Freescale Technology Forum 2007 : M. Mayer, président, se dit satisfait

Régulations

Michel Mayer, l’unique patron français d’une des premières entreprise
américaines, n’hésite pas à faire un bilan positif depuis la séparation de
Motorola..

FTF 2007, Orlando – Michel Mayer, CEO de Freescale, n’a pas manqué d’afficher sa satisfaction lors de l’ouverture du Forum. Face à plus de 2.300 visiteurs venus du monde entier, il a rappelé l’évolution, et le succès de son groupe.

Tout d’abord, il s’est félicité du succès du rachat de Freescale, ancienne division semi-conducteurs de Motorola, par des fonds d’investissements privés. Ne plus avoir la pression de Wall Street, des réglementations contraignantes de type SOX (même si…), ni celle des échéances trimestrielles, lui permet de développer plus sereinement sa stratégie sur le moyen et le long terme.

« Depuis notre rachat, pas grand chose a changé, même si nous continuons de faire évoluer nos technologies et notre R&D« , constate-t-il, marquant ainsi la pertinence de sa stratégie reconnue par les investisseurs. « Nous avions trois objectifs : nous restructurer, c’est derrière nous ; continuer sur les voies que nous nous étions fixées, c’est en cours, et c’est pour cela que nous continuons d’investir fortement dans la R&D, 1,4 milliard de dollars en 2006 ; accélérer notre progression, par l’optimisation de nos technologies, ainsi qu’en augmentant notre présence sur le marché, en produits ou géographiquement, comme en Asie. »

Après la maturité, il est temps de consolider

Michel Mayer confirme également la consolidation du marché, preuve de sa maturité. Mais ici le terme consolidation couvre deux phénomènes : le regroupement des acteurs, soit autour de quelques grandes compagnies, soit dans une approche verticale et de niche ; mais également la consolidation des technologies, ce que le téléphone mobile, qui devient appareil photo et lecteur multimédia, confirme.

« Il devient de plus en plus cher de concevoir et de produire de nouvelles technologies toujours plus complexes. Avec des composants de plus en plus petits, nous embarquons de plus en plus de technologies, et de plus en plus diverses. C’est pourquoi nous nous efforçons souvent de réutiliser des technologies. L’industrie des semi-conducteurs va consolider par compagnie ou par segment, pas forcément les marques, mais également les OEM. »

« Nous privilégions également les partenariats« . Pourtant… « En devenant de plus en plus gros, nous ne pouvons que constater un ralentissement de notre progression. Il est difficile de grossir toujours au même rythme. C’est pourquoi nous devons être plus flexibles et saisir les opportunités à long terme. Et prendre de la place en consolidant, ce qui s’impose également pour maintenir de notre niveau d’investissement dans la R&D, tout en distribuant des produits toujours moins chers ! »

Et de citer deux solutions développées par Freescale, le PowerQUICC, devenu numéro un mondial des processeurs de communication, et le DSP Symphony, qui apporte une nouvelle expérience audiophonique jusque dans la mobilité. Mais Michel Mayer tient a rappeler que l’un des grands objectifs de l’industrie et surtout de sa compagnie ce sont les solutions ‘ultra low cost‘, à prix très réduit.

Parallèlement, le patron n’a pas manqué de lancer des messages à son écosystème et à ses clients. D’ailleurs, 200 partenaires sont présents sur le ‘Technical Lab’, immense hall où chacun expose ses technologies matérielles et logicielles intimement liées à l’exploitation des composants de Freescale.

« Freescale est avant tout une entreprise d’ingénieurs et de R&D, et nous pensons promouvoir la bonne culture, celle d’un véritable fournisseur de solutions complètes. C’est pourquoi nous investissons fortement dans le design de la ‘manageabilité’ et des tests. 69 % des produits que nous avons lancés ces six derniers mois ont affichés zéro défauts, ce qui est le cas par exemple du million de micro contrôleurs que nous avons livrés. C’est extrêmement important, pour la sécurité automobile par exemple. »

Et pour confirmer cette approche particulièrement qualitative avec ses partenaires, Freescale s’est fixé un nouvel objectif industriel, augmenter ses sources, les rendre plus flexibles, afin de satisfaire et d’augmenter son écosystème. Tout en garantissant la fourniture des produits à temps et en gérant leur cycle de vie.

Une certaine vision du futur

Michel Mayer a également évoqué sa vision du futur, avec trois tendances émergentes :

– un mouvement global vers le tout ‘green’, une responsabilité environnementale et sociale qui incombe de plus en plus aux entreprises ;

– le vieillissement de la population, avec les premiers ‘boomers’, mais également premiers consommateurs de technologies, qui atteignent aujourd’hui l’âge de la retraite ;

– et les communautés et réseaux sociaux qui s’imposent sur le réseaux et consomment de plus en plus de bande passante.

« Ces nouvelles tendances nous poussent vers la convergence des technologies, ce qui nous impose d’embarquer de l’intelligence. Nous nous devons de simplifier l’accès à nos technologies, et donc de les rendre encore plus intelligentes. »

Freescale, avec ses divisions réseaux, communications, ou encore automobile, n’est pas mal placé pour répondre à ces nouvelles attentes. Par exemple, la moitié des nouveaux véhicules qui dans le monde affichent de réelles et fortes réductions de la consommation et des émissions de CO2 embarquent pour obtenir ces résultats des processeurs Freescale.

Et sur les réseaux ? « Nos technologies sont le coeur de l’aire des réseaux sociaux. Aujourd’hui, 90 % des adolescents américains vont sur Internet, mais déjà pour eux l’e-mail est ‘old school’ (dépassé). Et c’est probablement pour les 62 % d’américains âgés de plus de 60 ans qui eux aussi fréquentent le Net. »

Des acquisitions, des nouveaux marchés, la santé

Michel Mayer n’a pas souhaité développer sa stratégie d’acquisitions. Tout juste nous a-t-il donné quelques indications stratégiques : « Nous pensons que nous sommes un des futurs gagnants sur les plates-formes, c’est pourquoi nous essayons de couvrir tous les protocoles. »

« La plate-forme du cellulaire est l’une des plus décevante de l’industrie, mais elle n’en est pas moins très complexe. Elle embarque des millions de lignes de code. Les nouveautés, la photo, le MP3, le multimédia, sont déconnectés des fondamentaux. Et il en faut du temps pour développer des technologies, et surtout pour qu’elles soient adoptées. »

Freescale devrait donc très certainement annoncer dans les mois qui viennent quelques informations stratégiques, en particulier dans le domaine de la connectivité…

Et pour Crolles ? De l’accord initial ne restent à Grenoble que Fresscale et STMicro. Michel Mayer nous a indiqué, sans le développer, que Crolles pourrait bien s’attacher à développer des technologies alternatives. Mais il a par ailleurs rappelé que son partenariat le plus important, et de loin, va vers IBM, la composante la plus importante de l’architecture Power !

Mais pour le patron de Freescale, le vrai futur des technologies n’est pas là, mais dans la santé. Nous avons ainsi pu découvrir un projet de système de prise de prise de la tension artérielle très évolué, basé sur des micro composants du fabriquant, et communicant sans fil bien évidemment en mode ZigBee.

Freescale développe également un projet de R&D particulièrement futuriste et ambitieux, de reproduire artificiellement la vision par l’implantation de silicium directement connecté au cerveau. Et de conclure sur la perspective – à 10 ans, à 20 ans ? – des technologies ’embedded’ sur l’homme…


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