Audits de Java SE : 6 ans après le rachat de Sun, Oracle présente la facture

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Java SE, une plate-forme gratuite ? Oui, mais pas à 100 % et pas dans tous les cas de figure. Oracle a lancé une campagne d’audits ciblant les usages de Java chez ses clients et partenaires.

Six ans après avoir racheté Sun, Oracle dégaine la boîte à audits autour de Java, la technologie que lui a amenée l’ex-point du .com. Selon nos confrères de The Register, l’éditeur de Redwood Shores a en effet lancé une vague d’audits auprès de ses clients et partenaires autour de Java, ciblant les problèmes de conformité spécifiques aux règles de licensing de Java SE, l’édition phare de la plate-forme Java destinée en particulier aux postes de travail.

Selon nos confrères, la firme de Larry Ellison a même embauché quelque 20 experts dans le monde afin de vérifier la conformité du licensing Java des clients. Les spécialistes s’attendent à un accroissement de l’activité de LMS (License Management Services, le bras armé d’Oracle sur les audits) en 2017 autour de Java. En jeu, des redressements pouvant se chiffrer en dizaines ou centaines de milliers de dollars.

Java SE, des modules payants

Sur Java, très souvent, les DSI se sentent protégés par leur perception d’avoir affaire à une technologie gratuite, un sentiment qui avait été propagé par Sun. Or, depuis l’acquisition du constructeur, Oracle a enrichi Java SE de modules complémentaires placés, eux, sous licences payantes. Comme Advanced Desktop (introduit en 2014), Advanced et Suite (2011). Par exemple, Java SE Suite coûte 300 dollars par utilisateur nommé (avec un support à 66 dollars), auxquels s’ajoutent 15 000 dollars de licence par processeur (3 300 dollars de support).  

Dans le licensing d’Oracle, Java SE reste théoriquement gratuit pour ce que le second éditeur mondial appelle le « General Purpose Computing », autrement dit les applications sur PC ou terminaux mobiles. Sauf que les entreprises qui se placent dans ce schéma ont en réalité accès à un package d’installation, qui ne permet pas d’exclure à priori les modules payants. Sur un déploiement important, une entreprise a ainsi de bonnes chances de se servir de Microsoft Windows Installer Enterprise JRE Installer… qui ne fait pas partie des modules gratuits de Java SE.

Les limites du « General Purpose »

C’est ce type de découvertes qui risque d’alimenter les audits de LMS, les entreprises – y compris les partenaires d’Oracle – n’ayant souvent tout bonnement pas conscience que certains modules de Java SE sont soumis à licences. Dans les colonnes de The Register, un expert en conformité logicielle conseille aux DSI de veiller à n’employer que les éléments pour lesquels ils disposent d’une licence après téléchargement de Java SE (par défaut les modules gratuits donc). Faute de quoi l’entreprise tombera dans ce que l’éditeur appelle un usage commercial. D’autant plus facilement que le « General Purpose Computing » est, lui, bien mal défini.

Le même expert, qui reste anonyme, précise également que si une organisation distribue une application embarquant Java SE pour proposer des produits ou services à ses clients finaux, elle ne peut, aux yeux d’Oracle, tomber dans la catégorie General Purpose.

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Crédit photo : Katherine Welles / Shutterstock.com

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