Consolidation : Orange et Bouygues Telecom discutent

MobilitéRéseaux

Les patrons d’Orange et de Bouygues discutent depuis avril sur un éventuel rachat du second par le premier. Orange attend le feu vert de l’Etat.

La reconsolidation du marché des télécoms français est en pleine accélération. Dans un communiqué diffusé hier dans la soirée, Orange a confirmé son intérêt pour Bouygues Telecom. L’opérateur « examine les opportunités qu’offre la recomposition du paysage français des télécoms », peut-on lire dans le communiqué qui, évidemment, se garde de citer le nom de l’opportunité en question.

Ce communiqué fait écho aux informations du site des Echos publiées hier. Le quotidien avance qu’Orange, pourrait racheter Bouygues Telecom pour 6 milliards d’euros, en cash et en actions. Ce qui pourraient faire du groupe Bouygues et de JCDecaux (qui détient 10% dans l’opérateur) les principaux actionnaires d’Orange après l’Etat (27% du capital).

L’Etat ambigu

Martin Bouygues et Stéphane Richard discuteraient du sujet depuis le mois d’avril. Mois qui a vu la victoire de Numericable dans la bataille qui l’opposait à Bouygues dans le rachat de SFR à Vivendi. Des discussions confirmées par le PDG d’Orange contacté par le quotidien économique. « Nous évaluons nos options, mais personne ne m’a demandé du côté de l’Etat d’étudier le rachat de Bouygues Telecom », nuance néanmoins, le dirigeant qui ne souhaite pas engager son entreprise dans « une aventure » face aux barrières que pourraient dresser les autorités concurrentielles européennes et nationales. Au-delà d’un groupe à plus de 38 millions d’abonnés mobiles (y compris les clients en prépayé) et plus de 12 millions de client fixes (hors abonnements téléphonique RTC), le nouvel ensemble disposerait du premier réseau mobile français en matière de couverture, notamment en 4G. Une position dominante qui incite Stéphane Richard à la prudence et à attendre, de toute façon, le feu vert de l’Etat.

Lequel n’a visiblement pas clarifié sa communication. Au micro d’Europe 1, le Premier ministre Manuel Valls refusait ce matin de confirmer les discussions des deux groupes en cours, prétextant ne pas vouloir commenter les rumeurs. Pourtant, en début de semaine, Arnaud Montebourg, ministre de l’Economie, du Redressement productif et du Numérique, militait pour un marché à trois opérateurs en incitant Bouygues à se rapprocher d’un concurrent.

Eviter Free

L’opération aurait l’avantage pour Bouygues d’éviter de vendre sa filiale à Iliad/Free ou, du moins, d’en tirer un meilleur prix. Selon des informations non confirmées, l’entreprise de Xavier Niel aurait proposé 5 milliards d’euros pour reprendre Bouygues Telecom.

Une autre option se profile qui ne passerait pas par la fusion : le partage des réseaux mobiles respectifs des deux opérateurs, la mise en commun de leurs fréquences et la location de la fibre Orange par Bouygues Telecom au lieu du câble de Numericable comme c’est le cas actuellement. Mais il faudra que Bouygues sorte des accords passés avec ses partenaires Numericable dans le fixe et SFR dans le mobile.

crédit photo ©  bikeriderlondon – shutterstock


Lire également
La CFE-CGC milite pour le rapprochement Bouygues-Orange


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur