Google et Microsoft contre le masquage des hotspots WiFi dans les hôtels

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L’accès WiFi dans les hôtels américains fait l’objet d’une bataille entre les hôteliers qui demandent à la FCC de pouvoir favoriser leurs offres de connectivité. Google et Microsoft s’élèvent contre ces possibilités de blocage.

L’histoire est partie d’une amende de 600 000 dollars infligée par la FCC (le gendarme américain des télécoms) contre la chaîne hôtelière Marriott pour avoir bloqué les hotspots WiFi (en général gratuit) dans un hôtel et son centre de conférence à Nashville pour favoriser son offre WiFi plus onéreuse. Pour ceux qui voyagent fréquemment aux Etats-Unis, les tarifs dans les hôtels américains sont souvent prohibitifs, plus de 20 dollars pour la journée.

Marriott s’est défendu en arguant qu’il n’avait pas brouillé les hotspots, mais il a utilisé un équipement réseau capable de masquer les différents points d’accès WiFi autre que les siens. Pour sa défense, l’hôtel a indiqué dans une lettre que cette politique avait été mise en place pour des questions de sécurité en bloquant des réseaux WiFi malintentionnés capables de vol d’identité ou de cyberattaques. Il est vrai que les réseaux des hôtels ont été mis à rude épreuve ces temps-ci aussi bien par l’espionnage des hommes d’affaires par les agences de renseignements de certains pays, mais également de vecteur d’attaque comme dans le cas de Sony qui serait parti d’un palace en Thaïlande.

Google et Microsoft contre le blocage sous toutes ses formes

L’affaire aurait pu s’arrêter là, mais Marriott, l’American Hotel & Lodging Association et d’autres ont demandé par écrit à la FCC de définir des règles sur ce sujet. L’objectif des lobbyistes est que le régulateur des télécoms américain se prononce non pas sur le brouillage des hotspots qui est interdit, mais sur le fait que les clients ont le droit d’avoir un réseau sécurisé et fiable.

Soumis à commentaires, Microsoft est contre la demande des hôteliers en soulignant que le brouillage devait être entendu au sens large pour comprendre l’ensemble des moyens capable de « bloquer, brouiller ou interférer les radiocommunications autorisées ». Google est aussi opposé à cette pétition en expliquant qu’« il reconnaît l’importance de laisser de la flexibilité des opérateurs pour gérer leurs propres réseaux, mais cela ne comprend pas le blocage intentionnel de l’accès à d’autres réseaux légalement autorisés, en particulier lorsque cette interférence a pour but de générer du trafic vers le réseau propre de l’opérateur (souvent payant) ». Après avoir recueilli l’ensemble des commentaires, la FCC aura à se prononcer sur la demande des hôteliers.

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Crédit Photo: Syda Production/Shutterstock

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