BlackBerry banni: Etats-Unis et Canada volent à son secours

Sécurité

Le BlackBerry, bientôt suspendu aux Émirats Arabes Unis et en Arabie Saoudite, se dotent de solides avocats. Les États-Unis et le Canada volent à son secours.

Bientôt banni des Émirats Arabes Unis, le BlackBerry s’est trouvé de solides défenseurs aux États-Unis et au Canada – d’où son fabricant, RIM (Research In Motion) est originaire. La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, est ainsi montée au créneau. L’Amérique du Nord entend ainsi discuter des problèmes de sécurité que pose le BlackBerry au Proche-Orient.

« Nous prenons le temps de nous concerter et d’analyser tout l’éventail des intérêts et des aspects du dossier parce que nous sommes conscients que se posent des questions légitimes de sécurité. Mais il existe également un droit légitime à un accès et à une utilisation sans entraves[du BlackBerry] », a déclaré la secrétaire d’État américaine. « Je pense donc que nous allons mener des discussions techniques et entre experts », a-t-elle ajouté.

Hillary Clinton devra faire vite car la suspension des services du ‘smartphone’ canadien devrait intervenir dans les tout prochains jours en Arabie Saoudite. L’autorité de contrôle des télécommunications était formelle en début de mois, la suspension restera valable « tant qu’une solution conforme aux législations sur les télécommunications en vigueur dans le pays n’est pas trouvée ».

Aux Émirats Arabes Unis, la suspension interviendrait un peu plus tard, le 11 octobre. Pour ces émirats, le smartphone est responsable à la fois de «problèmes judiciaires, sociaux et de sécurité nationale ». L’accès à des sites politiques ou pornographiques notamment est restreint dans certains pays. Or, le niveau de cryptage des données des BlackBerry, transitant par l’étranger, est d’un niveau supérieur à la moyenne des ‘smartphones‘, rendant leur contrôle plus difficile. C’est ce qui a poussé le Koweit à demander le blocage de 3000 sites pornographiques à RIM.

L’ AFP précise qu’en début de semaine « le porte-parole de Mme Clinton, Philip Crowley, [avait] déclaré à la presse que Washington prenait contact avec l’Arabie Saoudite, l’Inde[qui voudrait un droit de regard sur les e-mails reçus et envoyés transitant par les Blackberry, ndlr]et d’autres pays ayant des inquiétudes au sujet du BlackBerry, dans l’espoir de résoudre le problème. »

L’agence de presse complète cette information par les déclarations du porte-parole le 2 août, suite aux réactions de ces différents pays. Ce dernier critiquait leur décision arguant qu’elle créait « un dangereux précédent » en matière de liberté d’expression.

Réaction similaire du côté canadien avec Peter Van Loan, ministre du Commerce international, qui recherche, lui aussi, une « solution constructive»…

Si le lancement du BlackBerry Torch 9800 le 12 août aux États-Unis fait un peu diversion, le marché dans ces pays est suffisamment important pour que RIM prenne les choses très au sérieux et compte sur ses nouveaux appuis politiques.


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