Logiciel : la croissance du Saas profite avant tout aux spécialistes

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Le SaaS (Software as a Service) représente 9% du chiffre d’affaires total du top 100 des éditeurs français établi par PwC, l’Afdel et le Syndicat national des jeux vidéos. La croissance est bien au rendez-vous, mais la transition vers le logiciel orienté service reste délicate et longue pour les éditeurs traditionnels.

Le classement annuel des 100 premiers éditeurs français réalisé par PricewaterhouseCoopers (PwC), l’Association française des éditeurs de logiciels et solutions Internet (Afdel) et le Syndicat national du jeu vidéo (Snjv) confirme l’essor du SaaS. Mais, malgré la croissance de ce marché, la transition vers le SaaS est ardue pour des acteurs qui peinent à atteindre une taille critique.

5 ans de transition

Le SaaS (Software as a Service) représente ainsi seulement 9% du chiffre d’affaires total des éditeurs du top 100 en 2013, soit trois points de plus par rapport à 2010. Et les revenus SaaS ont progressé de 13,80% à 452 millions d’euros entre 2012 et 2013. Cette croissance est nettement supérieure à celle du marché français du logiciel dans son ensemble (+1,3%), mais elle ralentit par rapport à la période précédente (+17,9% entre 2011 et 2012).

Dans un contexte économique difficile, « la croissance du SaaS est principalement le fait de pure players », explique à la rédaction Eric Ménard, responsable études et stratégie de l’Afdel. Les éditeurs traditionnels (on-premise software) se sont engagés, mais la transition vers un nouveau modèle de distribution, de la vente de licences aux abonnements, nécessite d’importants investissements et impacte les profits les premières années.  « La transition vers le SaaS prend en moyenne 5 à 6 ans » pour des éditeurs qui, dans leur grande majorité, « n’ont pas atteint la taille critique leur permettant de traverser sereinement cette période », ajoutent les analystes de l’Afdel et de PwC.

La Bourse et l’international

Les acteurs du SaaS sont les plus dynamiques à l’international (hors croissance externe). Et les 9 principaux éditeurs SaaS du Top 100 – Trace One, Oodrive, Talentsoft, Ivalua, EasyVista, Synertrade, Tinubu, Finance Active, SideTrade – ont enregistré une croissance comprise entre 24% et 115% en trois ans. Autre point positif, le SaaS attire fortement l’attention du marché.

GSL 100 Fr_SaaS

« Bien que les éditeurs métiers français de petites tailles soient encore valorisés une à deux fois leur chiffre d’affaires en moyenne, les éditeurs de SaaS connaissent des valorisations qui peuvent aller jusqu’à dix fois leur chiffre d’affaires », commente Edouard Bitton, associé chez PwC. « Les pratiques de valorisations démesurées qui ont cours dans la Silicon Valley commencent à se démocratiser sur le Vieux Continent. La montée en puissance du SaaS et du Big Data devrait amplifier ce phénomène. »

« On estime que d’ici 2016, environ 25% des achats de logiciels professionnels seront orientés service. Le SaaS pèsera pour 14% de l’ensemble des dépenses liées au logiciel et pour 18% du budget investi dans les applications », précise Pierre Marty, associé chez PwC en charge du secteur des technologies. « Le taux moyen de croissance annuelle pour le SaaS devrait être de l’ordre de 21%, ce qui laisse entrevoir le potentiel économique offert par ces solutions», assure-t-il.


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Auteur : Ariane Beky
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