Quel avenir pour les systèmes legacy AS/400 – IBMi ?

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Un temps, nous avons cru perdre l’AS/400 – IBMi sur le front de la modernisation des systèmes d’information. C’était sans compter sur sa robustesse, sa fiabilité, sa sécurité et à sa capacité à créer de la valeur métier. Pourquoi et comment la valorisation des systèmes legacy est au cœur de la transformation digitale des entreprises ?

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Il y a encore peu de temps, de nombreuses voix se sont élevées pour annoncer la disparition prochaine de l’AS/400, présenté comme un système hors d’âge inadapté au monde de l’internet, complexe et couteux (notamment en licences).

Certaines entreprises se sont alors lancées dans des projets de remplacement de ce patrimoine. Et beaucoup se sont heurtées à la difficulté et à l’ampleur de la tâche (et notamment à des dizaines voire des centaines de milliers de lignes de code non documentées, et à une dette technique importante) pour, in fine, souvent aboutir, au mieux, à des applications à isopérimètre.

Face aux coûts très élevés de reconstruction quasi-complète de ces systèmes d’information legacy, certaines sociétés ont tenté une approche d’automatisation de la réécriture des applications, sans grand succès. D’autres se sont lancées dans de longs projets d’intégration d’un ERP.

Pour autant, en 2020, 100 000 entreprises dans le monde, dont 3 000 à 4 000 en France (selon IBM) disposent toujours de systèmes legacy sous AS/400.
Cet environnement est toujours là et constitue même toujours le noyau dur de nombreuses applications cœur de métier, du fait notamment de sa fiabilité, de sa robustesse et de sa sécurité. IBM a continué à faire évoluer cette plateforme pour l’ouvrir aux technologies émergentes, entre autres. L’AS/400 est ainsi devenu l’IBMi.

Les stratégies de conservation de cet environnement trouvent ainsi de plus en plus d’échos auprès des entreprises, d’autant plus qu’une roadmap de ses évolutions a été fournie jusqu’en 2032.

Un backoffice métier, socle de la transformation digitale

Compte tenu de leur caractère critique et cœur de métier, les applicatifs legacy ont bien entendu évolué. L’utilisation d’ateliers de génie logiciel (AGL) dédié aux environnements IBMi a, par exemple, permis de maintenir l’existant et de concevoir de nouvelles fonctionnalités, tout en limitant les risques de dettes techniques. Mais certains de ces AGL n’ont pas évolué, voire ont disparu, si bien qu’il devient compliqué voire impossible de maintenir ces applications.

Dans ce cas de figure, les entreprises n’ont alors pas d’autre choix que de convertir ces programmes en langage natif IBMi. Il est d’ailleurs à noter que certains éditeurs proposent des solutions de conversion automatique du code en RPG Free Format, redonnant ainsi une nouvelle jeunesse aux applications legacy.

En parallèle, de véritables stratégies ont été mises en œuvre dans un souci d’équilibre entre offrir de nouveaux services, en créant de la valeur autour des données issues de ce back office métier, et maîtriser les coûts de développement. La modernisation des systèmes d’information construits autour d’un legacy AS/400 – IBMi s’appuie ainsi sur trois piliers.

Le premier d’entre eux est la modernisation des interfaces applicatives (UI : user interface) pour améliorer l’expérience utilisateur (UX), même si dans certains cas, l’écran vert et noir reste tout à fait adapté et offre l’avantage de pouvoir saisir les informations très rapidement.

La modularisation des applications (Service-Oriented Architecture et/ou Event-Driven architecture) constitue le second pilier : elle permet de créer de nouveaux services numériques évolutifs pour fournir, par exemple, de nouvelles interfaces utilisateur développées avec les derniers langages et framework. Le système legacy reste dans ce cas dédié au cœur du métier. Cette approche nécessite de bien penser l’urbanisation du système cible, avec la mise en place d’API et plus globalement l’utilisation de modules middleware.

Enfin, désormais intégré au sein d’un SI moderne, l’AS/400 – IBMi doit bénéficier, pour ses propres cycles de maintenance et de développement, des dispositifs d’intégration continue, étape préalable au DevOps, lesquels représentent le troisième pilier de sa modernisation.

Auditer les systèmes legacy pour opérer les bons choix

Si la conservation des systèmes legacy est aujourd’hui considérée comme une piste sérieuse par de nombreuses entreprises, il n’en reste pas moins qu’avec le temps, des informations ont pu être perdues ou oubliées. Il est donc nécessaire de concevoir ou mettre à jour une cartographie applicative précise, en prenant prioritairement en compte les enjeux business, et d’en auditer le contenu pour en assurer la pérennité.

Ce qui passe notamment, par des échanges avec les équipes métiers mais aussi avec les équipes historiquement chargées de la maintenance et de l’évolution des applicatifs IBMi.
Ces échanges doivent être complétés par l’utilisation d’outils qui permettent d’identifier automatiquement les architectures, les modèles conceptuels de données (MCD) des bases de données les types de plateformes et leurs compatibilités, les configurations et hébergements matériels, etc.

Ce n’est qu’à partir de cet audit précis que les entreprises peuvent orienter leurs décisions : gouvernance des données, organisations des équipes (internes et/ou externes), ou encore utilisation du cloud public, privé ou hybride, pour plus de scalabilité.

Cet audit est également l’occasion de s’interroger sur l’opportunité de basculer tout ou partie des applications sur une solution progicielle, le marché de l’édition logicielle couvrant aujourd’hui un plus grand nombre de cas d’usage, notamment pour les fonctions support.

Les systèmes legacy, malgré leur âge, sont semble-t-il en train de réussir le tour de force de se maintenir dans un environnement digital qui aurait pu les dépasser. Reste toutefois la question des compétences, après le départ ou le futur départ à la retraite des spécialistes du langage RPG : l’attraction de nouveaux talents est sans aucune doute la prochaine bataille à mener.

 

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Auteur
Responsables du pôle Transformation SI
Hardis Group
Vincent Amet et Laurent Coutellec sont responsables du pôle Transformation SI de Hardis Group
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