La disparition programmée des cabines téléphoniques

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Téléphone cabine © Péter Gudella - Shutterstock

Obsolètes et onéreuses à entretenir, les cabines téléphoniques sont vouées à disparaitre en France. La loi Macron programme leur mise à la casse.

La loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques dite « Macron» devrait au moins faire un heureux : Orange. Lors de sa lecture les sénateurs ont adopté, la semaine dernière, des dispositions visant à abroger, pour l’opérateur historique chargé d’assurer le « service universel » (SU), l’obligation de fournir « à tous » « l’accès à des cabines téléphoniques publiques installées sur le domaine public ou à d’autres points d’accès au service téléphonique au public » (selon le l’article L35-1 du code des postes et communications électroniques). Cette adoption, repérée par PCInpact, ôte donc à Orange son obligation de maintenir son parc de cabines téléphoniques.

12 millions d’euros de chiffre d’affaires

Orange est en effet tenu de fournir au moins un « publiphone » par commune et au moins deux au-delà de 1000 habitants. L’opérateur exploitait un parc de plus de 80 000 cabines dont près de 40 000 au titre du SU, rapporte Le Point. Mais l’usage du téléphone mobile et des services Internet (voix sur IP, messagerie instantanée…) ont rendu obsolètes nombre des 300 000 cabines téléphoniques réparties sur l’ensemble du territoire français en 1997.

Leur faible utilisation (moins d’une minute par jour et par cabine, selon l’opérateur) a réduit leur chiffre d’affaires à peau de chagrin : 12 millions d’euros annuels selon un rapport parlementaire sur le SU.Il y a quelques années, les dirigeants de France Telecom avaient imaginé installer des hotspot WiFi sur les cabines téléphoniques pour proposer un accès à Internet à proximité. Une bonne idée, mais qui a fait grincer des dents la concurrence et qui a finalement été abandonnée.

Les coûts d’entretien sont évalués à 13,6 millions par l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) sur les 29 millions du coût total du SU. « En 2012, 91 % du parc de cabines sur la voie publique, soit 74 352 cabines étaient déficitaires, ce qui signifie qu’elles génèrent un chiffre d’affaires ne permettant pas de couvrir les frais liés à leur maintenance », notaient les parlementaires. Une tendance appelée à se poursuivre et qui pousse Orange à démanteler la totalité des 42 000 publiphones de son parc commercial (hors SU) depuis 2013.

Si la loi est adoptée en l’état (les débats se poursuivent au Sénat jusqu’au 12 mai), le texte prévoit d’accompagner la disparition des cabines par des mesures en concertation avec les collectivités territoriales. Ce qui se traduira essentiellement par l’assurance que les opérateurs mobiles respecteront leurs obligations de couverture des zones blanches en 2G et 3G comme l’avait souligné Manuel Valls en mars dernier. Quitte à ce que l’Arcep use de son pouvoir de sanction pour les contraindre à respecter leurs engagements.


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