Moins de cuivre dans les câbles de télécommunication pour lutter contre les voleurs

Réseaux

Le fabricant de matériel de télécommunication CommScope propose une nouvelle génération de câbles avec moins de cuivre et renforcé à l’acier. Assez pour décourager les voleurs ?

Avec la montée de son cours, le cuivre est, on le sait, devenu une cible de choix des voleurs qui n’hésitent pas à arracher les câbles sur les voies ferrées de la SNCF (et d’autres exploitants ferroviaires dans le monde), sur les chantiers du BTP, etc. Mais aussi dans les lieux où se concentrent les câbles de télécommunications comme les stations de base des antennes relais des réseaux mobiles, ou encore les égouts parisiens.

Autant de lieux où il convient de renforcer la sécurité. Face à ce phénomène grandissant, le gouvernement français présentait, en mars 2011, un plan de sécurisation de 40 millions d’euros visant à multiplier la vidéosurveillance sur les voies ferroviaires, l’enfouissement des câbles et le renforcement des forces de l’ordre.

Depuis le 12 janvier, CommScope propose une alternative à ce déploiement de moyens financiers à l’efficacité incertaine : mettre moins de cuivre dans les câbles. La baisse de la proportion de ce conducteur électrique dans les câbles de communication entraînerait la baisse de sa valeur marchande et démotiverait du coup les voleurs pour qui l’enjeu n’en vaudrait plus la chandelle.

Un nouveau câble en acier cuivré

C’est pourquoi le fabricant de câbles basé en Caroline du Nord aux États-Unis propose une nouvelle génération de câbles en… acier cuivré. le « GroundSmart Copper Clad Steel » de CommScope se compose donc de cuivre « métallurgiquement » associé à de l’acier. Outre la chute de la valeur pécuniaire du produit, l’acier renforce la solidité du câble et, donc, augmente sa résistance à l’arrachage ou à la coupe. Une version où l’aluminium vient remplacer l’acier est également proposée pour les câbles à usages purement électriques.

La solution de CommScope, si elle est techniquement viable, se pose donc en alternative crédible pour lutter contre le vandalisme, sauf à basculer intégralement sur la fibre (ce qui n’est pas possible dans nombre de configurations réseau) ou parier sur un effondrement des cours. Ce qui n’est guère envisageable face à la demande croissante des besoins, notamment du côté des pays émergents comme la Chine. Si son cours fluctue, le précieux métal reste onéreux. Après avoir dépassé les 7600 euros la tonne en mars 2011, il est tombé à 5200 euros en octobre dernier pour se fixer aujourd’hui à près de 6500 euros.

Crédit photo CommScope


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