Gérald Karsenti : « HP France se porte très bien ! »

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Poids de la filiale France dans le groupe, plans de licenciement, reprise de personnel chez les clients, lent décollage de Moonshot… Le PDG de HP France n’évite pas les questions qui fâchent et affiche un bel enthousiasme, chiffres à l’appui.

Comment se porte HP France ? Et quel est votre poids dans le groupe ?

Gérald Karsenti : Je ne peux pas le dire autrement, HP France se porte très bien. Aujourd’hui HP France fait partie du Top 5 des filiales les plus performantes dans le monde. Ce qui donne un poids certain à nos propositions.

Ce résultat est lié à la croissance du revenu, mais aussi des marges. Et toutes nos gammes ont enregistré des gains de parts de marché : serveurs, stockage, réseau, etc. Les PC (grand public et entreprise) HP totalisent aujourd’hui 27 % de part de marché en France, et nous sommes numéro un sur les imprimantes. Enfin, même les services sont en hausse, malgré une conjoncture de faible croissance.

Pour HP, la performance est d’autant plus appréciable que chaque trimestre, nous n’enregistrons que 30 % de revenus récurrents. Le reste provient donc de conquête commerciale. Contrairement à l’un de nos concurrents, nous ne disposons pas d’une rente récurrente liée à des activités mainframe.

Pourtant, les plans de réduction des effectifs se multiplient…

En septembre 2012, Meg Whitman avait annoncé 29 000 départs sur deux ans et demi. La filiale France a proposé et défendu un plan de départ en préretraite volontaire pour 500 personnes. Et sans rien réclamer à l’Etat ! Cependant, nous ne souhaitions pas perdre ce capital de connaissances et de savoir-faire des plus de 58 ans. Il fallait donc planifier un transfert de compétences étalé sur deux ans.

Finalement, HP France ayant plus de besoins, nous avons réduit ce plan à 300 personnes. Cependant, de nombreux intéressés avaient déjà planifié ou imaginé leur départ. Après négociation avec les salariés, nous avons trouvé un compromis à 400 départs anticipés.

Pour réaliser les chiffres que je viens d’évoquer, nous avons dans le même temps eu besoin de plus d’employés. Nous avons donc obtenu l’autorisation pour un plan d’embauche de 140 jeunes, plan toujours en cours.

Nous avons initié un programme de coaching-mentoring volontaire par des salariés étant partis, afin de transmettre leurs compétences. 130 personnes sur les 150 concernées sont venues à la réunion, et 120 se sont inscrites à des projets.

HP vient encore d’annoncer un plan de réduction de personnel en Europe. Comment la France sera-t-elle impactée ?

En fait, il s’agit de 7000 personnes en Europe. Mais les chiffres par pays ne sont pas communiqués pour le moment. Cependant, la filiale française travaille sur le même mode que pour le plan précédent. Nous serons en mesure d’apporter plus de précisions le 14 janvier prochain.

En quoi consiste précisément votre objectif de renforcement en région ?

A la demande de nos partenaires et de nos clients, nous allons réinvestir en région, avec le déploiement de spécialistes HP dans les 6 régions commerciales. Toutefois, notre modèle reste 100% indirect.

Pouvez-vous nous parler du projet Mooshot ? Apparemment, les scénarios d’utilisation ne se bousculent pas…

Le projet Moonshot a été conçu pour répondre au besoin de juguler l’explosion des données (Cloud, mobilité, réseaux sociaux…). HP a imaginé une architecture avec une forte capacité de traitement et flexible sur la puissance de calcul (serveurs), le stockage, le réseau, etc. Autre nécessité : mieux administrer et orchestrer ce type de solution.

Les serveurs à forte capacité existants rencontrent généralement des problèmes de chauffe et de forte consommation énergétique. Sans oublier l’espace occupé dans les datacenters.

L’architecture Moonshot a été conçue par les spécialistes de notre R&D qui se sont attachés à multiplier la puissance fournie, tout en diminuant la diffusion calorifique et la consommation énergétique. En outre, le format compact réduit les besoins en espace et le gain sur le câblage atteint 80%.

Moonshot incarne l’avenir. C’est pourquoi il est effectivement encore peu installé. Cependant, les premiers retours d’expérience sont très encourageants. Nous avons déjà lancé un premier type d’usage, à travers une solution de postes de travail virtuels (VDI) [voir notre article].

Une grande organisation en France lance d’ailleurs actuellement un projet basé sur des serveurs Moonshot, non pas en mode pilote, mais en production. Il s’agit réellement d’une transformation pour cette entreprise.

Vos solutions sur architecture convergente (Converged) concernent-elles de nouveaux projets ou des solutions hybrides intégrant l’existant ?

On trouve les deux scénarios dans les entreprises adoptant notre Converged Infrastructure.

HP propose d’ailleurs des outils de migration et de scripting assistant et automatisant en partie les procédures de migration.

Généralement, il s’agit de dégager des ressources humaines pour inverser la répartition des dépenses informatiques : seulement 30% pour innover contre 70% en maintenance. La détection des applications à décommissionner par exemple représente une aide précieuse pour les DSI.

Les projets de transformation nécessitent aussi de revoir les modèles. C‘est pourquoi les entreprises peuvent choisir divers modes de prise en charge des infrastructures et applications : chez elles, opérées par elles ou par HP ; chez nous et opérées par elles ou par nous ; etc. De plus, elles peuvent opter pour un juste équilibre entre une facturation à l’usage (opex) et un investissement (capex), puisque HP sait gérer les deux.

Ces projets de rationalisation permettent rarement de ‘recaser sur l’innovation’ les employés qui ne sont plus indispensables. Comment intervenez –vous alors ?

Le plus souvent, HP propose un plan de reprise des salariés, qui rejoignent alors nos équipes. Ils intègrent ainsi une entreprise pérenne et en plein essor, dont l’informatique est la raison d’être qui a besoin de leurs compétences.

Il y a trois ans, nous avons lancé l’Université HP. Bien entendu, le personnel qui nous rejoint bénéficie pleinement de ces possibilités de formation et d’évolution. Cette initiative représente déjà plus de 5000 jours/homme par an ! Outre un site Internet accessible à tout moment, l’employé profite d’un suivi personnalisé. Enfin, nous collaborons également avec des écoles dans le cadre de cette initiative.

Nous travaillons actuellement pour ouvrir l’Université HP aux partenaires, en complément des diverses initiatives existantes pour les formations et certifications.


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Auteur : José Diz
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