La Poste : le Big Data pour optimiser le tri du courrier

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La Poste a consolidé les milliards d’événements issus de ses plates-formes de tri du courrier dans Hadoop pour les analyser dans Tableau. Objectif : améliorer l’efficacité opérationnelle de cet outil industriel.

Utiliser la donnée pour induire un changement des mentalités. C’est ainsi que Laurent Dabbagh, directeur de l’innovation et du pilotage opérationnel de la performance au sein de la branche Courrier et colis de La Poste, explique le recours à la dataviz au sein de son organisation. Un usage massivement répandu au sein de la société, puisque 2 400 utilisateurs ont accès aux tableaux de bord construits avec Tableau Software. Si 90 % d’entre eux sont des commerciaux, l’outil est aussi exploité pour améliorer le pilotage opérationnel des plates-formes industrielles. Des usines à trier le courrier, qui gèrent chaque année 12 milliards de lettres et 300 millions de colis, générant 30 milliards de traces, des données issus soit du suivi des objets de bout en bout, soit de leur traitement sur des robots de tri.

« Mais, jusqu’à il y a deux ans, ces données n’étaient pas valorisées à part au sein d’études ponctuelles », dit Laurent Dabbagh. D’où la mise sur pied d’un cluster Hadoop – appelé Butia – pour digérer toutes ces données, et leur mise à disposition dans la dataviz de Tableau, pour une valorisation à J+1. A la clef, des indicateurs de performance envoyés à chaque plate-forme industrielle du courrier (PIC), au nombre de 80 en France. « Ce qui permet par exemple de visualiser la part de trafic local, permettant d’adapter le plan de transport, ou le taux de lettres vertes traitées en prioritaire, soit avec une qualité de service supérieure à notre engagement », précise Laurent Dabbagh. Qui prévient toutefois : « attention toutefois à ne pas tirer des conclusions à l’emporte-pièce ! C’est la grosse difficulté sur la donnée, une surpriorisation des lettres vertes peut parfois s’expliquer par des raisons opérationnelles parfaitement légitimes. » D’où l’importance, selon lui, de la pédagogie autour de l’analytique et des conclusions qui en découlent.

Butia« Eviter les débats byzantins »

Pour les plates-formes de tri du courrier, l’analyse des tableaux de bord peut déboucher sur de vrais gains d’efficacité. Par exemple en mettant en évidence les facteurs empêchant les courriers d’être correctement triés en fonction des tournées des facteurs. Ou en faisant ressortir une baisse du taux de reconnaissance de la reconnaissance optique de caractère, signe d’une obsolescence IT grandissante. « Grâce à cette analyse des données, on met le doigt sur les bons indicateurs, ce qui évite les débats byzantins sur le diagnostic d’un problème », reprend le responsable de La Poste. Pour l’instant, seuls les utilisateurs du siège peuvent manipuler les données dans Tableau, les opérationnels dans les territoires recevant des tableaux de bord statiques. « Le choix définitif de l’outil n’a pas encore été fait, précise Laurent Dabbagh. Par ailleurs, les opérationnels pourraient s’éparpiller, se perdre dans des outils permettant de manipuler les données dans tous les sens. »

Dabbagh
Laurent Dabbagh

Au-delà des plates-formes de tri, Tableau est également exploité pour piloter certaines nouvelles activités du groupe. Car si l’activité Courrier pèse environ la moitié du chiffre d’affaires de La Poste (23 milliards d’euros à l’année), le recul du volume de courriers traités pousse la société nationale à développer des relais de croissance, en s’appuyant sur son maillage local et son réseau de facteurs. C’est par exemple le cas de Recygo, un service de recyclage des déchets de bureau. « Sur cette activité (qui pèse moins de 10 millions d’euros en 2016, NDLR), nous disposions d’indicateurs globaux, mais sans compréhension fine des leviers d’efficacité à notre portée. Nous avons exploité Tableau pour analyser en détail l’évolution du chiffre d’affaires et redéfinir les segments client afin d’y ajuster nos offres », explique Laurent Dabbagh.

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Crédit photo : André Tudela – Groupe La Poste

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