Perquisitions de l’Autorité de la Concurrence chez Numericable-SFR

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Les conditions de rachat de SFR par Numericable intéressent de nouveau l’Autorité de la concurrence qui a lancé une perquisition dans les locaux du groupe.

La situation ne s’arrange guère chez Numericable-SFR. Le groupe est actuellement frappé par une perquisition, nous apprend une dépêche AFP. Sont concernés les locaux de Numericable à Champs-sur-Marne, de SFR à Saint-Denis, et de Virgin Mobile à Levallois-Perret, nous confirme Olivier Lelong, délégué syndical CFDT SFR. Cette perquisition est menée par l’Autorité de la concurrence avec la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) dans le cadre d’une enquête sur les conditions de rachat de SFR par Numericable Group, il y a 1 an. Virgin Mobile avait également été racheté par Numericable en 2014.

« Tous les bureaux des membres du comité exécutif ont été scellés et les ordinateurs embarqués, nous indique une source syndicale qui dit tomber des nues. Et ça descend dans les différentes strates de l’entreprise, notamment au marketing, chez les équipes qui travaillent sur la box et celles du SI. »

l’Autorité de la concurrence en alerte

De son côté, l’Autorité de la concurrence reconnaît « des opérations de visite et de saisie dans le secteur des télécoms », rapporte l’AFP. Sans autres précisions sur les sociétés visées et l’objet de ces opérations ni leur origine. Récemment, le Syntec saisissait le Médiateur des relations interentreprises à cause des pressions que le câblo-opérateur exerce sur ses fournisseurs depuis l’arrivée des équipes d’Altice, la holding propriétaire de Numericable-SFR, à la tête du nouveau groupe. Néanmoins, rien ne permet pour le moment d’établir une relation entre l’initiative du Syntec et l’opération surprise du gendarme de la concurrence.

En début d’année, ce dernier s’était déjà penché sur le dossier Numericable-SFR pour vérifier que le groupe respectait bien les conditions imposées pour valider l’opération à 13,5 milliards d’euros. Les sages de la rue de l’Echelle s’intéressaient notamment aux conditions dans lesquelles la filiale d’Altice entendait se séparer d’Outremer Telecom pour palier à la position dominante de l’opérateur à la Réunion et Mayotte. Il lui était notamment reproché de gonfler les tarifs de ses forfaits en vue de faire fuir les clients (potentiellement récupérés par SRR, la filiale outremer de SFR) avant de vendre l’activité. Début février, Numericable-SFR était finalement revenu sur sa stratégie. Néanmoins, l’Autorité de la concurrence entendait poursuivre l’instruction du dossier. Une instruction qui s’étend aujourd’hui au siège des différentes entités du groupe.


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crédit photo © Patrick Tourneboeuf

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