Chine : Yahoo vertement critiqué par une commission du Congrès

Régulations

Convoqués une fois de plus, Jerry Yang et Michael Callahan, respectivement p-dg et vp de Yahoo, sont sommés de s’expliquer sur leur rôle dans l’emprisonnement d’un journaliste chinois

Le géant américain Yahoo a t-il aidé la police chinoise à emprisonner un journaliste ? Convoqués au Congrès, Jerry Yang et Michael Callahan, tous deux dirigeants de Yahoo, ont été sommés de s’expliquer en termes clairs, selon l’AFP.

Pour mémoire, en 2005, Shi Tao, journaliste dans un quotidien économique, a été condamné à 10 ans de prison pour avoir divulgué des “secrets d’Etat” relatifs à la manifestation pro-démocratique de Tiananmen. A l’époque, la filiale hongkongaise du moteur de recherche avait fourni à la police tous les renseignements nécessaires pour mettre la main sur le “dissident”.

Dans une lettre précédemment envoyée au Congrès, Yahoo reconnaissait n’avoir pas disposé de tous les éléments concernant le cas du journaliste lorsque les informations permettant de remonter la piste de Shi Tao ont été fournies à la police.

C’est précisément cette conduite que réprouve Tom Latos, sénateur démocrate et président de la Commission des Affaires étrangères. Le représentant, qualifiant l’attitude de Yahoo “décevante“, a enjoint les deux dirigeants “à demander pardon” à la mère du journaliste incarcéré, présente lors de l’audition.

Tom Latos, indigné, a tancé les dirigeants de Yahoo et réprouvé leur comportement dans cette affaire. Si Yahoo reconnaît avoir commis quelques “négligences“, comme le fait de ne pas avoir alerté la Commission lorsqu’ils ont disposé de plus d’éléments concernant Shi Tao, les dirigeants ont tenu à s’excuser et à souligner leur attachement aux droits de l’Homme.

Yahoo a beau faire acte de contrition il n’empêche que cette affaire résulte d’une volonté économique : business is business et le colossal marché chinois vaut bien quelques transgressions à la morale. Yahoo, qui cherche depuis des mois à pénétrer le marché du pays émergent, ne semble pas vouloir hypothéquer ses chances par une collaboration partielle avec les autorités du pays.

Rappelons qu’au mois de mars dernier, le gouvernement chinois a fait signer à des acteurs du web chinois, une charte de bonne conduite leur imposant d’éviter la diffusion de contenus obscènes ou contraires à la ligne édictée par le pouvoir. Yahoo et MSN (Microsoft) figuraient parmi les signataires.


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