CDNetworks donne un coup de fouet aux applications critiques

Réseaux

Spécialiste du CDN, CDNetworks entend se distinguer par une technologie d’accélération des applications non web sur Internet. Notamment.

Créé en 2000 en Corée, le fournisseur de solution de CDN (content delivery networks) CDNetworks a d’abord fait ses preuves en Asie avant de s’attaquer à l’Occident, Etats-Unis et Europe, à partir de 2009 avec l’acquisition de Panther Express. « Pour être un acteur global, il faut déployer une infrastructure sur l’ensemble de la planète », soutient Laurent Kupersztych, ingénieur avant-vente et consultant technique du CDN en France. Aujourd’hui, CDNetworks opère près de 150 points de présence (POP) dans plus de 90 villes dans le monde.

Une présence mondiale qui sert un modèle qui entend se distinguer de la concurrence. « Nous accélérons les contenus mais surtout les applications web dynamiques et les applications client-serveur non web (VPN) sur protocole TCP/IP », explique le porte-parole français. Et d’illustrer l’idée par une plate-forme de trading qui, dépourvue d’infrastructure réseau privée, s’appuie sur CDNetworks pour raccourcir les délais de transactions des ordres envoyés depuis les clients lourds des PC utilisateurs. Autrement dit, CDNetworks accélère les transferts entre deux points sur une infrastructure publique. « Cela permet de répondre à l’ambition d’une entreprise d’avoir des clients partout dans le monde depuis un datacenter unique », schématise Laurent Kupersztych.

L'architecture réseau d'accélération des contenus et applications de CDNetworks
L’architecture réseau d’accélération des contenus et applications de CDNetworks

Pour accélérer les échanges sur le réseau mondial, CDNetworks a développé sa propre technologie d’optimisation. Laquelle ne repose pas sur des serveurs cache et proxy existants mais sur le maillage de son réseau pour relier les serveurs de ses clients à la machine de l’utilisateur final. « Nous installons nos serveurs au plus près de celui des clients, au sein d’un datacenter. Si un utilisateur est en Australie, il se connecte à notre POP australien directement relié à notre POP parisien par exemple. L’accélération est faite entre les 2 points de présence. »

3 secondes au lieu de 20

La fréquentation de cette « autoroute virtuelle » est renforcée par des technologies d’augmentation de la taille des paquets, des mécanismes de connexion persistante qui permet de faire transiter plusieurs requêtes en une seule et la limitation des allers-retours client-serveur. Selon notre interlocuteur, la simple réduction des allers-retours permet de réduire à 3 secondes au lieu de 20 le chargement d’une page web entre l’Australie et Paris.

L’entreprise déploie également les certificats SSL sur son réseau pour optimiser les échanges HTTPS par mécanisme de SSL Offloading, et opère son propre réseau de DNS avec 48 POP dédiés dans le monde et un service Cloud pour réduire les temps de latence. « Cela permet d’économiser une ou une demi seconde de résolution de domaine et améliore les accès au site en évitant les risques de Time-out des DNS, justifie Laurent Kupersztych Un service critique, donc. »

D’autant plus critique que les attaques DNS sont monnaie courante. « On trouve sur le Net des services à quelques dizaines de dollars pour lancer une attaque », rappelle le consultant. Le DNS de CDNetworks est sécurisé par la technique Anycast qui permet d’adresser l’utilisateur local vers le DNS le plus proche en cas d’attaque de son DNS habituel. En option, le fournisseur propose le service Cloud Security de protection contre les attaques DDoS, que ce soit DNS, applicatif ou réseau, via des systèmes de monitoring, d’actions préventive et proactive.

cdnetworks Ddos

Connecter les applications critiques

E-commerce, médias, agence de voyages, transactions financières ou bien industrie, les clients de CDNetworks adoptent des profils variés. Le journal Liberation fait appel à lui pour absorber les pics de charge de son site web. Un média anglais s’en sert pour gérer de manière optimale son audience mondiale.

Autre illustration client, celle des sirops Monin. « Ils ont un ERP JDEdwards (Oracle) hébergé en France et des usines partout dans le monde dont une en Malaisie depuis laquelle ils ne parvenaient pas à se connecter, témoigne notre interlocuteur. Ils ont évalué une solution réseau matérielle mais qui n’était valable uniquement d’un point à un autre et pas simple à mettre en œuvre. Ils se sont tournés vers notre solution qui a résolu le problème local mais qui est aussi valable pour d’autres sites de production. C’est un exemple typique du cas d’une application entreprise avec un trafic faible mais qui nécessite un temps de réponse rapide. »

Enfin, si la localisation des POP au plus près des clients est stratégique, celle du choix des prestataires de transit ne l’est pas moins. « Le choix des ISP est critique, en regard du peering avec les différents opérateurs et technologies qui font que le serveur répond rapidement ou pas avec tous les mécanismes qui se greffent dessus (sécurité, token, réécriture d’URL, etc.), souligne Laurent Kupersztych. C’est l’addition de l’ensemble de ces composants qui garantit l’amélioration des performances, de la disponibilité et de la sécurité. La performance ne fait pas tout. Elle doit s’accompagner d’une ensemble de services. » Comme l’implémentation de supports géographiques locaux.

Une forte présence en Chine

CDNetworks entend également se distinguer par sa forte présence asiatique, et plus particulièrement en Chine où, présente depuis 2007, l’entreprise dispose de pas moins de 25 POP. Surtout, elle s’inscrit comme un interlocuteur de choix pour les clients qui souhaitent y développer leur activité. « Nous bénéficions d’une licence opérateur ce qui nous permet de diffuser du contenu en Chine via une même plateforme locale. Habituellement, c’est compliqué car opérer en Chine nécessite des licences du gouvernement chinois difficiles à obtenir. Nos bonnes relations avec le gouvernement chinois qui nous permet d’obtenir des licences en quelques semaines. Nos clients peuvent donc s’appuyer sur nous pour les obtenir. » Certes, les entreprises peuvent diffuser leurs contenus depuis l’extérieur de la Chine et se passer des autorisations du régime mais « les performances sont freinées par le filtrage, et l’absence de point de peering » fait remarquer notre interlocuteur. Qui ajoute que « notre infrastructure permet de déployer des serveurs dans différents datacenters locaux de manière autonome. Ça intéresse nos clients car nous apportons un service homogène en Europe comme en Chine. Il suffit de cocher une case dans notre interface pour activer nos serveurs en Chine. »

CDNetworks compte aujourd’hui quelque 400 salariés et 1700 clients. Dont des gros consommateurs de données comme l’éditeur de jeux King.com (Candy Crush, Farm Heroes…) ou Xbox Live et se déclare profitable sans néanmoins publier ses chiffres. Surtout, le CDN bénéficie du soutient de KDDI qui a racheté l’entreprise en 2011. Le groupe télécoms japonais est également propriétaire de Telehouse. Il en résulte « des coûts d’accès avantageux aux datacenters mais nous restons agnostiques aussi bien sur les datacenters que les prestataires de transit », assure le porte-parole.

Le prestataire va poursuivre ses développements, notamment en matière de sécurité déjà renforcée par le code propriétaire de ses applications qui selon le consultant « offre une meilleure évolutivité avec l’ajout rapide de fonctionnalités ». Ce qui se traduira prochainement par des innovations. « On s’oriente de plus en plus sur les solutions de sécurité et de WAF (web application firewal) qui seront annoncées lors de la présentation de notre roadmap dans quelques semaines », confie Laurent Kupersztych. Entre temps, la branche française de CDNetworks rencontrera ses clients à Paris le 18 novembre prochain lors d’une conférence utilisateurs.

(Article mis à jour le 18/11/2014)


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