Le site Defense.gouv se met à DDoS des Anonymous

Sécurité

Le collectif de pirates, Anonymous, a revendiqué le blocage du site du ministère de la Défense hier et aujourd’hui pour venger la mort de Rémi Fraisse, militant contre le barrage de Sivens. Les autorités enquêtent.

Hier le site du ministère de la Défense a été inaccessible pendant quelques heures. La raison de ce blocage : un piratage en règle revendiqué par un groupe baptisé Operation GPII (Grands Projets Inutiles et Imposés) et qui se réclame du collectif Anonymous. Il dispose déjà d’un tableau de chasse qui comprend le Conseil Général de la Meuse (pour l’enfouissement de déchets nucléaires à Bure) et le Conseil Régional de Rhône-Alpes (pour la liaison Lyon-Turin), mais également des sociétés privées comme Vinci (pour l’aéroport Notre-Dame des Landes).

Un deuxième jour d’attaque

Le groupe a utilisé tous les médias sociaux pour faire part de son exploit. Twitter avec une mention spéciale adressée directement à Jean Yves Le Drian, ministre de la Défense. Mais aussi Pastebin pour expliquer les raisons de cette attaque. Il s’agit de représailles à la mort de Rémi Fraisse le 25 octobre dernier lors d’une manifestation contre la construction du barrage de Sivens. Le texte est sans ambiguïté. « Aujourd’hui, nous commençons une opération pour le venger. » Le dernier tweet du collectif montre que l’attaque s’est arrêtée hier à 18h00 pour reprendre aujourd’hui à 10h00. Selon nos constations, le site Defense.gouv.fr n’était plus accessible à 11h00, avec une reprise à 11h30. Le collectif a publié sur son compte Twitter, un rapport montrant le blocage du site.

Les autorités mobilisées

L’attaque aurait utilisé la méthode de saturation des serveurs. Selon une source citée par le quotidien 20 minutes, deux adresses IP auraient tenté de faire tomber les serveurs avec un envoi massif de requêtes. Ces adresses auraient été identifiées et signalées, assurait le journal hier. Il semble que le groupe de pirates soit parvenu une nouvelle fois ce matin à bloquer les serveurs avec la même méthode de déni de service. Du côté des autorités, le CALID (Centre d’analyse en lutte informatique défensive) est sur l’affaire et nul doute que l’ANSSI (Agence nationale pour la sécurité des systèmes d’information) a dû être sollicitée dans cette affaire.

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 Crédit Photo : Patrick Foto-Shutterstock

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