Récap 2005, Stockage des données (III) : les innovations, les tendances

Réseaux

L’année 2005 a été marquée par de nombreuses fusions et acquisitions, pour un montant global estimé à 18 milliards de dollars. Tout le paysage de l’industrie du stockage des données s’en trouve modifié

L’année écoulée aura inconstestablement enregistré des mariages parmi les plus significatifs. Citons notamment Seagate/Maxtor, Sun Microsystems/StorageTek et Veritas Software/Symantec (cf. précédent article). 2005 a également dévoilé de nouveaux besoins et confirmé certains déjà connus. Parmi ceux-ci, la protection des données a sans nul doute été la grande gagnante de l’année avec la confirmation de l’utilisation du stockage sur disque dans le processus de conservation de l’information. Autour des technologies ATA, le disque confirme qu’il est le remplaçant de choix des unités de stockage secondaires traditionnelles et historiques. Certes, le marché ne va pas brusquement s’inverser, mais plus que la tendance, l’évidence de son rôle s’est confirmée. En effet, la protection des données orientée disque se décline en protection continue, ou le fameux concept CDP, la virtualisation des librairies avec le VTL et la réduction de données qui toutes s’appuient sur la technologie des disques. D’ailleurs, les gains sont notables et n’ont été possibles que par l’apparition des technologies disques économiques du type ATA. Donc, côté CDP (ou Protection Continue des Données), c’est le sacre en 2005 avec une activité très forte : on recense facilement 40 sociétés actives sur le sujet! Représenté par plusieurs ‘start-ups’, ce segment de marché indique clairement un dynamisme retrouvé où il est devenu relativement aisé de lever plusieurs millions de dollars en justifiant la résolution d’un vrai problème utilisateur. En revanche, son adoption a été limitée, mais bien entamée, avec toutefois un paradoxe : la non-adéquation immédiate de la demande et des ventes. En effet, la promesse du CDP est l’élimination ou la forte réduction des temps de reprise, l’augmentation de la fraîcheur des données et la disparition de la fenêtre de sauvegarde. Ces 3 axes sont assurément les priorités des grandes entreprises ayant fait le choix des produits leaders du ‘backup’. Aujourd’hui, très peu d’acteurs inscrits dansle “Magic Quadrant” du Gartner Group offrent dans leur solution de sauvegarde une fonction CDP, d’où la relative faible adoption de cette technologie. IDC indiquait récemment un taux d’adoption de 19% d’après une enquête réalisée auprès de 686 personnes et 23% étaient en cours d’évaluation. 2006 devrait voir de nouvelles fusions-acquisitions sur ce secteur où les majors se rapprocheront des acteurs plus modestes mais différentiateurs. Certains rapprochements ont déjà débuté en 2005 au travers d’accords OEM. Pour suivre de plus prés cet axe technologique, vous pouvez consulter le blog http://continuousdataprotection.blogspot.com. Le second aspect proche du CDP fut la confirmation de la virtualisation des librairies, approche VTL, où les différents acteurs se livrent une guerre d’accord OEM et de revente quotidienne. Mais pour atteindre un meilleur ratio capacité de stockage/coût du média que la bande, la protection disque avait besoin d’un cran supplémentaire. Elle l’a nettement débuté avec la Réduction de Données, qui permet de ne stocker qu’un seul exemplaire de l?information. Fini donc les espaces occupés par des données sauvegardées 10 ou 20 fois, seul le premier exemplaire est inscrit sur le média, tous les autres sont renseignés dans le catalogue de l’outil de sauvegarde comme pointeur sur ce même exemplaire. On atteint des ratios tout simplement incroyables, 20:1 ou 25:1, relayant l’approche financière de la bande en second plan et validant ainsi une approche de protection de données pour l’entreprise composée uniquement de disque. Sur 2006, l’incrément technologique viendra donc de la prise en compte du contenu de l’information par ces méthodes de réduction (algorithmes de cryptographie, techniques de hashing par MD-5 ou SHA-1) couplée aux autres fonctions citées précédemment telles le CDP ou le VTL. La consolidation est en marche et le vainqueur sera celui qui sera capable de fournir une collection de fonctions au meilleur marché avant tout le monde. L’archivage, autre sujet clés de 2005 Le second grand sujet de 2005 a été l’archivage. Disons clairement maintenant qu’il sera aussi l’une des vedettes 2006. Pris entre plusieurs feux – les contraintes d’entreprise, légales et la pression du marché – les utilisateurs sont obligés de considérer de nouvelles approches dans le processus d’archivage. Celui-ci devient actif au sens où l’archive est facilement accessible, en ligne avec des facilités de recherche évoluées. On entend parler de contenu fixe ou de référence et les technologies de type CAS semblent promises à un bel avenir. D’ailleurs, de nouveaux acteurs apparaissent et arriveront très prochainement en France. L’année 2005 a validé les solutions d’archivage de messagerie électronique, mais le marché reste en retrait pour les solutions d’archivage d’applications. Seuls 3 acteurs sont vraiment présents sur ce segment, mais la demande devrait là aussi connaître une croissance significative. Porté donc par le critère de convergence et de bonne gouvernance, l’archivage sera assurément le second axe à surveiller en 2006 avec pour se résumer la transition à un archivage actif par les approches CAS et applicatives. La virtualisation des fichiers Le troisième thème fort de 2005 a été la virtualisation des fichiers et du service fichiers. Nouveaux acteurs et nouvelles approches confirment un intérêt grandissant pour cette couche technologique. Le segment neuf a cherché d’ailleurs son acronyme comme souvent pour un nouveau venu et plusieurs s’affrontent : NFM pour Network File ManagementSécurité de l’envirnnement de stockage Le dernier sujet important fut la sécurité à tous les étages de l’environnement de stockage, que ce soit les pertes de médias de grandes banques américaines ou plus récemment d’une chaîne d’hôtel. Le chiffrement est aujourd’hui un passage obligé qu’il convient de retenir dans toutes les utilisations, notamment dans les phases d’externalisation. On voit même pointer des offres de chiffrement en ligne du stockage primaire par des couches logicielles, mêmes applicatives, ou mêmes par des appliances permettant de convertir tous les flux entrants et ainsi garantir une totale étanchéité. Assurément, sur 2006, la sécurité sera à l’ordre du jour et nous réserve de bonnes surprises. Nous pourrons enfin dormir tranquille? (*) Président et Fondateur SNIA France


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