Teratec 2014 : le HPC à la recherche de nouvelles terres de croissance

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Le forum Teratec, dédié au monde du HPC, est en pleine évolution. Les technologies continuent de changer, de nouveaux segments de marché manifestent leur intérêt pour le calcul intensif. La France entend bien profiter de cette redistribution des cartes avec le plan supercalculateur.

C’est sur le campus de Polytechnique, à Palaiseau, que le forum Teratec a tenu sa 9ème édition. Tout le monde du HPC (High Performance Computing) est venu pendant 2 jours discuter, échanger, apprendre sur ce marché en pleine croissance. Selon IDC, le marché mondial du HPC représentait 10,3 milliards de dollars en 2013 et devrait atteindre 14 milliards en 2017. Fort de ces prévisions, le forum Teratec a débuté ses travaux sur l’annonce, il y a quelques semaines, du plan supercalculateur au Gouvernement.

Un plan pour l’avenir du HPC

Ce projet fait partie des différents plans industriels proposé dans le cadre de la Nouvelle France Industrielle. Le plan supercalculateur a été coordonné par Gérard Roucairol, président de l’Académie des Technologies et ancien directeur scientifique du groupe Bull. Pour lui, ce plan « doit profiter d’une double rupture, la première est d’ordre technologique avec une combinaison de recherches sur le parallélisme massif, sur la consommation énergétique des équipements et sur leur résilience ». Il ajoute que « la seconde rupture concerne le marché même de la simulation numérique. Elle était traditionnellement regroupée autour de grands pôles comme l’aéronautique, l’énergie ou l’automobile. Ces activités représentent 80% du HPC, mais dans une dizaine d’années, elles ne participeront qu’à hauteur de 20% du HPC en France ».

Extension du domaine du calcul intensif

Alors quels sont ces futurs usages qui ont été placés dans le plan supercalculateur ? Ils sont au nombre de 6, dans des domaines très variés. Chistian Saguez, fondateur de l’association Teratec, évoque notamment le domaine du végétal : « le HPC est utilisé pour produire et exploiter mieux et de manière durable avec la prise en compte des ressources comme l’eau, les nouvelles maladies, la génération de gaz à effet de serre, l’anticipation de phénomènes météo, etc. ». Il souligne que le plan « doit permettre de développer les outils logiciels pour créer un véritable PLM du végétal comme cela a été fait pour la partie industrielle ». Autre exemple de développement du calcul intensif, les systèmes urbains, c’est-à-dire la capacité à « gérer les activités humaines dans la ville », souligne Hervé Mouren, ancien directeur de Bull et aussi membre de l’association Teratec. L’idée est de créer une base de logiciels cohérents et interopérables pour planifier et piloter certaines activités (énergie, eau, déchet, transport, sécurité, communication, etc) en temps réel. Ces outils peuvent apporter des éléments « dans le cadre d’un dialogue participatif entre les habitants et les politiques par exemple », constate Hervé Mouren dépassant ainsi le seul cadre technologique.

Diffusion et formation

Si on ajoute le domaine de la santé, de la simulation des matériaux, du multimédia et des industries manufacturières plus l’énergie, le plan supercalculateur a de grandes ambitions. Il n’oublie pas l’aspect diffusion et formation. Sur le premier point, Pascal Faure, directeur général de la DGE (direction générale des entreprises), a été formel : « le HPC doit être accessible aux PME et les ETI qui en ont besoin pour leur productivité ». Une manifestation d’intérêt sur le sujet s’est clôturée le 13 juin dernier pour adopter un mécanisme en faveur de l’accès des PME et ETI. « Pas uniquement sur les ressources, mais également sur les aspects logiciels et expertises », note Christian Saguez. Les projets sont en cours de finalisation. Sur la partie formation, plusieurs écoles, dont Polytechnique et l’INPG de Grenoble, vont développer des mastères spécialisés sur le sujet. Il y a aussi la volonté de créer un socle commun pour les écoles d’ingénieurs avec la réalisation de MooC sur le HPC.

En attendant les puces ARM 64bits

A travers le plan, c’est tout un écosystème qui se met en marche avec des aides de l’Etat à la clé. Les spécialistes du HPC étaient donc présents dans les allées du salon pour montrer et démontrer leur savoir-faire en la matière. Pour Philippe Trautman, responsable des ventes HPC chez HP, « le plan supercalculateur est une opportunité sur un plan industriel et nous allons y travailler avec une démarche de collaboration avancée notamment en matière d’ingénierie ». Le constructeur mise beaucoup sur le HPC pour compenser la décroissance du marché classique des serveurs en présentant récemment sa gamme Apollo à Las Vegas. Il travaille également sur les puces ARM 64 bits. Mais, pour Philippe Trautman, « il faudra encore attendre une génération de puces avant d’arriver à avoir un TCO comparable aux puces Intel ». Un avis partagé par Naoya Tamura, responsable HPC Global chez Fujitsu qui pointe « le manque de maturité de l’écosystème logiciel autour des solutions ARM ». Le constructeur japonais veut renouer avec le marché français, nous avoue M. Tamura, après avoir été très présent dans des comptes comme Météo France ou EDF.

En route vers l’exascale

Enfin terminons, par l’exascale, c’est-à-dire la capacité à traiter 1 puissance 18 opérations par seconde. Le plan appelle de ses vœux la création d’une structure française capable d’atteindre cette capacité. Bull fait partie des prétendants avec des annonces attendues avant la fin de l’année sur ce sujet. Fujitsu est également en lice avec l’expérience du supercalculateur K qui dispose de plus de 10 pétaflops. Pour HP, l’exascale passera par le développement d’autres produits comme « The Machine », intégrant des memristors et des puces photoniques. L’exascale n’est pas attendu avant 2020.

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