MWC 2010 : quelle évolution pour le LTE (4G)?

Réseaux

Les spécifications techniques finalisées, le Long Term Evolution (LTE) attend ses premiers déploiements. Mais nombre de questions restent en suspens.

Barcelone[article mis à jour 22/02] Successeur désigné de la 3G, la version LTE (Long Term Evolution) de la norme du GSM mobile s’apprête à démarrer ses déploiements. Sur la base des premières spécifications, les équipementiers majeurs (Ericsson, Alcatel, Huawei, etc.) ont achevé les études sur le sujet. Début 2010, les premiers tests avant commercialisation devraient être lancés par Verizon, l’un des opérateur leader les plus innovants aux Etats-Unis.

Les calendrier a été dressé pour les étapes suivantes. Elles devraient s’échelonner ainsi : 2010–2013 pour les essais et premiers hotspots sur base de pico cellules (pour la couverture de zones très localisées, petit quartier ou au sein d’un bâtiment); 2012-2013 pour le déploiement LTE sur base de micro cellules (zones métropolitaines), 2014–2015 pour la couverture de masse sur base de mini cellules.

Réseau mobile du futur, les enjeux autour du LTE sont énormes. L’institut d’étude Idate estime le marché à 380 millions d’utilisateurs dès 2015 (ce qui peut paraître optimiste). A ce jour, deux-tiers des utilisateurs de services télécoms sont mobiles et la consommation sérieuse de services de données s’accroît sensiblement (notamment dans les pays émergents malgré un ARPU faible).

Le LTE est notamment attendu pour désengorger le réseau 3G mis à la peine avec la multiplication des smartphones et des clés 3G pour l’Internet mobile aux conditions devennues attractives ces derniers mois. Aux Etats-Unis, par exemple, 4% des utilisateurs consomment 68% du trafic datas. Et les smartphones representent 35% de l’échange de données mobiles. Pas étonnant que les opérateurs se plaignent de ne pouvoir suivre la demande sur la technologie 3G. Ceci pousse à accélérer la mise en place de nouveaux tuyaux LTE (avec des débits annoncés 50 à 100 Mbit/s).

Cependant l’arrivée du LTE pose de nombreuses questions. Quid de la concurrence du Wimax, annoncée comme sérieuse par l’Idate sur le sol américain, mais pas jugé à la hauteur selon Mavenir Systems, une société spécialisée dans les développements d’applications LTE (notamment la téléphonie Over LTE). En effet, les opérateurs mobiles ont suffisamment de capacité financière pour amorcer la migration et faire chuter les prix des terminaux abonnés, alors que les opérateurs Wimax doivent tout développer à partir de zéro. Le LTE a de bonnes chances de l’emporter dans ces conditions.

Autre interrogation, l’IP de bout en bout permettra de développer de la téléphonie sur LTE (ToLTE ou VoLTE) et de nouveaux acteurs comme Google espèrent entrer dans le jardin des offres classiques des opérateurs (à la manière des opérateurs virtuels type MVNO). De plus, ceux-là pourraient diversifier leurs offres et proposer de nouveaux services sur des applications dans les smartphones. Ils manquent sans doute de recul et laissent aux petits éditeurs et start-up de définir les offres et prendre les risques.

Enfin, soulignons que “les normes d’un réseau sont publiées en toute transparence et accessibles à tous (réseau GSM par le 3GPP, autres réseaux et services par ETSI)“, rappellent nos interlocuteurs de l’ETSI (European Telecommunications Standards Institute).

La situation reste donc confuse. Comment se clarifiera-t-elle? Un sujet de choix pour alimenter le congrès de Barcelone en 2011.


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