propres outils centrés sur le Cloud pour suivre et gérer ces éléments essentiels pour respecter les contrats de niveau de service passés avec les clients. Comme pour l’intégration des applications, vous voudrez peut-être profiter de cette occasion pour ajouter une nouvelle couche de visualisation et d’automatisation des données à votre système de gestion des données.

Un plan d’intégration du Cloud capable de gérer ces cinq considérations commence par une analyse exhaustive de la situation. Vous devez évaluer le volume des données que vous prévoyez de transférer ainsi que les pratiques et les processus internes existants. Cette analyse sera le gage d’une architecture de déploiement de données dans le Cloud réussie et durable et devrait aussi vous permettre d’identifier les aspects de vos pratiques sur site que vous pourriez améliorer. Peut-être constaterez-vous qu’au-delà de vous donner la possibilité d’évaluer et de justifier de nouveaux outils d’automatisation des applications et de la gestion, le principal retour sur investissement du passage au Cloud serait l’occasion de vous interroger sur les données que vous stockez, où et sur quelle durée. Étant donné la vitesse à laquelle le volume des données augmente, si votre projet pilote de données dans le Cloud se transformait en examen interfonctionnel et exhaustif des pratiques générales d’utilisation, de stockage multi-niveau et de suppression des données, ce serait sans aucun doute une très bonne chose pour votre budget de stockage des données, aujourd’hui et à l’avenir.

Stéphane Estevez HD 2Par Stéphane Estevez, responsable senior du marketing produits pour les régions EMEA chez Quantum.


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