Bull met le secteur Télécom & Médias au cœur de son développement stratégique

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Entretien avec Jean-François LEPRINCE-RINGUET, Directeur Général de Bull Télécommunications et Médias

Comment se porte Bull Télécommunication et Médias, que vous dirigez depuis 3 ans maintenant ?

Notre développement a été supérieur à 30% par an ces trois dernières années, et nous avons même accéléré en termes de commandes au 1er semestre 2008 par rapport au 1er semestre 2007. Bull, dans le cadre de son programme 7i vient de lancer sa 6ème initiative, dédié au secteur des télécoms et media : « Favoriser la communication ». Cette initiative vise à accélérer notre présence dans la mise en œuvre de services convergents dédiés aux opérateurs de télécoms.

Dans sa communication, Bull met en avant ses capacités d’agilité, de robustesse, d’innovation et de présence internationale. Concernant l’agilité, en quoi vous distinguez-vous des sociétés concurrentes ?

Pour les opérateurs de télécoms, l’agilité c’est la capacité à bâtir des offres qui s’adaptent en permanence aux évolutions du marché. Notre démarche s’inscrit dans celle du Groupe Bull, « Architecte d’un monde ouvert ». L’engagement du Groupe dans le monde ouvert est très ancien, nous pouvons dire que nous sommes ouverts « de façon naturelle ».

Notre différence vient de notre capacité à proposer des solutions complètes, mettant en œuvre notre savoir-faire, acquis à la fois par notre expérience du monde ouvert et par notre expérience de solutions propriétaires.

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Dans le cadre de cette ouverture, l’utilisation de briques « open source » correspond-elle à un réel avantage technique, à un argument commercial vis-à-vis des clients du secteur public (de plus en plus sensibles à l’open source) ou à un moyen de financer à moindre frais l’évolution des solutions (en profitant du fait que tout le monde peut contribuer « gratuitement » à cette évolution) ?

Le coût est un argument, bien sûr, mais les choses ne sont pas si simples : d’une part il faut tenir compte d’impacts juridiques dans l’utilisation de l’open source, et d’autre part notre expérience nous dit que, tout comme « un bon plat n’est pas que le mélange de bons ingrédients », une bonne solution informatique nécessite à la fois de bons composants dont certains Open Source et le savoir-faire spécifique de l’intégrateur. Ce dernier sait rajouter l’élément différentiateur, justement grâce à son savoir-faire, son expérience, et la connaissance qu’il a « au plus près » de ses clients. C’est enfin la solution complète qui doit s’inscrire dans une architecture ouverte, basée sur des standards.

En ce qui concerne la robustesse que vous évoquez comme facteur nécessaire à la réussite, en quoi l’expertise industrielle de Bull, que vous mettez en avant, mais qui s’est surtout construite dans le domaine du matériel et des systèmes d’exploitation, peut-elle être transposée au domaine des applications spécifiques ?

Quand je suis arrivé il y a quelques années dans le monde des services logiciels, je me suis vite rendu compte que le « business model » de cette activité ne laissait pas une grande place à l’investissement, contrairement au monde industriel d’où je venais. Nous étions dans un modèle économique où un système est livré avec des « bugs » et le client doit même signer un contrat pour ainsi maintenir le système . Nous sommes hélas toujours proches d’un tel modèle ! L’expérience et la culture industrielle de Bull, au contraire, nous permettent de comprendre nos clients (les opérateurs) qui ont une culture « carrier class » requérant la robustesse que les industriels ont inscrite dans leurs chromosomes. Dans notre activité de services informatiques, en interne, nous veillons à intégrer à nos équipes des ingénieurs qui ont acquis chez nous cette expérience d’industriel, au sens « historique » que vous évoquez.

Bull fait de l’innovation un des chevaux de bataille de son programme. Le groupe s’est tenu depuis toujours au plus près de l’innovation, mais que vaut cette « historicité de l’innovation » aujourd’hui, dans un secteur où des sociétés « sans passé » réussissent très bien ?

Le « triple I » (Intégration, Industriel, Innovation) fait effectivement partie de notre identité. Nous avons très souvent été les premiers à détecter les sociétés qui innovent, et nous avons créé avec elles un écosystème de sociétés très avancées. Je ne citerai par exemple que CIRPACK (maintenant Thomson), HIGHDEAL, et STREAMWIDE, avec qui nous avons monté des partenariats très forts, tirant partie de l’avancée française indéniable dans certains domaines technologiques tels que la VoIP ou le TriplePlay.

Bull annonce un renforcement de ses centres d’expertise Telcos, dans le cadre de l’initiative évoquée. Quels sont les arguments qui guident vos choix d’implantation de ces centres ?

Tout d’abord, je rappellerai que la présence internationale de Bull ne date pas d’hier, en particulier dans les pays dits « émergents ». Le rachat d’AMG.net en 2006 est un bon exemple du renforcement de cette présence. Cette société polonaise de 150 personnes, spécialiste du développement de portails, nous intéressait non seulement pour son expertise, mais aussi parce qu’elle nous permettait de nous développer à travers l’Europe centrale et de l’Est, et d’accompagner notre client France Telecom dans sa stratégie de développement sur ce même marché. Aujourd’hui, AMG.Net compte 300 personnes, et la Pologne est un de nos 3 pôles de développement importants (plusieurs centaines de personnes). Les deux autres sont la France (qui nous permet d’être proches des marchés de l’Afrique et du Moyen-Orient) et le Brésil (proche de nos clients présents en Amérique centrale et du sud, comme Telmex et Telefonica). Cette logique de « nearshore » répond à notre souci de proximité vis-à-vis de nos clients. Il est bon qu’un Directeur de Projets partage la culture et la langue de notre client tout en bénéficiant d’une proximité géographique avec nos centres de compétences.

Au-delà du Groupe France Telecom, quels grands clients avez-vous à l’international ?

France Telecom est, certes, notre 1er client, et notre actionnaire à hauteur de 10% ! Il est donc tout à fait logique que nous soyons près de France Telecom dans ses projets de développement international. Mais nous avons de nombreux autres clients opérateurs, faisant partie de grands groupes comme SFR, Telmex (Embratel), ou de nouveaux opérateurs dans des pays émergents ou en forte croissance comme WANA au Maroc.

Bull a récemment annoncé un partenariat avec OnAir. Où en est-il ?

OnAir est une filiale d’Airbus et de SITA, qui offre des services de téléphonie (MobileOnAir) et d’accès Internet (InternetOnAir) à bord des avions en vol. C’est un «opérateur dans les airs», permettant à l’utilisateur de transformer du temps de transport qui, parfois, peut-être inutilisé, en temps utile s’il le souhaite ou en éprouve le besoin. Il y a fort à parier que les appels vocaux seront très contrôlés, pour ne pas troubler le voisinage en cabine, mais les SMS, MMS et emails seront certainement les services les plus utilisés, aussi bien pour l’envoi que pour la réception de données. Le service est déjà disponible sur certains avions. La technologie utilisée s’appuie sur les solutions de HighDeal, et nos centres de compétences spécifiques de France et de Pologne ont été sollicités pour réaliser son système d’information, incluant les fonctions de facturation et de réconciliation proposées par HighDeal, ainsi que des fonctions avancées d’analyse et de Business Intelligence.


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