Europe : Huawei mise sur le LTE

Réseaux

L’équipementier chinois a présenté ses équipements 2G/3G/4G tout-en-un, et revendique le premier contrat commercial LTE avec TeliaSonera

Hasard du calendrier ou contre-attaque imaginée de longue date ? Quelques jours après le point presse européen du chinois ZTE, son confrère mais néanmoins concurrent Huawei a également rencontré les journalistes à Paris. Deux conférences de presse en quelques jours pour deux géants chinois : du jamais vu !

Il faut dire que la crise donne des ailes à ces géants, très agressifs commercialement. Alors que ZTE a mis l’accent sur les aides financières qu’il peut apporter à ses clients opérateurs, Huawei (numéro 4 mondial des équipements mobiles) a préféré parler techno et a présenté sa stratégie autour du LTE (Long Term Evolution), technologie mobile de 4e génération, successeur de l’UMTS et du HSPA, promettant des débits de 100 Mb/s.

Comme ses concurrents européens (Ericsson, Alcatel-Lucent), Huawei propose désormais des équipements LTE aux opérateurs. Fort de sa présence dans la 3G (N°1 mondial en termes de contrats signés selon lui, mais pas selon la concurrence…), le géant entend capitaliser sur cette force pour convaincre des opérateurs dont les équipements 2G arrivent en fin de vie.

Le principe est simple (un principe d’ailleurs partagé par la plupart des équipementiers) : proposer un équipement tout-en-un qui couvre à la fois la 2G, la 3G et/ou la 4G. “Single Radio Access Network vise à la fois les opérateurs en phase de déploiements mais aussi ceux qui ont besoin de renouveler leurs équipements anciens. Il peut prendre en charge trois réseaux autour d’un seul BTS, d’un seul site nécessitant un seul déploiement et une seule équipe. Par ailleurs, ce type d’équipement permet un gain d’espace de 70% et donc des économies d’énergie”, nous explique Pablo Brito, Vice-directeur Europe Wireless Industry pour Huawei.

Profiter du renouvellement des équipements 2G pour y placer de la 4G, l’argument n’est pas nouveau. Huawei insiste donc sur le fait que ses solutions sont “réellement” disponibles et sur les économies réalisées.“Un opérateur européen qui a déployé 5.000 sites économise 10 millions d’euros par an”, affirme le VP.

Dans un contexte peu propice aux investissements, Huawei met en avant le premier contrat commercial LTE signé avec un opérateur européen. “TeliaSonera a choisi notre solution pour son réseau 4G à Oslo en Norvège. Le lancement commercial est prévu pour 2010”, précise Pablo Brito.

Un succès qui selon Huawei devrait amorcer la pompe en Europe, et notamment en France où Huawei est absent.“Les opérateurs doivent aujourd’hui investir, ne serait-ce que pour rafraichir d’anciens équipements, notre solution permet de répondre à cet objectif tout en se préparant au LTE”, poursuit le responsable.

Huawei est-il alors prêt à financer les déploiements des opérateurs comme ZTE qui a ouvert une ligne de crédit de 15 milliards de dollars auprès de banques chinoises ? “Nous proposons également des solutions de ce type”,explique Pablo Brito sans donner plus d’explications.

Conscient que le décollage du LTE dépendra de la disponibilité des terminaux, Huaweil promet des mobiles compatibles (ou au moins des clés pour laptops) dès l’année prochaine. Un calendrier qui paraît serré tant les autres géants du secteur (Nokia, Samsung et les autres) ne semblent pas encore préoccupés par la question du LTE.

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