Oracle dévoile la feuille de route des produits Sun

Suite au rachat de Sun Microsystems par Oracle, la grande question est de savoir ce que vont devenir les produits de Sun. Le processus d’acquisition étant achevé, Oracle peut maintenant dévoiler ses plans. Commençons tout d’abord avec l’aspect matériel, qui est quelque peu décevant en termes d’annonces.

John Fowler, vice-président directeur hardware engineering, rappelle que les serveurs

Sun SPARC sont largement utilisés dans le monde des applications critiques où ils détiennent de nombreux records. Il promet un important investissement sur les serveurs SPARC. Les serveurs x86 ne seront toutefois pas oubliés et devraient renforcer leur présence au sein d’offres visant le marché des clusters.

En parallèle, un important travail sera réalisé sur Solaris, lequel portera sur plusieurs points : tolérance de panne, sécurité, virtualisation… L’accent sera également mis sur ZFS et DTrace, deux technologies phares de ce système d’exploitation. Le but est, sans surprise, de faire de Solaris le leader des systèmes d’exploitation dédiés aux applications critiques.

Enfin, John Fowler est revenu sur le stockage en se focalisant sur les appliances 7000 ZFS et leurs excellentes performances sous Oracle. Rien de neuf toutefois, puisqu’il s’agit des Sun Storage 7000, une gamme disponible depuis de nombreux mois.

Mike Splain, vice-président senior microelectronics, enchaine sur l’état du développement des processeurs SPARC. Il explique que la feuille de route de ces puces sera accélérée. La compagnie souhaite finaliser rapidement les projets en cours, afin de se concentrer sur une nouvelle problématique : l’optimisation du processeur pour les applications (en particulier celles d’Oracle).

Plus de cœurs et de mémoire cache, une fréquence de fonctionnement supérieure, l’adoption de la gravure en 28 nm : tous ces éléments font maintenant partie de la feuille de route de l’UltraSPARC… Il n’y manque que la date de disponibilité des futurs composants. Dans le même temps, Fujitsu fera bien entendu évoluer sa gamme SPARC64, en collaboration avec Oracle.

La stratégie logicielle est le domaine de Thomas Kurian, vice-président directeur product development chez Oracle. Dans ce domaine, il a passé en revue les offres des deux compagnies. Pour la plupart des produits, rien ne change : les logiciels d’Oracle et de Sun Microsystems vont cohabiter, avec quelques rares rapprochements. Il nous fait ainsi le catalogue des offres des deux compagnies, chaque page de présentation étant ornée d’un laconique « No change in support timelines or distribution model for Sun products ».

Seule grosse exception à cette règle, Oracle Enterprise Manager et Sun Ops Center, deux outils complémentaires, deviendront interopérables, avant de purement et simplement fusionner. Une annonce importante pour les clients des deux sociétés.

Un des sujets clés de son intervention reste toutefois Java. Présent au sein de plus de 840 millions d’ordinateurs, de 2,6 milliards de téléphones et de 5,5 milliards de cartes, Java est sans contexte la plate-forme de programmation la plus utilisée au monde. C’est également celle qui compte le plus de développeurs : 9 millions!

Concernant Java, les plans d’Oracle sont bien plus clairs que ceux concernant le secteur hardware. La firme veut rapidement mettre en ligne Java SE 7. Au menu, une plate-forme plus modulaire, qui supportera de multiples langages de programmation, pourra tirer profit des architectures multicœurs et proposera de meilleures performances. Pour atteindre ces objectifs, Oracle reprendra le meilleur des technologies HotSpot (Sun Microsystems) et JRockbit (Oracle). Java ME, solution dédiée aux terminaux mobiles, se rapprochera également de Java SE. Les deux offres proposeront ainsi les mêmes interfaces de programmation. Oracle promet aussi d’améliorer les performances de Java ME : temps de chargement plus court, consommation d’énergie et de ressources en baisses, etc.

La compagnie se veut encore plus agressive concernant JavaFX. Cette technologie moderne permet de créer des applications Internet riches. Un outil de création d’interfaces graphiques sera livré, ainsi qu’un large ensemble de composants. Le tout sera interopérable avec Java, JavaScript et l’HTML 5. Plus souple, plus facile à utiliser et offrant plus de possibilités, JavaFX est un élément important de la stratégie Java d’Oracle.

Du côté des serveurs d’applications Java, la firme promet de séparer clairement les deux offres : GlassFish restera un produit léger, centré sur Java EE 6, alors que les solutions WebLogic se concentreront sur la haute disponibilité et les applications critiques.

Edward Screven chief corporate architect est une personne aux multiples casquettes : virtualisation, systèmes d’exploitation et open source. Il commence tout d’abord par faire le point sur le futur des projets open source autrefois développés par Sun Microsystems.

Les déclarations concernant MySQL sont succinctes : son développement sera placé entre les mains de l’unité gérant les projets open source, qui se chargera d’améliorer ce produit. C’est toutefois dans le domaine de l’intégration et du support que MySQL progressera le plus. Il fera ainsi partie de la pile Oracle et pourra interagir avec les outils de gestion, de sauvegarde et d’analyse de la firme. C’est une bonne nouvelle, MySQL devenant ainsi plus professionnel. Toutefois, le risque est grand de le voir vivre dans l’ombre de la base de données d’Oracle.

La suite bureautique OpenOffice.org est un produit à part, qui trouve difficilement sa place au sein du catalogue d’Oracle. La firme a trouvé une solution simple à ce problème, puisque ce produit sera géré au sein de sa propre unité. Les plans de promotion, développement et support seront maintenus. Cette suite bureautique devrait également rejoindre l’offre Oracle Cloud Office, qui comprendra des outils desktop, web et mobiles.

Dans le monde des systèmes d’exploitation, la grande nouveauté est que la compagnie dispose maintenant de deux offres : Solaris (plus de 50.000 clients) et Oracle Enterprise Linux (plus de 4.000 clients). Un avantage concurrentiel indéniable. La firme peut ainsi distribuer les deux systèmes d’exploitation open source les plus populaires du marché : Solaris côté UNIX et Linux du côté de ses clones. Optimisations et support technique seront assurés suivant un même modèle. Une annonce intéressante.

Dernier sujet abordé par Edward Screven, celui de la virtualisation (et par extension, le monde du cloud computing). Grâce à Sun Microsystems, Oracle gagne une offre complète pour la virtualisation desktop. La solution Xen de Sun est toutefois redondante avec celle d’Oracle. Tous ces produits rejoignent donc la famille Oracle VM : Oracle VM Server for SPARC, qui exploite la technologie LDoms des processeurs SPARC, et Oracle VM Server for x86, basé sur Xen. Nouveauté intéressante, la version x86 d’Oracle VM Server supportera dorénavant les machines virtuelles fonctionnant sous Solaris. À terme, l’ensemble de ces produits sera géré et administré à partir des mêmes outils. Notez que VirtualBox rejoint également la famille Oracle VM.

Enfin, les clients légers Sun Ray seront toujours de la partie. Une seconde chance pour Oracle, qui avait connu un important revers avec ses network computers.

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