Comment les Cuisines Schmidt ont mis SAP Hana aux fourneaux

DSILogiciels

La maison mère des Cuisines Schmidt et de Cuisinella a retenu SAP Hana pour rénover sa BI et, demain, son application transactionnelle au cœur de sa production. Un choix dicté par l’inflexion de la stratégie du groupe, explique son directeur de l’organisation et des SI.

S’exprimant dans le cadre de la convention annuelle de l’USF, le club des utilisateurs SAP (Lire Les relations entre SAP et ses utilisateurs (presque) au beau fixe), Franck Ostertag, le DOSI du groupe Salm (Société Alsacienne de Meubles) n’a pas caché les espoirs qu’il place en Hana, la technologie de gestion des données In-Memory du premier éditeur européen.

Ce cuisiniste (connu via ses marques Cuisines Schmidt et Cuisinella) est en effet confronté à des problématiques IT pointues. « Dans notre usine unique, bourrée d’automates et de robotique, nous fabriquons les cuisines à la commande, en flux tendu et sans réaliser de séries. Chaque cuisine représente environ 30 000 données, explique le directeur de l’organisation et des systèmes d’information. Malgré notre taille intermédiaire, notre système d’information est digne d’une grande entreprise. » La société possède 5 sites de production et 700 magasins (avec une ouverture chaque semaine en moyenne). Elle emploie 1 500 personnes.

Passer d’un modèle B2B à un modèle B2C

S’y ajoute un réseau de concessionnaires exclusifs, pour lequel Salm agit comme un éditeur en leur fournissant le système d’information nécessaire à leur activité, ce dernier étant interconnecté aux outils de gestion de la production. Au total, l’informatique de la DSI de Salm couvre non pas 400 millions d’euros de chiffres d’affaires (le périmètre propre de la société), mais 1,4 milliard, une fois ajoutée l’activité de ces partenaires.

« L’objectif de la société est d’atteindre la taille internationale en devenant leader européen de l’aménagement sur mesure de la maison, explique Franck Ostertag (en photo ci-dessous). Pour ce faire, nous voulons remettre à plat nos processus, nos organisations et notre système d’information. Notre vision consiste à passer d’un modèle d’entreprise industrielle traditionnelle, gérée par entité légale ou géographique, à un modèle d’entreprise étendue, intégrant nos partenaires et les consommateurs eux-mêmes. Nous voulons gérer toute la chaîne, du fournisseur nous apportant les pièces aux clients finaux en passant par les magasins et les sociétés spécialisées dans la pose des cuisines. Et nous souhaitons piloter l’ensemble par la marge ».

Franck Ostertag SalmMembre du comité exécutif de la société, le DOSI sait aussi ce que cette vision stratégique implique en termes de transformations informatiques. Le groupe Salm s’est ainsi lancé dans un projet de déploiement de 3 500 terminaux mobiles pour équiper les spécialistes de la pose de cuisine. Et a démarré une réflexion sur la gestion des données qui émanent de tous ces acteurs. « Pour l’instant, nous disposons simplement d’un scoring des magasins. Nous souhaitons y adjoindre les poseurs et les consommateurs – y compris en consolidant des données publiées par nos clients finaux sur le Web – pour passer d’une logique B2B à une B2C. »

Une volonté qui pousse la Salm à créer une méga-base de données, capable d’intégrer des informations venant des fournisseurs, du groupe, des concessionnaires, mais aussi des sociétés de pose et des consommateurs eux-mêmes.

Envoyer des données aux robots

En plus de la consolidation de données multi-source, le cuisiniste doit se frotter à la complexité inhérente de son métier, chacun de ses produits étant le résultat de « combinatoires quasi-infinies ». Le système de production, construit par Salm, gérant pas moins de 33 000 règles générant une nomenclature en temps réel. La conséquence, selon Franck Ostertag : « connaître le prix de revient des produits, avec toutes ces variables, est très difficile. Notre BI – BO sur une base SQL  – n’est pas assez agile et performante, ce qui pousse les utilisateurs à se tourner vers Excel ». Avec les inconvénients que cela suppose, chaque service développant sa propre vision de la vérité.

Intégrer de nouvelles données va encore accroître encore cette complexité. « La capacité à analyser de façon agile des données multi-sources est la raison numéro un qui nous a guidé vers Hana », se rappelle Franck Ostertag. Qui voit également la technologie comme un tremplin pour mettre en place la BI de demain, « non pas celle qui répond à des questions qu’on s’est posé à l’avance, mais celle qui répond à des questions qu’on ne s’est pas encore posé ». Pour le DOSI, Hana dépasse enfin la seule BI et offre également de nouvelles perspectives dans le transactionnel. « Autant on parle aujourd’hui beaucoup de Hana dans la BI, autant je suis persuadé que, demain, on en parlera davantage dans les applications innovantes », estime le dirigeant.

Si Hana apparaît au DOSI comme la bonne réponse aux défis que rencontre son organisation, encore faut-il convaincre les métiers, « qui auraient préféré innover avec des produits éprouvés », plutôt qu’avec une technologie jeune, comme Hana. Or c’est impossible, constate le DOSI. « Nous avons in fine choisi de prendre un coup d’avance », note Franck Ostertag. Tant dans le décisionnel que, à l’avenir, dans le transactionnel « en nous donnant la possibilité d’envoyer des données en temps réel à nos robots sur les chaînes de production mais aussi aux consommateurs. »

ROI ? Pas pour un projet stratégique

Après des réunions à Walldorf, siège de SAP, l’industriel choisit, avec son intégrateur Capgemini, une architecture simplifiée, avec Hana et BI 4.0 pour l’analyse et la visualisation des données. Exit donc tout recours à BW. « Notre principal motif d’hésitation résidait dans les prix de licences et surtout leur facturation au volume de données », se rappelle le DOSI, pour qui ce sujet reste un point de vigilance, ainsi que la rareté des compétences sur Hana. Le sujet des coûts est d’ailleurs soulevé par d’autres clients de la base de données In-Memory (Lire SAP Hana est-il trop cher ?).

Par contre, l’investissement s’est décidé sans le sempiternel calcul de retour sur investissement. « C’est de toute façon un pur exercice de style, raille Franck Ostertag. Quand on aborde un projet stratégique, mieux vaut se poser la question de savoir ce qui se passe si on ne réalise pas l’investissement. »

En parallèle de son implémentation de Hana sur le volet BI, la société est en train de déployer ECC 6.0, dernière version de l’ERP SAP. La mise en production est prévue pour 2014. Si le DOSI n’envisage pas de porter l’ERP sur Hana, il planifie en revanche le développement d’un processus spécifique en technologie In-Memory afin d’améliorer la gestion des produits. « Si cette application transactionnelle est développée – et ce serait vraiment différenciant -, nous irons peut-être au-delà de l’unique appliance que nous avons pour l’instant achetée », dit Franck Ostertag.


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