Stockage 2004 : l’avénement des gros volumes

Réseaux

Places de marché électroniques, e-commerce, e-administration… l’émergence d’un monde virtuel implique des volumes colossaux de données à stocker. Gros plan sur les tendances majeures du Forum Stockage

S’il faut en croire le Gartner Group, les entreprises dépensent aujourd’hui 75% de leur budget informatique dans l’achat de matériels, logiciels et services de stockage (50 % pour les entreprises de taille moyenne). Or cette tendance ne diminue pas, estime le Meta Groupe, lequel prévoit une croissance de ces budgets de quelque 70 % d’ici 2012. Qui plus est, le terme regroupe désormais plusieurs réalités (stockage, sécurité des données, archivage, restitution, conformité des données en cas de litige, restauration, gestion du cycle de vie des données…) dont l’intégration au sein d’un même ensemble homogénéisé commence à percer, mais n’est souvent encore qu’un v?u pieux. Pourtant la demande est là. Comme le fait remarquer Forrester Research, outre une croissance du volume de données de 52 % par an, la gestion des informations est de plus en plus complexe, notamment du fait de l’ouverture accrue des systèmes (i.e. aux partenaires, clients et fournisseurs dans un contexte d’entreprise globale) et de l’intégration d’applications hétérogènes.

Il n’empêche que selon une étude du cabinet Vanson Bourne, les responsables informatiques français demeurent “dangereusement optimistes” quant à la qualité de leur sauvegarde. De fait, de toute l’Europe ce seraient les irréductible Gaulois qui y accorderaient le moins d’importance : à peine 1 % d’entre eux l’estiment prioritaire. Alors que plus de la moitié (54 %) sont préoccupés par la sécurité de leurs données. Cette attitude est d’autant plus surprenante que la France possède l’une des infrastructures informatiques les plus matures d’Europe. Selon les statistiques de l’Union Européenne, l’Hexagone consacre 3,3 % de son PNB aux dépenses informatiques, soit un peu plus que la moyenne européenne, laquelle ne dépasse pas les 3 %. Seuls la Suède, le Royaume-Uni, le Danemark et la Norvège dépassent ce seuil. En revanche, ces pays sont aussi ceux qui attachent le plus d’importance à la sauvegarde des données de leurs entreprises ; respectivement 17 %, 22 %, 27 % et 30 %. Parmi les autres résultats de cette enquête, on notera également que : ? en Europe, les responsables informatiques des sociétés de services financiers accordent plus d’importance à la gestion des projets qu’à la sauvegarde de données (16 % contre 11 %) ? toutefois, le niveau de préoccupation concernant la sauvegarde est le même dans tous les corps de métier. Phénomène curieux, puisque sachant qu’il est impossible aux sociétés de services financiers de travailler sans données fraîches et fiables, on aurait pu s’attendre à ce qu’elles leur accordent plus d’importance que les autres industries ? enfin, tout comme les entreprises de petite taille, les grands comptes (au sein desquels transitent pourtant des volumes colossaux de données) continuent à sous-estimer le risque lié à la perte ou l’indisponibilité de ces données. 10 % seulement des entreprises employant plus de 5000 personnes jugent la sauvegarde de données importante tandis que ce chiffre grimpe jusqu’à 13 % pour celles dont l’effectif varie entre 500 et 1000 employés. Bref, malgré tous les beaux discours dans ce domaine, il y a encore fort à faire. Plus de SAN, mais meilleurs Plus que jamais le marché des réseaux dédiés au stockage (SAN : Storage Area Network) est à l’ordre du jour. Il devrait atteindre à l’horizon 2008 un C.A. de 3,6 milliards de dollars, soit le double d’aujourd’hui. Le marché des HBA (Host Bus Adapter) connaît par ailleurs une envolée similaire, un nombre croissant de produits s’interconnectant désormais au SAN. Ce courant s’accompagne parallèlement de la réduction des îlots SAN (poches isolées de stockage en réseau), triste héritage des premiers temps du stockage en réseau. Ces îlots sont en effet responsables d’un gaspillage notoire de ports et se traduisent par une gestion souvent byzantine. D’où la tendance actuelle vers une consolidation du stockage, notamment par la résorption de ces îlots au sein d’une architecture de gestion uniformisée (si ce n’est unifiée). Car, il faut bien répondre aux besoins qui se font jour dans ce cadre. Comme, par exemple, le développement de nouvelles stratégies de gestion du cycle de vie des données, la possibilité d’externaliser (tout du moins partiellement) la gestion de celles-ci, l’amélioration de leur disponibilité, et la mise à disposition d’une véritable continuité de service (bien entendu, en coupant en parallèle les coûts que tout ceci implique). Or, tout cela ne saurait s’effectuer sans une consolidation des SAN, généralement obtenue grâce à l’interopérabilité et au routage multiprotocole des données. On viser à fournir des services “intelligents” qui soient à la fois plus souples et plus fiables. L’essentiel, dans un tel contexte, est de pouvoir offrir une administration simplifiée de l’architecture de stockage pour dégager du temps dans les équipes de maintenance (et donc de l’argent). Par ailleurs, les utilisateurs supportent de plus en plus mal les limitations inhérentes à certaines architectures, celles-ci les contraignant à, là aussi, perdre du temps pour gérer eux-mêmes leurs données, même si c’est sommairement. Mille fois consolidez… Cette consolidation doit être la plus transparente possible pour l’utilisateur. Plus le routeur ou le commutateur ‘directeur’ est paramétrable et extensible, moins on a besoin de châssis regroupant ces appareils, plus on réduit la complexité de l’architecture et donc les dépenses. Autrement dit, il faut avant tout que les dispositifs mis en ?uvre soient capables d’anticiper par eux-mêmes les besoins ou les pics de charge pour fournir le niveau de performance que l’on est en droit d’attendre d’eux. Tout ceci s’inscrit également dans un courant voulant que l’on dispose désormais d’architectures “non-bloquantes” c’est-à-dire offrant le même niveau de performance quel que soit le port concerné, ce qui permet aux utilisateurs de fonctionner dans une logique “plug and go”. Une réalité plus nuancée Toutefois, si l’on jette un coup d’?il sur la santé financière des acteurs du secteur, on est en droit de s’interroger sur le taux réel de développement de ce marché. Des objectifs de vente non atteints qui se traduisent par des coupes claires dans la division stockage de HP, des clients qui eux-mêmes demandent des délais de paiement, on ne peut pas dire que la reprise, tant vantée outre-Atlantique, ait vraiment gagné nos côtes. C’est pourquoi, faute de grives, les fournisseurs se contentent de merles. Entendez par là que l’on remet au goût du jour le bon vieil archivage, ceci en promouvant notamment des stratégies ILM adaptées au naturel vieillissement des données. À suivre…


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