Google lance son premier smartphone, le Nexus One

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Smartphone haut de gamme, le Nexus One est commercialisé directement par Google qui n’en cherche pas moins à renforcer ses partenariats avec les constructeurs.

Comme annoncé, Google a présenté, à 19 heures (heure française) depuis son siège de Mountain View, son premier smartphone entièrement conçu par ses soins et fabriqué par HTC, constructeur des premiers téléphones mobiles Android lancé à l’automne 2008. Derrière un confortable écran OLED de 3,7 pouces (480×800), le Nexus One est motorisé par un puissant processeur Qualcomm Snapdragon à 1 GHz avec 512 Mo de mémoire Flash et autant de mémoire vive. L’espace de stockage s’élève à 4 Go sur carte SD et pourra être étendu jusqu’à 32 Go.

L’appareil dispose également d’un trackball qui change de couleurs (jusqu’à trois) selon les alertes reçues (email, chat, SMS…). Un capteur photo de 5 mégapixels doté d’un flash et d’un marqueur géographique accompagne l’appareil qui dispose par ailleurs d’une batterie amovible de 1400 mAh. Et bien sûr, les interfaces de communication habituelles, wifi, 3G, Bluetooth, etc. Cerise sur le gâteau, il sera possible de personnaliser l’appareil en gravant au laser son nom ou autre (jusqu’à 50 caractères) au dos de l’appareil, histoire de s’attacher un peu plus à son téléphone.

Cette configuration matérielle haut de gamme sera animée par le système Android open source dans sa version 2.1 (Eclair). Celle-ci se distingue notamment par le support de la commande vocale, y compris pour la saisie de texte, la recherche en ligne ou l’indication de destination pour la navigation assistée. L’interface du smartphone s’enrichit de 5 panneaux personnalisables (au lieu de 3 jusqu’alors) et de nouveaux widgets. Un concept de fond d’écran dynamique par simple contact tactile est introduit tout comme de nouveaux effets 3D. Enfin, le Nexus One permet de basculer simplement des applications sociales (Facebook, Twitter…) aux communications, d’agréger les contacts depuis plusieurs sources et de disposer de plusieurs comptes Gmail et du support de Microsoft Exchange.

Bien sûr, l’appareil est livré avec Maps Navigation, l’application GPS de navigation à la volée contrairement à nombre de constructeurs qui adoptent Android pour s’empresser de remplacer l’outil de Google par celui d’un partenaire, généralement payant. Notons enfin la possibilité de capturer des vidéos en haut définition MPEG4 et de les transférer d’un clic sur YouTube mais aussi une version de Google Earth pour mobile et, bien sûr, l’accès à l’Android Market riche de plus de 18 000 applications à télécharger, gratuitement ou non. En revanche, le multipoint ne semble toujours pas être la priorité de Google.

Le Nexus One combine donc le meilleur de la technologie matérielle avec le plus récent des OS mobiles. Un smartphone haut de gamme commercialisé aux Etats-Unis 529 dollars nu (disponible en ligne chez Google même!) et 179 dollars avec un engagement de deux ans chez T-Mobile. Verizon Wireless aux Etats-Unis et Vodafone (actionnaire de SFR) en Europe figurent parmi les autres opérateurs partenaires. Si le Royaume-Uni, Singapour et Hong Kong bénéficient également du lancement du smartphone, son arrivée sur les autres marchés géographiques arrivera dans «les mois qui viennent» sans plus de précision.

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Malgré la vingtaine de terminaux Android sur le marché, Google doit estimer que les choses ne vont pas assez vite. D’où cette initiative de lancer son propre téléphone. Google a cependant bien conscience que le Nexus One risque de court-circuiter les affaires des constructeurs partenaires. D’où une approche en douceur avec un téléphone onéreux qui le limitera à une clientèle exigeante et permettra à l’entreprise de Mountain View de prendre la température du secteur avant d’avancer plus vite dans sa conquête du marché mobile.

Google a néanmoins dores et déjà annoncé qu’il prévoyait d’élargir les accords avec les opérateurs et espère concevoir d’autres terminaux avec divers constructeurs. Une manière de couper l’herbe sous le pieds de ses partenaires tout en continuant à les soutenir. La stratégie sera-t-elle suffisamment pertinante pour se mettre au niveau de l’iPhone d’Apple et des BlackBerry de RIM? A voir. Aujourd’hui, Google travaille avec 59 opérateurs dans 48 pays.


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