Test comparatif Internet Explorer 9: Microsoft revient-il dans la course?

Une version de test d’Internet Explorer 9 a été mise en ligne lors du MIX10 de Las Vegas. Selon Microsoft, cette mouture préliminaire lui permet de revenir dans la course aux performances. Voilà qui mérite d’être vérifié.

Après avoir fait le tour des parts de marché des différents butineurs et de leurs stratégies en terme de respect des standards, nous allons comparer la vitesse des moteurs JavaScript de chacun d’entre eux. Nous avons mis en lice les versions de développement les plus récentes des navigateurs web suivants : Internet Explorer 9 (1.9.7745.6019) du 21/03/2010, Chrome 5.0.356.2 du 19/03/2010, Firefox 3.7a4 (1.9.3a4pre) du 20/03/2010, Safari 4.0.5 + WebKit r56194 du 19/03/2010 et Opera 10.51 RC3 (r3315) du 18/03/2010.

Parts de marché

partsdemarche.png

Au niveau mondial, les parts de marché d’IE continuent à chuter depuis notre comparatif de janvier. Pour la première fois en de nombreuses années, celles de Firefox baissent également. La montée de Chrome (mais aussi celle – moins importante – de Safari) est l’élément qui explique ce changement. Ce phénomène est encore plus accentué en Europe, où les alternatives à IE sont particulièrement populaires. Merci le ballot screen ?

Respect des standards

En terme de mesure du respect des standards, le test Acid3 est aujourd’hui un bon élément de comparaison. Sans surprise, Internet Explorer 9 est toujours à la traine, avec un petit score de 55 points. C’est toutefois un net progrès face aux 20 points d’Internet Explorer 8.

Comment Microsoft explique-t-il ce phénomène ? Les développeurs de la firme souhaitent implémenter un support complet de l’HTML5 et des CSS3, mais sans sauter des étapes importantes (espérons qu’ils n’oublieront pas les canevas). Ils donnent en exemple les bords de blocs arrondis, qui font enfin leur entrée au sein d’IE 9. Les autres butineurs implémentent cette fonctionnalité depuis des lustres. Toutefois, un rapide test permet de constater que peu le font correctement et aucun lorsque des animations entrent en jeux.

IE 9 qui s’érige en donneur de leçons ? Les développeurs de solutions alternatives risquent fort de ne pas apprécier. À charge pour eux de rectifier le tir. Dans l’intervalle, Microsoft compte insérer de multiples nouveautés au sein de son moteur de rendu HTML, avec comme objectif un score de 100 points au test Acid3. Ces nouveautés arriveront au fil des versions de développement.

respectdesstandard.png

Test de performance SunSpider

Nous avons comparé la vitesse du moteur JavaScript des futures versions d’Internet Explorer, de Firefox, de Chrome, de Safari et d’Opera. Chacun de ces produits est plus rapide que Firefox 3.6, qui nous sert ici de référence, y compris IE 9 ! Il faut admettre que cela n’était plus arrivé depuis longtemps.

La surprise s’arrête toutefois là, IE 9 fermant la marche derrière la toute dernière version de développement de Firefox… qui le coiffe au poteau. Il n’est toutefois pas certain que le navigateur de la fondation Mozilla conserve son avance. Chakra (le moteur d’IE 9) s’est en effet montré jusqu’à dix fois plus véloce que ses concurrents dans le domaine du calcul pur et jusqu’à deux fois moins rapide dans d’autres secteurs, comme le traitement d’expressions régulières. Bref, les ingénieurs de Microsoft ont développé une excellente base, seuls des éléments périphériques restant à optimiser. Or, ils ont d’ores et déjà annoncé travailler dans ce sens.

Quoi qu’il en soit, nos cinq protagonistes proposent des moteurs JavaScript efficaces, dont les performances sont maintenant bien plus proches que précédemment. Voilà qui plaira aux internautes comme aux concepteurs de sites web.

testsunspider.png

Internet Explorer 9 semble enfin proposer des performances proches de celles des autres navigateurs. Mais pourquoi les médias et les analystes se sont-ils enflammés suite à la présentation de ce produit ? Peut-être tout simplement parce que Microsoft adopte une vision globale de l’optimisation de son butineur.

Il ne faut tout d’abord pas oublier qu’un navigateur web ne se résume pas à son seul moteur JavaScript. Historiquement, le moteur de rendu HTML d’Opera est souvent le plus véloce, alors que la pile d’accès réseau d’IE dame le point à ses concurrents. Or ces éléments comptent pour beaucoup dans les temps de chargement et de rendu d’une page web.

Microsoft l’a bien compris. La compagnie propose un double moteur JavaScript. L’interpréteur commence à exécuter le code pendant que le compilateur – qui tourne en tâche de fond (une manière habile d’exploiter au mieux les configurations multicœurs) – fait son travail. Dès qu’il a terminé, le code compilé prend le relai. Bénéfice ? La page est plus rapidement disponible.

Autre avancée, l’intégration de l’accélération graphique matérielle. Les premiers résultats montrent que la vitesse de rendu des pages est en très net progrès. Les animations sont plus fluides et le processeur central moins chargé. Ce sera autant de temps de calcul libéré pour d’autres tâches… par exemple l’exécution du code JavaScript. CQFD. Certes, Firefox et Opera devraient rapidement proposer de telles fonctionnalités. Mais s’appliqueront-elles aussi au SVG ?

Dernier élément ; la gestion de médias. Microsoft a fait la démonstration d’un codec H.264 capable de décoder un flux HD sans saccades sur un simple netbook, chose qu’aucun navigateur (ni aucun autre codec Windows) ne permet aujourd’hui. Sur des machines rapides, ce sont là encore des cycles processeur qui seront libérés pour d’autres tâches, bref, l’exécution du code. Notez que le codec H.264 sera livré avec une version de test ultérieure d’IE 9.