Thorsten Heins prend la tête de RIM/BlackBerry

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RIM a profité du week-end pour remanier son équipe directionnelle. Thorsten Heins aura la lourde tâche de remettre le constructeur des BlackBerry sur les rails du succès. Les cofondateurs Mike Lazaridis et Jim Balsillie restent néanmoins présents.

Finalement, ce ne sera pas Barbara Stymiest, un temps pressentie, mais Thorsten Heins (notre photo) qui prend désormais la tête de RIM (Research in Motion) en tant que PDG, a annoncé l’entreprise hier, dimanche 22 janvier. Issu de Siemens Communications Group, Thorsten Heins, aujourd’hui âgé de 54 ans, avait rejoint le constructeur des BlackBerry en décembre 2007 en tant que vice-président senior responsable de l’ingénierie matérielle, avant d’être nommé directeur général produits et ventes en août 2011.

« Dans toute réussite d’une entreprise développée par les fondateurs, il vient un moment où on entre dans une nouvelle ère de croissance et où il est temps que les fondateurs passent le relais à une nouvelle direction », a déclaré Mike Lazaridis par voie de communiqué. Lequel conserve, avec Jim Balsillie, l’autre cofondateur de RIM, un rôle dans la stratégie de l’entreprise. Mike Lazaridis devient vice-président du conseil d’administration et président du nouveau comité du conseil de l’innovation. À ce titre, il est appelé à collaborer étroitement avec le nouveau dirigeant. « Mike a créé une toute nouvelle façon de communiquer et je me réjouis de poursuivre notre étroite collaboration », déclare Thorsten Heins. Pour sa part, Jim Balsillie se contentera de maintenir sa présence au sein du conseil d’administration et se réjouit d’apporter « tout son soutien » au nouveau PDG.

De 30 % à 17 %

Ce dernier aura la lourde tâche d’arrêter, voire d’inverser, la fuite des consommateurs. En 2011, pressurisée par l’incontournable succès de l’iPhone et d’Android, la part de marché des terminaux BlackBerry est passée de 30 % à 17 %. Et la valeur du titre boursier de l’entreprise canadienne a perdu 73 % sur la période, souligne ITespresso.fr. RIM doit aussi assumer l’échec de sa stratégie tablette. Le groupe a dû débloquer 485 millions de dollars pour compenser les invendus de la PlayBook.

En 2012, RIM compte sur l’adoption de son environnement BlackBerry 7 (dont la version 7.1 a été lancée lors du CES 2012) et les prochains terminaux qui en bénéficieront, sur la future PlayBook 2.0 (il se murmure que deux formats, 7 et 10 pouces, sont en préparation) attendue pour février (probablement à l’occasion du Mobile World Congress de Barcelone) en attendant la finalisation de BlackBerry 10, l’OS qui unifiera les environnements smartphones et tablettes qui, victime de retards de développement, n’est pas attendu avant la fin de l’année.

Accélérer l’innovation

Cela ne suffira probablement pas. L’analyste Nick Dillon du cabinet Ovum signalait à Silicon.fr que RIM « doit accélérer ses changements et proposer une plate-forme plus attractive ». Thorsten Heins saura-t-il accélérer la cadence ? Quant à Barbara Stymiest, membre du conseil d’administration de RIM depuis 2007, elle en devient la présidente indépendante en remplacement de John Richardson qui reste membre. Un bureau qui compte désormais 11 membres avec l’arrivée de Prem Watsa, directeur général de Fairfax Financial Holdings. 2012, année de la vérité pour RIM ?

Crédit photo : RIM


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