Low code et RPA, le combo gagnant de la transformation digitale des entreprises

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Les plateformes RPA offrent aujourd’hui des outils qui permettent aux experts métier d’automatiser leurs tâches en toute autonomie. Avec l’arrivée au premier plan des plateformes de développement Low Code, les possibilités deviennent infinies. Cette démocratisation doit toutefois être encadrée par un organe de gouvernance.

La crise sanitaire actuelle ne peut qu’accélérer certaines tendances technologiques. La Robotic process automation (RPA), soit l’automatisation des processus métier par des robots logiciels, est de celles-là. Elle permet, en effet, aux entreprises de réaliser d’importants gains de productivité tout en réduisant les risques opérationnels.
Pour mémoire, la RPA consiste à reproduire les actions chronophages et à faible valeur ajoutée que font manuellement des opérateurs humains. Par exemple, la série de copier-coller nécessaire pour remplir un tableau de reporting.

Avant même la pandémie, le marché de la RPA était jugé prometteur. Selon un livre blanc d’IDC, les investissements des entreprises françaises dans ce domaine seront multipliés par cinq entre 2018 et 2022 pour atteindre, à cet horizon, 149 millions d’euros. La RPA profite, par ailleurs, d’une autre avancée technologique. Il s’agit du Low Code qui, comme son nom l’indique, permet de concevoir une application avec le moins de programmation possible à partir d’un environnement de développement intégré (EDI). Grâce au Low Code, on ne se limite plus à l’automatisation de tâches ou de processus, mais on peut aller beaucoup plus loin en donnant vie et interactivité à ces tâches.

Le succès considérable des plateformes RPA s’explique par leur capacité à concevoir des robots logiciels visuellement et à moindre coût, s’affranchir des complexités techniques et aller directement à l’essentiel : la création de valeur. Cela permet aux utilisateurs d’automatiser leurs tâches, qu’elles soient simples ou bien qu’elles relèvent des processus plus complexes d’entreprise.

On peut alors dire que la RPA fait partie de la grande famille des plateformes de développement Low Code : simplement, dans le cas de la RPA, on développe des robots. Le Low Code a ainsi eu pour mérite de rendre la RPA accessible au plus grand nombre et de démultiplier ses potentialités.

Maintenant, avec la démocratisation des plateformes de développement Low Code plus généralistes, on pourra faire beaucoup plus qu’automatiser des tâches : par exemple, concevoir des applications de suivi ou de reporting, ou encore des outils de pilotage de l’activité et tout cela à moindre coût et avec un recours minimal à des expertises techniques.

On qualifie même de no code les plateformes qui n’exigent aucune ligne de code. Depuis une interface entièrement visuelle, l’utilisateur fait glisser-déposer des composants pour bâtir une application à la manière d’un Lego.
Low code ou no code, cette couche d’abstraction permet aux développeurs d’aller plus loin et plus vite sans avoir sans cesse à réinventer la roue. Elle permet surtout aux experts métiers d’automatiser eux-mêmes leurs tâches et de créer des applications à forte valeur ajoutée. Cette démocratisation de la RPA et du Low Code ouvre la voie à un grand nombre de cas d’usage.

Elle s’applique aux analystes de risques dans une entreprise qui passent souvent plus de temps à rechercher les informations pertinentes disséminées dans un grand nombre de sources qu’à réaliser l’analyse de risque elle-même.

Autre exemple classique, celui des équipes RH qui, pour préparer l’arrivée d’un collaborateur, doivent collecter des informations à partir de plusieurs sources pour ensuite les saisir dans une ou plusieurs applications afin de créer les accès du collaborateur, préparer sa visite médicale, lui envoyer son courrier de bienvenue, le mettre en relation avec plusieurs services de l’entreprise ou encore envoyer des informations au service de gestion de paie. Un robot peut faire à leur place toutes ces tâches administratives et répétitives leur permettant de se consacrer à des tâches à plus forte valeur ajoutée comme la gestion des carrières et l’accompagnement des collaborateurs, tout en s’assurant grâce à un outil développé en Low Code que leurs processus s’exécutent correctement et de bout en bout.

Eviter une automatisation à outrance

Malgré la simplicité des plateformes low code (et cela s’applique à la RPA aussi), la maintenabilité n’est pas pour autant garantie. Reposant sur des composants standards, un environnement de développement intégré permet de concevoir des applications et des robots rapidement ce qui peut avoir pour conséquence d’oublier la nécessité d’une conception réfléchie. Or, celle-ci est cruciale pour garantir une bonne maintenabilité et éviter dans le futur des coûts en cascade.

Les applications Low Code et les robots RPA dépendent souvent de l’environnement dans lequel on les exécute. Il suffit d’une mise à jour (souvent inévitable) d’un outil, de l’arrivée d’un nouveau produit ou d’un évènement exceptionnel pour perturber cet environnement. Si on n’est pas capable de refaire fonctionner un robot ou une application qui tombe, tout un service peut se retrouver pénalisé.

D’un autre côté, la puissance de ces plateformes oblige leur utilisation avec responsabilité. Ce qui introduit ici la notion de gouvernance. La RPA et le Low Code nécessitent, en effet, un cadre pour définir les standards de développement, évangéliser les bonnes pratiques, vérifier et valider les robots et les applications avant leur mise en production afin qu’ils ne créent pas plus de problèmes qu’ils n’en résolvent.

Les grands comptes qui automatisent un grand nombre de processus robotisés ont déjà mis en œuvre ce modèle de gouvernance. La RPA démontre, en effet, tout son potentiel lors du passage à l’échelle. Le bénéfice des robots pris collectivement est supérieur à la somme de leurs valeurs individuelles. Un client de Talan a ainsi pu, en mettant en place un modèle de gouvernance, produire quelque 200 robots en deux ans avec un coût de maintenance toujours négligeable aujourd’hui par rapport au gain rapporté par ces robots.

Cette gouvernance doit également éviter une automatisation à outrance qui détruirait un grand nombre d’emplois, notamment dans les fonctions de back-office. Il s’agit bien, comme dans le domaine de l’intelligence artificielle, d' »augmenter » les salariés pour les libérer des tâches fastidieuses et leur donner des outils de plus en plus puissants pour maximiser la productivité.

Entre low code, no code et RPA, le mariage de raison semble inévitable. Pour autant, l’expérience a montré qu’une gouvernance stratégique est la clé pour réinventer les métiers et donner toute sa place à la créativité des équipes.

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Responsable RPA et plateformes
Talan
Elias Daher est responsable RPA et plateformes chez Talan
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