Officiel : Toshiba abandonne le HD DVD

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‘The War Is Over’

(Mise à jour) C’est sans surprise que Toshiba vient officiellement d’annoncer qu’il se retirait du marché du HD DVD, standard du DVD de nouvelle génération dont il était le principal soutien (avec NEC). Le groupe japonais veut au plus vite en finir avec cette ‘aventure’. Il indique en effet qu’il prévoit d’arrêter dès la fin du mois prochain ses expéditions de lecteurs et d’enregistreurs de HD DVD. Il ajoute n’avoir pas encore déterminé l’impact de cette décision sur ses résultats financiers. Selon les médias nippons, le dossier HD DVD aura coûté plusieurs centaines de millions de dollars à Toshiba.

“La technologie HD-DVD avait initialement été approuvée par les quelque 200 sociétés du groupement d’industriels DVD Forum”, explique Astutoshi Nishida, pd-g de Toshiba“mais des changements récents sur le marché nous ont conduits à ce renoncement”, a-t-il reconnu.

“La perte brutale du soutien des studios Warner (le 4 janvier) fut une chose très regrettable”, a-t-il concédé.

“Nous avons dès lors pensé que si peu de films étaient édités en HD-DVD, ce serait très dommageable pour les consommateurs”, a-t-il continué.

La guerre des formats est donc terminée. Une guerre qui a empêché au marché de décoller, les consommateurs étant, à juste titre, refroidis par la co-existence de deux formats incompatibles. Désormais, le Blu-ray est seul en lice, Sony met donc la main seul sur un marché évalué à 24 milliards de dollars et obtient une belle revanche après sa défaite dans les années 80 face au VHS de JVC.

“L’attentisme des consommateurs confrontés à un choix entre deux formats différents constituait un frein au développement du marché. Cette évolution de la situation ne peut qu’accélérer la demande à un moment où la haute définition devient une réalité dans le domaine de la télévision”, commente aux Echos Philippe Citroën, directeur général de Sony France.

Toshiba admet la défaite. Mais le groupe l’a un peu cherché. Dès le départ, Toshiba et Sony n’ont pas réussi à s’entendre pour créer un format commun, condition sine qua non à la réussite. Les deux géants ont voulu laisser le marché trancher. Il a donc tranché en faveur de Sony.

Car si le HD DVD disposait de solides atouts, notamment au niveau des tarifs des platines bien moins chères que les modèles concurrents, il a subi dernièrement une série de revers qui ont précipité sa chute. Ce sont les studios et les catalogues de films qui ont fait la décision.Tout a basculé en janvier lorsque la Warner Bros, un des plus importants studios d’Hollywood annonçait son intention de défendre exclusivement le Blu-ray, constatant les ventes moyennes du format concurrent. Il faut savoir que le studio est le plus gros vendeur de DVD de films avec une part de marché aux Etats-Unis qui se situe entre 18 et 20%.

A ce moment, le Blu-ray rassemble la Warner, 20th Century Fox, Walt Disney et Lionsgate. Soit 75% de la production cinématographique américaine. Mais le HD DVD peut encore compter sur la Paramount, Dreamworks et Universal.

La décision de la Warner a très vite fait tâche d’huile. Toshiba lance une nouvelle offensive en baissant encore le prix des lecteurs. Mais dans le même temps, on apprend que les ventes de films HD DVD ne sont pas bonnes. Selon le Comité Européen de Promotion Blu-ray Disc Association et GfK, 70% des 2,79 millions de disques HD commercialisés en Europe sont Blu-ray. Fin janvier, le Gartner affirme même que le format défendu par Toshiba sera enterré avant la fin de l’année. “Gartner estime que la baisse de prix de Toshiba prolongera quelques temps la durée de vie du HD DVD, mais la quantité limitée de titres disponibles portera un coup fatal à ce format“, indique Hiroyuki Shimizu.

En février, le coup fatal est porté par les distributeurs. Coup sur coup, le premier loueur américain de DVD et de cassettes vidéo Netflix, la chaîne de magasins BestBuy et surtout le géant Wall Mart font acte d’allégeance au Blu-ray de Sony. Wall Mart, le numéro un mondial de la distribution explique qu’il allait suspendre progressivement d’ici au mois de juin la commercialisation des appareils et disques HD DVD.

Désormais que Sony a le champ libre, on peut se poser quelques questions. Les centaines de milliers de consommateurs qui se sont offerts du HD DVD doivent-ils directement jeter leurs platines par la fenêtre (ou plutôt la garder en collector…) et exiger un remboursement à Toshiba voire à Sony ?

Comment Intel et Microsoft qui soutiennent le HD DVD au niveau informatique vont-ils réagir ? Rappelons que la Xbox 360 est équipée en option d’un lecteur HD DVD. Microsoft serait d’ailleurs sur le point de basculer en faveur du Blu-ray dans quelques mois.

Quant au consommateur final, est-il vraiment gagnant ? Si la haute qualité du Blu-ray (meilleure image, plus d’espace de stockage) est généralement admise, son prix est régulièrement critiqué. D’ailleurs, à ce jour, le nombre de platines Blu-ray écoulé est marginal, ce sont les consoles PS3 qui font l’essentiel du parc. Et la désormais position monopolistique du Blu-ray ne devrait pas à court terme encourager une baisse des prix.


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