Sigfox monte en puissance et recrute Anne Lauvergeon

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Le réseau cellulaire dédié à l’Internet des objets, Sigfox, se détourne de repreneurs. Pour accélérer sa croissance en France comme à l’international, la start-up toulousaine nomme la femme d’affaires Anne Lauvergeon présidente de son conseil d’administration.

Jeune pousse de l’Internet des objets fondée en 2009 à Toulouse par Ludovic Le Moan, son Pdg, et Christophe Fourtet, Sigfox tourne le dos à des repreneurs potentiels et choisit d’accélérer son développement industriel. Dans ce but, la start-up a recruté Anne Lauvergon. L’ancienne dirigeante d’Areva et pilote de la Commission Innovation 2030 a été élue à l’unanimité présidente du conseil d’administration de l’entreprise.

Un atout industriel « déterminant »

« En France, le monde du CAC 40 et celui des entreprises innovantes sont trop souvent déconnectés. Pourtant, notre avenir collectif passe par l’innovation, c’est la seule façon pour nous de rester compétitifs face à des pays à bas coûts », explique Anne Lauvergeon dans Les Échos. La femme d’affaires, qui a rencontré Ludovic Le Moan lors d’une visite de François Hollande dans la Silicon Valley en février, entend soutenir le déploiement à l’échelle mondiale du réseau.

Anne Lauvergeon siège dans plusieurs conseils, dont ceux de Airbus, Total et Vodafone. Avec cette ingénieure, Sigfox s’offre un carnet d’adresses dans l’industrie et le secteur public en France comme à l’international. Il s’agit d’un « atout déterminant » pour Ludovic Le Moan, qui ambitionne de faire de Sigfox une entreprise mondiale proposant une connectivité cellulaire à bas coût pour les périphériques connectés.

Un réseau paneuropéen en devenir

Sigfox a débuté comme fournisseur de solutions M2M (Machine-to-Machine) classiques, avant de proposer sa propre infrastructure réseau (antennes et stations de base) aux opérateurs locaux appelés à devenir des SNO (Sigfox Network Operators). L’entreprise utilise des bandes de fréquence ultracourte (UNB – Ultra Narrow Band) basées sur une technologie radio pour connecter des périphériques à son réseau à faible consommation énergétique et établir des communications bidirectionnelles hors réseaux traditionnels (2G, 3G et 4G).

Avec 1 400 antennes déployées en France, son réseau couvre l’ensemble du territoire national. L’entreprise est également active en Espagne, aux Pays-Bas, en Belgique, en Russie (Moscou et Saint-Pétersbourg) et aux États-Unis. Et plus de 200 000 objets sont actuellement connectés sur son réseau, des panneaux publicitaires aux compteurs de gaz. L’entreprise, qui prépare son introduction en bourse, veut, selon les termes de Ludovic Le Moan, « monter un consortium européen qui déploiera le réseau à travers 28 pays », puis imposer sa technologie « comme un standard de la 5G ».

26 milliards d’objets connectés en 2020

Sigfox emploie à l’heure actuelle 60 collaborateurs à Toulouse, Paris, Madrid et Mountain View. La jeune pousse a levé 27 millions d’euros, dont 15 millions en mars, et a fait entrer deux nouveaux investisseurs, Idinvest Partners et la banque publique d’investissement (Bpifrance), aux côtés de ses actionnaires historiques : Elaia Partners, IXO Private Equity, Intel Capital et Partech. En 2013, Sigfox a réalisé 3 millions d’euros de chiffre d’affaires et table sur 8 à 10 millions d’euros en 2014.

Selon Gartner, plus de 26 milliards d’objets seront connectés en 2020 dans le monde, contre 7,3 milliards de PC, tablettes et smartphones à la même période. Ce qui rapporterait 300 milliards de dollars de revenus supplémentaires aux fournisseurs de produits et services liés à l’Internet des objets. Pour Sigfox, les enjeux sont énormes.


Voir aussi

Ludovic Le Moan, Sigfox @ LeWeb 2012


Auteur : Ariane Beky
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