Stanislas de Bentzmann (Devoteam) : « L’IT prend une place colossale au sein des entreprises »

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Stanislas de Bentzmann (Devoteam) : l’IT monte en puissance dans les entreprises

Entretien avec Stanislas de Bentzmann sur l’activité et l’avenir de Devoteam, ainsi que sur la transformation du marché informatique, initiée par les nouveaux usages et accélérée par la crise.

Stanislas de Bentzmann, cofondateur et coprésident du directoire du groupe Devoteam, nous a brossé le portrait de cette société de services informatiques. Cette dernière s’est initialement spécialisée dans l’ingénierie télécoms.

Plus de 15 ans après sa création, ses activités se sont diversifiées. L’ingénierie – au sens large – forme la moitié de son chiffre d’affaires (environ 3000 consultants). Les activités régie et conseil représentent respectivement 30 % et 20 % du CA. Devoteam s’adresse pour l’essentiel aux grands comptes.

Une transformation profonde

La société prend en charge des projets, mais également la gestion des infrastructures. « Nous assurons l’optimisation et la transformation des infrastructures », précise Stanislas de Bentzmann. Toutefois, l’optimisation du SI et la réduction des coûts se conjuguent de plus en plus avec l’externalisation et l’adoption de services en mode SaaS.

Si Devoteam peut accompagner les entreprises dans cette transformation, celle-ci lui enlève des sources d’activités. « Le marché est en transformation rapide, indique notre interlocuteur. Il est en phase d’industrialisation des offres. » Un changement qui se traduit par une « pression sur les prix et sur les défraiements accordés aux experts ».

La crise : catalyseur de cette transformation

La crise est-elle à l’origine de cette réduction des coûts et induit-elle cette industrialisation des offres informatiques ? « Non », estime Stanislas de Bentzmann. Selon lui, le mouvement est plutôt inverse : c’est l’industrialisation de l’IT qui provoque – mécaniquement – une pression sur les coûts. « La crise est toutefois un révélateur et un accélérateur de ce phénomène », précise-t-il.

Pourquoi cette industrialisation ? « Cette transformation est une vague de fond, accélérée par le cloud, la mobilité, le collaboratif… L’IT prend une place colossale au sein des entreprises. Ceci impose de passer d’un modèle artisanal vers des méthodes industrielles. »

Bien évidemment, tout ne peut être externalisé. Les processus stratégiques ont ainsi de grandes chances de rester gérés en interne, et donc mis en place selon des méthodes « artisanales ».

Changer de business model

Cette transformation est-elle un danger pour Devoteam ? Pas sur 2011, la société ayant présenté des chiffres en progression. Ni même sur le trimestre qui vient de se clore, où le chiffre d’affaires atteint les 132,6 millions d’euros, en baisse de 0,9 % par rapport à la même période de l’année 2011.

Devoteam n’en prépare pas moins un virage profond, qui fera l’objet d’une communication début juillet, avec la définition d’une vision à trois-cinq ans, ainsi que d’objectifs à trois ans (mais aucun sur 2012, considéré comme une année de transformation pour la firme). « Nous devons revisiter notre business model et recréer de la valeur pour les clients », explique Stanislas de Bentzmann.

Bien négocié, ce changement peut devenir une opportunité. Cette transformation de l’IT induit en effet de nouveaux besoins en termes d’uniformisation IT, avec l’interconnexion de composants issus de fournisseurs et éditeurs variés. Bref, de l’ingénierie de (télé)communication, la spécialité première de Devoteam.

Crédit photo : © Silicon.fr


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