Pourquoi le négociant en vin Advini met SAP Hana en bouteille

ERP

Tout pour Hana : ERP et BI. Auparavant équipé d’un progiciel métier spécialisé, Advini (220 millions d’euros de CA) passe à l’ERP et au In-Memory. Sur un périmètre très large et en mode Big Bang.

Hana du sol au plafond. Equipé jusqu’à présent d’un progiciel métier, le négociant en vin Advini (220 millions d’euros de chiffre d’affaires) a fait le choix de passer à un ERP du marché, SAP ECC 6, et de faire confiance à l’architecture In-Memory du premier éditeur européen, Hana. Aujourd’hui en pleine phase de conception détaillée, le négociant prévoit de mettre son nouvel ERP en production en juillet prochain. En mode Big Bang. Une démarche qui rappelle celle de Nature & Découvertes, lui aussi équipé d’outils spécifiques avant de migrer directement sur un ERP sur Hana.

DSI Advini
Grégoire de Jabrun, DSI d’Advini

« En termes d’investissement, c’est un très gros enjeu pour l’entreprise, confirme Grégoire de Jabrun, le DSI d’Advini qui s’exprimait lors d’un atelier organisé sur la convention USF (le club des utilisateurs SAP). Le périmètre du projet est très large ». De facto, le futur ERP couvrira les finances, le contrôle de gestion, les achats, la logistique, la gestion de chai ou encore la production et le contrôle de qualité. En parallèle, la société refond également son reporting, en misant sur la fusion des mondes OLTP et OLAP au sein de Hana. Il s’agit là de supplanter une batterie d’outils maison. « C’est un vrai changement culturel, relève le DSI. On ne parle plus de datawarehouse ou d’interfaces entre systèmes : les requêtes viennent interroger directement les tables ECC ». Avec Hana, plusieurs centaines de vues packagées sont fournies. « 80 % de ce dont on a besoin y figure déjà, même si de légères adaptations doivent être apportées », assure Grégoire de Jabrun.

De Hana vers Excel : une minute

En pratique, la connexion entre les outils de requêtage (Web Intelligence, BO Explorer et Analysis for Excel) et Hana passe par un modèle de données virtuel (le virtual data model) géré par un composant nommé Hana Live. « Au total, le projet de BI demandera 400 jours homme pour la mise en œuvre globale de la première version des outils de reporting, explique Pascal Matuszak, directeur de projet chez CGI, l’intégrateur retenu par Advini. C’est très différent de ce qu’on observe en passant par BW et consorts : les développements sont beaucoup plus simples avec Hana ». Et de parler d’un rapport allant de 1 à près de 3. Grégoire de Jabrun, lui, relève la facilité à plugger les outils de reporting aux vues virtuelles Hana. « Sur Excel, cela ne demande pas plus d’une minute ». « Même si on récupère alors aussi les limites d’Excel », s’amuse Pascal Matuszak. Donc des planages en cas de tentative de chargement de données trop volumineuses.

Pour CGI, qui produisait lors de cet atelier de la convention USF un tableau comparant les avantages et inconvénients d’une BI sur Hana ou sur BW, le principal bénéfice réside dans la flexibilité de la solution In-Memory. « Pour les besoins en reporting non couverts en standard – et ils existent car nous sommes ici dans un domaine très spécifique, le vin -, il est désormais plus rapide et flexible de les développer directement dans Hana plutôt qu’en Abap », assure Pascal Matuszak. Chez Advini, c’est par exemple le cas avec la gestion de chai, qui a nécessité environ une semaine de développement sur la plate-forme In-Memory. A ce jour, le négociant ne prévoit pas de développer le moindre reporting en Abap.

Appropriation express par la DSI

Selon CGI, l’appropriation de Hana Live par une DSI serait également bien plus simple que celle de BW. L’intégrateur estime que 4 semaines suffisent, là où le datawarehouse de SAP demande environ un an. « La réalité n’est peut être pas aussi rose, car nous ne sommes pas encore allés au bout de l’exercice », tempère toutefois Pascal Matuszak. En revanche, Hana Live ne propose pas, contrairement à BW, d’outil de stockage des données dans différents états, utile notamment pour construire des tendances. Il faut se tourner vers un outil externe. Grégoire de Jabrun indique être en réflexion sur le sujet et envisage d’exploiter SQL Server pour ce faire.

Côté transactionnel, Advini entend miser sur les processus dopés par le In-Memory que propose SAP dans ECC 6 (analyse de profitabilité CO-PA, rapprochement entre factures et écritures comptables…). La société ne va toutefois pas déployer tout de suite Simple Finance (une réécriture du module pour Hana, récemment dévoilée par l’éditeur). « La performance de la technologie Hana va aussi nous être utile sur des traitements lourds, comme le MRP (planification des ressources de production, NDLR) », estime Pascal Matuszak. La taille de la base de données Hana d’Advini restera toutefois modeste : elle sera comprise entre 100 et 150 Go, selon Grégoire de Jabrun. Une réduction de 30 % par rapport à la situation actuelle.

Crédit photo : FreeProd33 / Shutterstock

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