Twitter : les 4 raisons du succès d’une IPO

Régulations

L’action Twitter a gagné près de 73 % lors de sa première séance de cotation à la Bourse de New York, valorisant 25 milliards de dollars le réseau social fondé en 2006. En optant pour une introduction prudente au NYSE, Twitter a-t-il gagné son pari ?

L’action Twitter a atteint 44,90 dollars dès la clôture de sa première séance de cotation à la Bourse de New York, jeudi 7 novembre, soit une hausse de 72,7 % par rapport au prix d’introduction fixé la veille à 26 dollars.

La capitalisation boursière de la plateforme de microblogging a ainsi été portée à 25 milliards de dollars. Cette valorisation est 22 fois supérieure au chiffre d’affaires attendu l’an prochain par l’entreprise américaine.

Twitter n’est pas Facebook pour 4 raisons

C’est la deuxième entrée en Bourse la plus importante pour une société Internet américaine, après celle de Facebook ; le tout dans un climat qui n’était pas sans rappeler les jours grisants de la bulle Internet. Rappelons que l’introduction de Facebook au Nasdaq avait tourné au fiasco après que les établissements impliqués dans la transaction, dont Morgan Stanley, ont revu à la baisse leurs prévisions. Et Nasdaq OMX, l’opérateur de l’indice boursier, avait été dans l’incapacité de gérer la multiplication du nombre d’ordres simultanés émis à cette occasion.

1) Des actionnaires historiques scotchés

Pour éviter de connaître les mêmes difficultés, Twitter a opté pour le NYSE, informé discrètement l’autorité boursière américaine (SEC) et freiné les ardeurs de ses managers. Ni les dirigeants, ni les actionnaires historiques de l’entreprise n’ont vendu de titres avant l’IPO. Et les clauses de conservation font qu’ils ne pourront pas en vendre avant 180 jours.

2) Une ouverture du capital prudente

Par ailleurs, Twitter a limité la taille de l’opération en mettant en vente 70 millions d’actions, plus une option de sur-allocation de titres supplémentaires pour son arrivée au NYSE. Twitter a donc mis sur le marché 13 % du total de ses actions, ce qui reste inférieur d’au moins 20 points à la moyenne. Résultat, l’entreprise a levé 2,1 milliards de dollars à l’occasion de son IPO. Ce montant est bien inférieur aux 16 milliards levés par Facebook lors de son entrée au Nasdaq il y a 18 mois, mais il est supérieur à la somme réunie par Google en août 2004 (1,7 milliard).

3) Des pertes certes, mais une progression de l’activité

Les performances financières actuelles de Twitter ne sauraient expliquer le succès de son entrée au New York Stock Exchange. Après tout, Twitter a creusé sa perte nette au troisième trimestre (64,6 millions de dollars fin septembre 2013, contre 21,6 millions de dollars un an plus tôt) et ses perspectives de rentabilité restent floues.

Plus encourageant pour les investisseurs, le réseau social a vu sa base d’utilisateurs actifs progresser de 39 % à 232 millions d’inscrits au dernier trimestre. Quant aux revenus de la société américaine, ils ont dépassé les 168 millions de dollars au troisième trimestre, soit plus du double par rapport à la même période l’an dernier. Les résultats du quatrième trimestre sont très attendus.

4) Une communication qui évite la « flambe »

Conscient du risque de bulle spéculative, Dick Costolo, directeur général de Twitter, a mis l’accent sur la stratégie de l’entreprise dans un entretien accordé à la chaîne américaine CNBC. «  Nous sommes une entreprise de long terme et nous investissons dans plusieurs domaines : plateforme distribuée, infrastructure, mobile, télévision », a-t-il expliqué. «  Aucune cause structurelle ne nous empêche de croître », a ajouté le dirigeant, sans préciser quand l’entreprise atteindrait l’équilibre.

Twitter, qui table sur la publicité pour se développer, emploie plus de 2 000 collaborateurs.


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Auteur : Ariane Beky
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