Sopra – Steria : feu vert pour la fusion des deux SSII

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En réunissant environ 80 % des actions de sa cible, Sopra franchit avec succès le premier jalon menant à sa fusion avec Steria. Place maintenant au rapprochement opérationnel entre les deux sociétés.

L’Autorité des Marchés Financiers (AMF) a publié hier un avis attestant du succès de l’offre publique d’échange de Sopra sur les actions Steria. A l’issue de l’opération, le 30 juillet, la SSII de Pierre Pasquier a reçu près de 80 % des titres de sa cible, représentant près de 70 % des droits de vote. Pour être un succès, l’opération devait dépasser le seuil de 60 % du capital et des droits de vote. A l’issue de cette première étape, Sopra va rouvrir l’offre – selon un calendrier que doit encore préciser l’AMF – aux mêmes conditions (1 action Sopra pour 4 actions Steria) afin d’acquérir la totalité des actions de sa cible.

Pour Pierre Pasquier, président de Sopra, ce premier jalon doit permettre d’intensifier la collaboration entre les deux groupes, « afin de présenter prochainement le projet d’organisation du futur ensemble ». Dans les faits, l’intégration a déjà commencé, les deux sociétés ayant déjà clarifié le futur organigramme, dans lequel Pierre Pasquier sera président du conseil d’administration, François Enaud directeur général et Vincent Paris (actuel n°2 de Sopra) directeur général délégué.

n°3 en France, n°10 en Europe

Le nouvel ensemble affichera un chiffre d’affaires combiné de 3,1 milliards d’euros et un effectif de 35 000 collaborateurs dans 24 pays, dont environ 15 000 en France. Pierre Pasquier et François Enaud tablent sur « de très fortes complémentarités métiers et géographiques » permettant de générer des économies opérationnelles annuelles de 62 millions d’euros essentiellement réalisées grâce à la mutualisation des achats et des ressources.

En France notamment, le nouvel attelage devrait monter sur le podium des principales SSII de l’Hexagone, derrière Capgemini et IBM, chipant la troisième place à Atos si on se réfère aux récents résultats semestriels des SSII. Rappelons qu’Atos avait tenté de contrer l’offensive de Sopra sur Steria, mais son offre avait été repoussée par la direction de cette dernière.

Ainsi renforcé, Sopra prévoit également d’entrer dans le Top 10 européen, en s’intercalant entre Fujitsu (9ème) et CSC (actuel 10ème). L’apport de Steria permettra à Sopra de se renforcer significativement en Allemagne et, surtout, en Grande-Bretagne, devenue, suite au rachat de Xansa, la première implantation de la SSII dirigée par François Enaud (355 millions d’euros au premier semestre, en croissance de près de 20 % sur un an). Tandis que Sopra ne réalise qu’environ un tiers de son activité hors de France (8 % en Grande-Bretagne).

Les deux groupes se fixent comme objectif d’atteindre un chiffre d’affaires de 4 milliards d’euros et une marge opérationnelle voisine de 10 %. Sans toutefois se fixer d’échéance. Rappelons que Sopra affichait en 2013 une marge de 8,1 %, contre 6,3 % pour Steria.

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