Les revenus des opérateurs quasiment stabilisés en France

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Avec une baisse de « seulement » 0,8% des revenus au 1er trimestre, le secteur des télécoms français semble sortir de sa crise. Durablement ?

Il n’y a pas encore de quoi pavoiser mais les opérateurs ont quasiment mis fin à la baisse de leurs revenus au cours du premier trimestre 2016 en France. Leur chiffre d’affaires cumulé s’élèvent à près de 8,8 milliards d’euros, dont près de 8 milliards pour les seuls services de communications électroniques. Ce qui représente un recul de « seulement » 0,8% par rapport à la même période en 2015, constate l’Observatoire des marchés de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes). Et, surtout, un constat qui semble mettre fin à un cycle de baisse continue du secteur depuis 2011 inversée depuis 2 ans avec une concurrence tarifaire moins vigoureuse.

Notons néanmoins que la guerre des prix a continué à marquer le trimestre. Les 7,987 milliards générés sur les services de communication affichent un repli de 1,7% d’une année sur l’autre. En hausse de 9% à 784 millions, les revenus annexes (vente et location de terminaux et équipements, hébergement…) ont compensé. Cela se constate plus concrètement sur la facture moyenne des clients. Celle-ci s’élève à 16,1 euros par mois pour les offres mobile contre 16,3 euros en 2015. Si la baisse peut paraître moindre sur un an, elle s’accentue en regard des derniers trimestres. La facture mobile moyenne s’élevait à 16,6 euros et 16,8 euros aux deuxième et troisième trimestres 2015 pour retomber à 16,3 euros au dernier. Une décroissance qui montre que la guerre des prix sur le mobile a repris de plus belle en fin d’année dernière. Les revenus mensuels des offres fixes sont elles aussi en retrait : 31,5 euros début 2016 contre 32,2 début 2015. La encore, le succès des box low cost chez Bouygues Telecom et les offres promotionnelles ont allégé la facture des clients.

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Si les dépenses baissent, les usages progressent continuellement. Le trafic voix fixe et mobile a augmenté de 1,1% (61,5 milliards de minutes) après 2 ans de baisse ininterrompue. Cependant uniquement grâce aux communications mobiles qui, à 40,2 milliards de minutes, s’élèvent de 7,2% en 12 mois. Les appels fixes passés depuis les box reculent, eux, de 8,9% (21,2 milliards de minutes). Les communications mobiles moyennes mensuelles dépassent désormais les appels fixes : 3h16 pour le premier contre 3h13 pour le second.

Le trafic de données mobiles poursuit son ascension exponentielle. Avec 200 000 téraoctets sur le trimestre, il progresse de plus de 74%. En moyenne, un utilisateur mobile consomme 954 Mo de données par mois (1,2 Go pour les clients sous forfaits). Une hausse portée par la 4G qui génère 80% du trafic. En un an, 11,3 millions d’utilisateurs ont adopté le très haut débit mobile. Le nombre d’internautes mobiles 4G s’élevait à 24,5 millions au 31 mars 2016. Soit plus d’un tiers des 71,8 millions de cartes SIM (hors M2M) en service. La 3G fait toujours des émules puisque son parc s’est élargi de 5,5 millions pour compter 7 cartes SIM sur 10. Ce qui ne change pas : l’envoi de SMS. Leur volume reste stable à 51,8 milliards sur le trimestre (dont 1 milliards de MMS).

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Le fixe n’est pas en reste avec 27,1 millions de foyers disposant d’un accès Internet. Soit 900 000 nouveaux en un an. Une hausse intégralement portée par les abonnements très haut débit (THD). Au total, 4,5 millions de foyers disposent d’un accès supérieur à 30 Mbit/s (en fibre, câble, VDSL). Dont 1,6 million en FTTH (en hausse de 545 000 en un an) et 1,7 million entre 30 et 100 Mbit/s (+440 000). Six abonnés THD sur 10 surfent à plus de 100 Mbit/s (en théorie) selon l’Arcep. On note néanmoins que l’accroissement annuel des abonnements THD ralentit pour le deuxième trimestre consécutif.

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Notons enfin que les cartes SIM dédiées aux objets connectés ont connu une croissance de 1 million d’unités en un an pour s’élever à 9,7 millions (soit une hausse de 11,1%). Les revenus ne suivent pas le même rythme. A 24 millions d’euros, ils ne progressent que de 4,1% sur l’année. Plus inquiétant, les chiffres des services M2M au 1er trimestre 2016 s’affichent en retrait par rapport aux 24 millions d’euros générés avec 10,6 millions de SIM au 4e trimestre 2015. Une décroissance passagère ?


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