Numericable-SFR à nouveau sous les feux de l’Autorité de la concurrence

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L’Autorité de la concurrence soupçonne Numericable-SFR de dégrader artificiellement la valeur d’Outremer Telecom que le groupe doit vendre conformément à ses obligations.

Près de trois mois après le feu vert de l’Autorité de la concurrence, l’institution remet son nez dans la gestion de l’acquisition de SFR par Numericable Group (Altice). Les sages de la rue de l’Echelle viennent de s’autosaisir pour examiner comment le nouveau groupe exécute certaines conditions relatives à l’opération de fusion.

Il s’avère en effet que l’acquisition de SFR entrainait également celle de sa filiale SRR, opérateur à Mayotte et à la Réunion. Altice, maison mère de Numericable, est également propriétaire d’Outremer Telecom depuis juillet 2013. Une situation qui place le groupe en position largement dominante avec 66% du marché à la Réunion et 90% à Mayotte. Une position trop dominante pour l’Autorité qui avait donc exigé que Numericable-SFR s’engage à se séparer des activités de téléphonie mobile d’Outremer Telecom (Only) pour valider l’opération d’acquisition.

Risque de dégradation artificielle

Si le processus de cession est effectivement engagé, plusieurs offres de reprises ayant été déposées, « l’Autorité s’interroge sur les conditions qui président à cette cession », indique la rue de l’Echelle. La raison de ces interrogations ? Le risque de dégradation économique d’Outremer Telecom artificiellement provoqué par son propriétaire qui pourrait entraîner une défection des repreneurs potentiels.

La Concurrence met en effet en avant les augmentations tarifaires que Outremer Telecom a appliquées le 1er janvier 2015. « Ces hausses tarifaires ouvrent pour les clients concernés un droit de résiliation anticipé de leur abonnement », rappelle l’Autorité. Un droit qui pourrait entraîner une vague de départs des abonnés qui se tourneraient alors vers la concurrence. Dont SRR (SFR) potentiellement, permettant ainsi au groupe de Patrick Drahi de récupérer une partie des clients d’Outremer Telecom avant de s’en séparer.

C’est la compatibilité de cette manœuvre avec les obligations souscrites par Numericable qui pousse donc l’Autorité de la concurrence à replonger dans le dossier afin de « vérifier le respect de cet engagement ». Pour l’heure, rien n’indique que ce nouvel examen entrainera des conséquences sur l’opération de fusion. L’Autorité dispose néanmoins de plusieurs outils pour corriger la situation : retirer la décision validant l’opération d’acquisition; obliger, sous astreinte, l’entreprise à exécuter ses engagements; coller une amende financière qui peut aller jusqu’à 5% du chiffre d’affaires de l’entreprise. Une décision qui serait très dommageable alors qu’Altice doit rembourser une dette colossale de 19 milliards d’euros (dont 11,6 milliards pour Numericable-SFR acquis 13,5 milliards auprès de Vivendi).


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