ZTE se prépare à équiper l’Europe en 4G depuis Poitiers

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Le centre de compétences 4G de ZTE à Poitiers a ouvert ses portes aux élus de la région et aux journalistes le 27 juin. L’occasion pour l’entreprise chinoise de démontrer son potentiel et ses ambitions en la matière.

« La 4G beaucoup en parlent, mais peu ont une idée très précise de ce qu’elle apporte », déclare Lin Cheng, président de la division Europe de ZTE. Pour préciser l’apport en question de la 4G, l’équipementier chinois avait donc convié la presse (et les élus locaux), lundi 27 juin, pour « parler de manière civilisée » de cette technologie.

Installés dans les locaux de l’Université de Poitiers, 80 employés côtoient les étudiants de la faculté pour favoriser la recherche et l’échange en matière de LTE. Un atout non négligeable pour Jean Pierre Raffarin, ex Premier ministre et sénateur de la Vienne, pour qui, en matière économique, « la priorité pour la France c’est l’attractivité ».

En route pour la 4G

Si la France est attractive pour ZTE, Poitiers servira surtout de laboratoire et de base de lancement de la conquête de l’Europe. Grâce à une licence expérimentale fournie par l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes), le groupe dévoile un aperçu de ce que nous réserve la 4G. Tandis que la vitesse de téléchargement atteint péniblement les 21 Mbit/s en 3G+, elle culmine à 60 Mbits/s en 4G. Si tout cela reste encore « barbare », la démonstration parle d’elle même.

Depuis un ordinateur portable doté d’une clef 4G, nous avons dialogué via Skype en vidéoconférence avec un membre de l’équipe ZTE installé dans une voiture roulant dans les environs. Pendant ce temps là nous regardions France 3 et un film HD en streaming tout en téléchargeant un fichier à une vitesse de 30 Mbits/s. Tout ça sans ralentissement. A faire pâlir la meilleure des connexions ADSL. Evidemment, l’environnement de l’expérimentation était très favorable car très peu encombré. Mais les débits commerciaux moyens attendus devraient tout de même se situer aux alentours de 50 Mbit/s.

Une course à la vitesse mais pas que…

« Avec une plage de fréquence de 20 MHz, la 4G sera 20 fois plus rapide que la 2G », affirme Pierre Eisenmann, directeur du département Wireless Business Unit ZTE. En effet, grâce à la technologie MIMO (Multiple Input Multiple Output), ZTE pourra émettre les signaux LTE à partir de 4 antennes en simultané, ce qui aura pour conséquence directe d’accélérer le débit. Mais la course à la vitesse n’est pas l’unique intérêt du passage à la 4G.

Pierre Eisenmann présente les équipements tests de ZTE à Poitiers.

L’augmentation des performances se traduira également par une diminution des coûts d’installation. ZTE a notamment prévu de réutiliser les vieux équipements de Nortel. En 1h30, un ingénieur videra l’armoire de son contenu pour y installer à la place les boîtiers de ZTE. En termes d’économie d’énergie, la 4G pourra aussi alléger la facture. Pierre Eisenmann affirme que la LTE consommera 3 à 10 fois moins d’électricité.

La 4G pourquoi faire ?

Mi 2009, le trafic Internet a dépassé le trafic voix d’après l’Idate. L’introduction de l’iPhone notamment a fait exploser la demande. Or le réseau n’était pas fait pour supporter une telle charge et la saturation s’est rapidement fait ressentir. La 4G devrait permettre d’y faire face. « La LTE fonctionne commercialement, et répond aux attentes depuis fin 2009 en termes de débit et de temps de latence », affirme Frédéric Pujol de l’Idate. Lin Cheng espère quant à lui qu’elle permettra « la création d’applications que l’on n’imagine pas encore ».

Néanmoins, avant l’arrivée de cette nouvelle technologie il faudra attendre la fin de la procédure d’attribution des licences gérée par l’Arcep et débutée le 15 juin dernier par la publication au Journal Officiel des appels à candidature. Mais il faudra surtout trouver comment faire face aux risques d’interférence avec la TNT dénoncés notamment par Bouygues Telecom.

ZTE affirme avoir connaissance de ce problème et cherche d’ores et déjà un moyen de le limiter. Malgré tout, les solutions en cours d’essai fonctionnent pour l’instant beaucoup mieux dans les zones rurales que dans les zones urbaines. La 4G au service des zones blanches?


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