Free refuse à Numericable-SFR l’usage du mot « fibre »

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Free a porté plainte contre Numericable-SFR pour usage trompeur du mot « fibre » dans les publicités de son concurrent.

Contrairement au gouvernement, Free ne tergiverse pas sur l’exploitation commerciale du terme « fibre » pour désigner un réseau très haut débit (THD) de fibre optique de bout-en-bout (FTTH). La filiale télécom d’Iliad a porté plainte dans le courant de l’été contre Numericable-SFR auprès du tribunal de commerce de Paris pour publicité trompeuse, nous apprend L’Expansion. Free reproche à son concurrent de désigner ses offres très haut débit sous le vocable « fibre » alors que le service concerné s’appuie sur une architecture hybride d’un réseau en fibre jusqu’en pied d’immeuble complété d’une terminaison en câble coaxial jusqu’au domicile (FTTB/FTTLA).

Un avantage concurrentiel déloyal

Si les deux systèmes offrent aujourd’hui des débits descendants à peu près similaires (400 Mbit/s, voire 800 Mbit/s prochainement, pour Numericable, jusqu’à 1 Gbit/s chez Free), le mode de déploiement des réseaux est différent. Alors que, hérité du plan câble lancé en France dans les années 80, le réseau coaxial de Numericable est aujourd’hui déployé chez plus de 8,8 millions de foyers dans un millier de villes, celui de la fibre à domicile est en cours de déploiement par Orange, Bouygues Telecom, Free et des collectivités locales. Une opération lourde puisque, au-delà des travaux à mener dans les immeubles pour acheminer le lien optique jusqu’aux domiciles, elle nécessite souvent l’accord du syndic. Ce qui ralentit d’autant les programmes de « fibrage » des immeubles. Au 30 juin 2015, le nombre de prise FTTH installées s’élevait à moins de 4,8 millions, selon les chiffres de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes).

Une différence de taille de marché que, au-delà des querelles sémantiques, n’apprécient guère Free et ses concurrents qui déploient aussi le FTTH. Ils considèrent probablement le volume de logements éligibles au très haut débit de Numericable comme un avantage concurrentiel déloyal dans la course à la conquête du marché du très haut débit et ont donc à cœur de distinguer leur offre technologique de celle du concurrent pour laisser l’abonné décider en toute conscience du choix de son accès Internet.

Le régulateur s’est également saisi de la question de l’exploitation commerciale du mot fibre dans les publicités de Numericable-SFR. Début juillet, le gouvernement envisageait la modification d’un arrêté de décembre 2013 afin de mieux encadrer l’usage du terme « fibre » sur les supports commerciaux des opérateurs. En septembre, c’est le président de l’Arcep Sébastien Soriano qui s’interrogeait, dans le cadre du forum Telco & Digital organisé par Les Echos, sur « le fait que certains opérateurs puissent utiliser le mot de fibre optique de manière très libre », rappelle L’Expansion.

15 millions de prises THD en 2020

Il semble donc que les jours d’exploitation du mot « fibre » dans des publicités pour l’offre câble soient comptés. Notons néanmoins que Numericable-SFR commercialise également des offres FTTH issues des réseaux optiques déployés par SFR avant son acquisition par la filiale d’Altice. Le groupe de Patrick Drahi déclare par ailleurs vouloir assurer les futurs déploiements (ceux hors du réseau câblé installé) en fibre de bout-en-bout. Avec pour objectif d’opérer 15 millions de prises THD en 2020 dont 5 millions en FTTH. En Face, Orange vise les 20 millions de prises FTTH pour la fin de la décennie.


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