RealDVD hors-la-loi, Hollywood dort sur ses deux oreilles

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Un an après la plainte déposée par la MPAA, RealNetworks est condamné. Interdiction de commercialiser son logiciel de copies RealDVD. « Déçu », le groupe devrait faire appel.

En « violation des droits sur la propriété intellectuelle », RealNetworks se voit interdit de recommercialiser son logiciel, RealDVD qui permet de copier tout type de DVD, protégés y compris. En attendant le procès qui l’opposera à Hollywood (qui pourrait débuter dans un an), le groupe de Seattle ronge son frein et réfléchit, faire appel ou non?

Sur la côte Ouest des Etats-Unis, les principaux studios hollywoodiens Paramount, Sony ou Disney respirent enfin. Un an après avoir porté plainte contre RealNetworks, par le biais de la Motion Pictures Association of America (MPAA), l’Association du cinéma américain, ils ont obtenu gain de cause. Commercialisé une semaine au mois de novembre 2008 pour 30 « malheureux » dollars, RealDVD ouvrait la voie au « vol massif de contenu créatif » selon l’association. Suite à la décision rendue, ce logiciel devrait terminer aux oubliettes, pour quelques mois du moins.

RealNetworks n’autorise pas la diffusion des copies de DVD

Car, si Dan Glickman, le président de la MPAA, a confié à l’AFP que la décision rendue était une « victoire pour les créateurs et les producteurs de cinéma et de télévision », la réaction du groupe RealNetworks est bien évidement tout autre. « Déçue par le verdict prononcé », la direction du groupe a indiqué qu’elle réfléchissait aux suites à donner à l’affaire.

En véritable « philanthrope », le groupe de Seattle ne désarme pas et continue de clamer sa bonne foi. RealNetworks soutient que son logiciel ne vise qu’à faire des copies de secours de DVD acquis légalement par les cinéphiles. Cet argument « choc » n’a pourtant pas attendri la justice américaine qui a estimé que « si le détenteur d’un DVD a tout à fait le droit d’en faire une copie de secours sur son ordinateur personnel, la loi fédérale interdit en revanche à cette même personne d’utiliser un outil de duplication dans le but de fabriquer ou de vendre les copies».

Plus sérieusement, le logiciel mis en cause contourne bien les mesures de protection des DVD protégés comme CSS (Content Scramble System) mais serait en accord avec la licence de la DVD Copy Control Association, d’après RealNetworks. En effet, il n’autorise pas les usagers à diffuser les copies de leurs DVD. Le groupe garantit la reproduction de DVD dans le cadre de la copie privée puisque la lecture d’une copie est soumise à l’utilisation de RealDVD et sur cinq postes au maximum déclarés en ligne.

En attendant la suite des aventures de RealNetworks contre Hollywood – le procès se tiendrait d’ici un an – le groupe de Seattle devrait indiquer prochainement s’il fait appel ou non de l’interdiction de commercialiser son logiciel de copie de DVD.


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