Christophe Verdenne (Easynet) : « Le marché des grands comptes s’est accéléré »

Réseaux

Acquis par le fond d’investissements LDC, Easynet Global Services accélère le déploiement de ses offres réseau, cloud computing et téléprésence en direction des grands comptes.

Nous avions rencontré Easynet Global Services en 2010 alors que l’opérateur de services était propriété du groupe britannique Sky. Depuis, l’entreprise a changé de main pour tomber dans celles du fonds d’investissement LDC (Lloyd Development Capital).

« Sky avait apporté beaucoup de choses à Easynet, mais nous avions besoin d’accélérer les développements, nous explique Christophe Verdenne, directeur général de la zone Europe du Sud. LDC nous soutient dans cette direction. »

Des développements qui ont poussé Easynet à redéfinir sa cible clientèle. « Le marché des grands comptes s’est accéléré, déclare le dirigeant. Nous avons revendu l’activité PME et ciblons aujourd’hui les mille plus grosses entreprises à connotation internationale. » Un choix qui a évité à l’opérateur d’essuyer la crise économique de plein fouet. « En travaillant avec des grands comptes qui ont des activités en Asie, en Amérique latine, nous sommes moins affectés par la crise européenne. »

Développement de l’offre de Téléprésence

En mai dernier, notamment, Easynet a signé avec Primagaz, David Lloyd, Bodycote, Cromsource ou encore TVH. L’opérateur ne communique pas sur ses résultats (de 230 millions de livres sterling en 2010/11, environ 291 millions d’euros, selon le site de l’opérateur) mais Christophe Verdenne assure que revenus nets et trésorerie sont en hausse et que la perte du chiffre d’affaires liée au portefeuille clients PME revendu en 2011 sera totalement transparente sur le résultat 2012.

Plus en détail, Easynet a développé son offre de téléprésence particulièrement auprès des entreprises du CAC 40. L’opérateur de services met en avant la simplicité d’utilisation de sa solution et sa qualité grâce à la maîtrise du réseau de transport. « Un utilisateur qui entre dans une salle de visioconférence se contente juste d’appuyer sur le bouton et ça marche. Et s’il a besoin d’échanger des données, il lui suffit de connecter son portable à la prise Ethernet », schématise notre interlocuteur en référence à une époque où il fallait quasiment avoir un technicien à portée de main pour faire fonctionner le système de communication, pour un résultat parfois aléatoire.

La gestion du réseau par le client

Une activité en pleine expansion, notamment en France où Easynet a séduit une dizaine d’entreprises du CAC 40 en 2 ans environ (sur un total de 2000 clients, dont 500 en France). Et décline sa solution, de la salle de téléprésence jusqu’à l’intégration dans Microsoft Lync en passant par des écrans de taille moyenne, pour répondre au mieux aux besoins des clients.

Pour l’heure, l’offre se limite au seul réseau d’Easynet qui envisage néanmoins l’interconnexion à d’autres infrastructures. Mais la priorité est ailleurs. « Notre priorité est de répondre aux besoins des clients. Nous descendons ainsi en capillarité afin de pouvoir assurer le service en mobilité. »

Rappelons qu’Easynet dispose d’un backbone mondial et passe des accords avec des opérateurs locaux pour étendre son réseau dont la maîtrise reste cruciale pour en assurer la qualité de services (sûr de lui, Easynet a d’ailleurs augmenté ses engagements de résultats avec une version 3 de son SLA).

Easynet s’est notamment associé à Ipanema, éditeur de solutions d’optimisation des flux, pour développer ses offres MPLS : Smart MPLS permet au client de gérer lui-même ses flux applicatifs afin de mieux anticiper les occupations de bande passante selon les périodes d’activités ; Hybrid MPLS intègre la gestion des liaisons IP Connect, DSL comme 3G, comme une solution Full MPLS de manière à faire apparaître un réseau comme du MPLS alors que les supports ne le sont pas.

La communication unifiée en ligne de mire

En parallèle, Easynet a renforcé son offre hébergement avec Enterprise Adaptive Cloud, une plateforme développée en interne à trois niveaux de services basée sur des briques de services et dotée de nombreux outils d’administration partenaires (HP, BMC, VMware…). Une solution située entre le PaaS et le SaaS, rapide à mettre en œuvre et flexible, assure Christophe Verdenne. « Nous assurons l’infrastructure pour y poser des applications. » Presque du sur-mesure. L’offre s’appuie sur les 35 datacenters et collocations de l’opérateur répartis en Europe, Amérique et Asie.

Easynet regarde aujourd’hui du côté des communications unifiées. Mais toujours avec le pragmatisme qui caractérise l’opérateur. « On avance en gardant notre empreinte », insiste Christophe Verdenne. À savoir concevoir des solutions qui répondent concrètement aux besoins des clients, dans une approche flexible et en assurant la qualité de service.

« Aujourd’hui, la flexibilité est très importante, car les entreprises se développent vite à l’international. » Une manière de rappeler qu’Easynet a la capacité de connecter rapidement une nouvelle filiale à sa maison mère depuis l’autre bout de la planète.

Une stratégie qui paye : les revenus de l’hébergement sont en train de rattraper ceux des services réseau, activité historique de l’opérateur qui emploie quelque 850 personnes dans le monde (environ 200 en France). Quant à l’activité téléprésence, « elle devient significative », assure Christophe Verdenne.


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