RSF s’appuie sur le Cloud pour lutter contre la censure sur Internet

CensureCloudCyberguerreRégulationsSécuritéSurveillance
Censure, filtrage © Ollyy - Shutterstock

A l’occasion de la journée contre la cybercensure, RSF rend accessibles 10 sites d’informations censurés depuis leurs pays respectifs. Grâce au Cloud public.

Pour la journée mondiale contre la cybercensure, ce jeudi 12 mars, Reporters sans frontières (RSF) frappe fort. L’association lance l’opération Collateral Freedom qui se caractérise par le déblocage de 10 sites d’informations censurés, c’est-à-dire inaccessibles dans leur propre pays, généralement des régimes répressifs ennemis d’Internet et, plus largement, de la liberté d’expression.

Répartis sur 11 pays, les dix sites invisibles aux yeux de leurs concitoyens (mais pas de l’extérieur de leur frontières) ou censurés sont : Grani.ru (Russie), Fergananews (Kazakhstan, Ouzbékistan et Turkménistan), The Tibet Post et Mingjing News (en Chine), Dan Lam Bao (Vietnam), El Pais (en Chine) et Hablemos Press (Cuba), Gooya News (Iran), Gulf Center for Human Rights (Emirats arabes unis) et le Bahrain Mirror (au Bahreïn et en Arabie saoudite).

Des sites impossibles à bloquer

Comment RSF fait-il pour ouvrir l’accès aux sites censurés depuis l’intérieur des pays concernés ? Simplement en procédant à des copies des sites en question sur des plates-formes de Cloud publics tels que Amazon (AWS), Google (Compute) ou Microsoft (Azure). Des plates-formes que les pays répressifs ne peuvent pas bloquer, estime RSF. « Rendre Amazon ou Microsoft ou n’importe quel fournisseur majeur de service de Cloud Computing inaccessible revient à priver plusieurs milliers d’entreprises des technologies qu’elles utilisent au quotidien. Le coût du blocage de ces “sites miroirs” serait donc économiquement et politiquement très élevé pour les pays ennemis d’Internet », avance l’association qui maintiendra ces copies en ligne plusieurs mois.

Contrepartie de l’opération, les sites ne sont pas directement accessibles depuis leurs noms de domaines natifs mais via des adresses et plages IP issus des plates-formes en question. Par exemple, Grani.ru sera disponible sur https://gr1.global.ssl.fastly.net/ (on retrouvera l’ensemble des adresses à partir de cette page). Des accès basés sur le protocole chiffré HTTPS qui, selon RSF, empêche le filtrage des pages par mots clés et protège les internautes de la surveillance des contenus visités. Autant d’adresses web à propager à travers les réseaux sociaux via le hashtag #CollateralFreedom.

Inspiré de GreatFire.org

L’initiative de RSF s’inspire directement des méthodes de GreatFire.org. Cette association, qui se consacre à l’analyse de la censure en ligne sur le sol chinois, installe des sites miroirs depuis 2013 (notamment pour les services de Google) et fournit ses méthodes et outils en accès libre sur GitHub. Une stratégie efficace jusqu’à présent que RSF invite à reprendre, notamment en hébergeant l’un des 10 sites de l’opération Collateral Freedom, ou d’autres. Seule une pression gouvernementale sur les fournisseurs de services en question pourrait alors venir à bout des sites miroirs. Ce qui n’est jamais à exclure même si la mesure serait difficile à appliquer.


Lire également
La Chine bloque Gmail
Facebook investit Tor, pour lutter contre la censure
Quiz Silicon.fr – La censure sur Internet

crédit photo © Ollyy – Shutterstock

Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur