Android, un OS mobile sacrément fragmenté

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Android, l’OS mobile de Google a été adopté par plus de mille constructeurs sur plus de 24 000 terminaux. Une fragmentation qui s’inscrit à la fois comme une faiblesse et une force.

Android ne se distingue pas seulement par son modèle (en partie) Open Source et installé sur 1,2 milliard de smartphones d’ici la fin de l’année, selon IDC. C’est aussi l’OS mobile le plus fragmenté du marché. Tant par les versions du système d’exploitation encore en circulation que par la diversité des terminaux qui les accueillent. « La fragmentation est à la fois une force et une faiblesse de l’écosystème Android, un casse-tête pour les développeurs », estime OpenSignal. Société spécialisée dans l’analyse en tous genres des réseaux sans fil, OpenSignal se penche depuis 2012 sur cette fragmentation en s’appuyant sur les données remontées par les utilisateurs Android et iOS qui ont installé son application d’information de connexion et de consommation de données. Lesquelles ont été exploitées auprès de 682 000 de ses près de 10 millions d’utilisateurs pour réaliser à bien cette étude (un nombre identiques aux deux précédentes années).

Premier enseignement de l’étude 2015, quand Apple gère deux versions essentiellement d’iOS, dont 85% pour la v8 et 13% pour la v7, Google et ses partenaires constructeurs en supportent pas moins de 9. Et la plus récente, Lollipop, est loin d’être la plus adoptée, que ce soit la version 5.0 (11,6%) ou la 5.1 (0,8%). La version la plus en vogue sur les terminaux est bien la 4.4 (KitKat). Elle rassemble 39,2% des utilisateurs Android devant les 37,4% de Jelly Bean (répartis entre les versions 4.1, 4.2 et 4.3 avec 14,7%, 17,5% et 5,2% des parts respectivement). Si Android 2.2 Froyo est en voie de disparition (0,3%), son successeur Gingerbread (2.3.x) se paye le luxe de surpasser Ice Cream Sandwich (4.0.x) à raison de 5,6% du dessert maison contre 5,1%.

Plus de 24 000 modèles de terminaux

Cette fragmentation aigüe se reflète par le nombre de modèles de terminaux activés sous Android. L’OS de Google est ainsi déployé sur pas moins de 24 093 terminaux différents (contre moins de 18 800 en 2014) fournis par près de 1 300 constructeurs. Les 37,8 % de smartphones et tablettes détenus par Samsung dans cet océan de fournisseurs apparaît, après coup, comme un exploit. Et pourtant, la part du numéro un mondial des téléphones mobiles s’effrite. Elle était de 43% un an plus tôt, selon OpenSignal, sur un marché Android en croissance qui plus est. Pour l’heure, le modèle le plus déployé dans le monde reste le Galaxy S3. Suivent dans l’ordre de présence sur le marché Android les constructeurs LG, Sony, Motorola, Lenovo, Huawei, Asus, HTC… On notera une présence significative de Verizon, opérateur américain qui commercialise une poignée de smartphones sous sa marque, devant celle des Nexus de Google. Soulignons encore la présence non négligeable de Nokia qui, rappelons-le, avait lancé, malgré son rachat par Microsoft (non finalisé à l’époque du lancement), plusieurs modèles sous Android en 2014. Les Nokia X ont visiblement connu un certain succès (ce qui ne manquera pas d’encourager la firme finlandaise à revenir sur le marché des smartphones).

OpenSignal Android fragmentation 2015
Graph de la représentation des modèles de smartphones et tablettes Android selon les données formatées par OpenSignal.

 

Conséquence de cette richesse d’offres, les constructeurs ont tendance à vouloir se distinguer les uns des autres par leur propre taille d’écran (et leur propre surcouche d’interface). Du 2 au 21 pouces (l’ordinateur tout-en-un tactile Slate 21 de HP qui fait ses premiers pas dans l’étude d’OpenSignal), des dizaines de formats sont ainsi disponibles dans le monde Android quand Apple en cumule 6, tablettes comprises. Une richesse de taille là encore susceptible de renforcer l’addiction pour l’aspirine des développeurs Android.

Des capteurs en hausse

OpenSignal s’est également penché sur la monté en puissance des capteurs dans les terminaux mobiles. Vecteur de rotation de jeux et géomagnétique, capteur de mouvements, podomètres… ils connaissent tous une hausse de leur adoption par les constructeurs. A l’exception du capteur de pression atmosphérique (baromètre), constant depuis début 2013, et du capteur d’humidité, en perte de vitesse. Un recul qu’OpenSignal explique par sa présence dans le Galaxy S4 mais pas dans le S5.

Si la fragmentation s’inscrit comme une faiblesse (ou plutôt une difficulté à gérer) pour les développeurs (comme pour les entreprises), elle s’inscrit comme une force aux yeux des consommateurs qui n’ont que l’embarras du choix. « La grande force de l’écosystème Android du point de vue des consommateurs a toujours été la possibilité de choisir un appareil parfaitement adaptée à ses spécifications, face au grand choix disponible, estime OpenSignal. Cette tendance se poursuit, avec cette année un nombre d’appareils et de fabricants Android jamais vu auparavant. »


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