FDN dépose un nouveau recours contre Hadopi

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En contestant la validité du décret sur l’identification des internautes auprès des FAI, FDN espère retarder l’envoi des premiers e-mails d’avertissement par l’Hadopi.

Le fournisseur d’accès associatif French Data Network (FDN) a la dent dure contre la loi Création et Internet (également appelée Hadopi du nom de la Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur l’Internet chargée la mettre en oeuvre). Après une première attaque devant le Conseil d’Etat en mai dernier, l’association remord le mollet du principe de riposte graduée de la loi.

Dans une contribution postée sur le blog de l’association, son président, Benjamin Bayart, a annoncé le 11 août dernier que « FDN a envoyé au Conseil d’État un recours en référé demandant la suspension du décret 2010-872 ».

Ce décret – publié fin juillet – décrit la procédure à suivre par la Commission de Protection des Droits (CPD) de l’Hadopi pour sanctionner un abonné qui se ferait prendre en train de télécharger des œuvres protégées. Il s’agit de la riposte graduée qui prévoit en premier lieu l’envoi d’un e-mail, puis d’un courrier recommandé, et, en dernier recours, la coupure de l’accès Internet après transmission du dossier au Parquet.

Pour identifier les internautes, la CPD doit obligatoirement passer par les fournisseurs d’accès qui devront communiquer les coordonnées des abonnés correspondant aux adresses IP relevées par les ayants droit.

«Dans cette procédure, il s’appuie, pour deux moments clefs, sur le décret 2010-236. La première fois, pour indiquer quelles informations les ayant-droits doivent transmettre dans leur saisine de la CPD, la deuxième fois pour indiquer quels éléments les FAI doivent renvoyer en réponse aux demandes de la CPD. Ces deux ensembles d’information sont en effet listés dans le décret précédent», explique FDN.

Et c’est là que se pose un problème pour l’association, qui juge que ce décret précédent est entaché d’un vice de forme grave puisque l’Arcep (autorité de régulation des communications électroniques et des postes) n’a pas rendu son avis. Ce qui serait pourtant obligatoire à en croire l’association.

Un référé pour une décision avant la rentrée

La mise en application de la loi Hadopi est un véritable casse-tête depuis le vote de cette dernière. Le retard dans la publication des décrets, le changement de ministre de la Culture ou encore les positions changeantes de la majorité au Parlement, ont entâché l’action voulue par le président de la République pour tenter de mettre un terme au piratage d’oeuvres culturelles. Il faut donc ajouter à cette liste les recours de FDN dont le dernier en date a été déposé en référé.

«Le bureau de FDN a donc décidé de déposer un recours en référé-suspension contre le décret 2010-872, considérant qu’un doute sérieux pèse sur sa légalité, puisqu’il pèse un doute sérieux sur le 2010-236, et demandant au Conseil d’État d’en suspendre l’application, en attendant que l’affaire soit jugée au fond», indique le fournisseur d’accès associatif.

C’est l’annonce par la Haute autorité de l’envoi des premiers mails d’avertissement prévus pour septembre prochain qui a poussé FDN à choisir ce type d’attaque et ainsi tenter de paralyser un peu plus le mécanisme complexe de l’Hadopi. Le temps pour le Conseil d’État de rendre une décision sur le décret attaqué en mars dernier. La décision liée au référé pourrait quant à elle aboutir d’ici la fin août.

Le gouvernement embarrassé

Le nouvel assaut de FDN laisse penser que le gouvernement s’enfonce dans le bourbier Hadopi. « Si le gouvernement juge utile de modifier un décret datant d’à peine six mois, et pas encore appliqué, c’est un aveux implicite d’erreur », se félicite l’association.

En effet, selon des Numerama, le gouvernement réfléchirait à une modification du décret attaqué par FDN, en prenant cette fois en compte l’avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) et de l’Arcep.

Pour les opposants, il est donc urgent d’attendre. « Il suffira au gouvernement de publier un décret nouveau, qui annule et remplace le 2010-236, cette fois-ci en respectant les procédures, pour que le recours de FDN devienne caduc », conclut l’association.

Sources: ITespresso.fr


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