Oracle OpenWorld: Solaris 11 cohabitera avec Oracle Linux et son noyau Unbreakable

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Oracle Open World 2010 : après les serveurs et les puces, les systèmes d’exploitation. Un Solaris 11 présenté comme stratégique et un nouveau noyau Linux revisité par Oracle au grand dam de RedHat.

San Francisco. – John Fowler, dirigeant de l’activité Systèmes chez Oracle, attaque sans hésiter : « Oracle Solaris est la première plate-forme de déploiement pour les bases de données Oracle en environnement critique. Toutes nos équipes collaborent pour obtenir le meilleur environnement, et concevoir le système de la prochaine génération de datacenters. »  Avant d’expliquer qu’Oracle prend en charge la maintenance de l’infrastructure, pour piloter les performances, la disponibilité et la sécurité des applications, tandis que [Sun] apporte les technologies sous-jacentes comme le matériel, les microprocesseurs et Java (cf. également, le précédent article : ‘Oracle World,  le Sparc T3 bat à 16 coeurs‘).

Un OS et des applications qui se connaissent bien
2 700 projets, plus de 400 inventions, 20 millions d’heures de développement, 60 millions d’heures de tests, plus de 11 000 applications… Solaris 11 devrait bénéficier d’un grand nombre d’innovations. L’éditeur annonce qu’Oracle Solaris 11 (on se fera à ce nouveau nom…) améliorera fortement la haute disponibilité des systèmes en « diminuant les interruptions planifiées, tout en améliorant la rapidité et la facilité de déploiement, de mise à jour et d’administration.» Et les temps de reboot seront fortement diminués, passant de quelques dizaines de minutes à quelques dizaines de secondes.
Conçu pour la virtualisation l’OS assurera l’étanchéité et la sécurité des applications, avec de nombreux indicateurs de supervision. Oracle propose même un support préventif des pannes, via la télémétrie intégrée du support MyOracle dans l’architecture de gestion des pannes de Solaris. « Nous avons également amélioré la performance des applications sous Oracle Fusion Middleware 11g et Java en travaillant en commun sur la gestion de la mémoire et les entrées-sorties, entre autres, » explique-t-on chez Oracle.
Oracle Solaris 11 arrivera au premier trimestre 2011, et Solaris 11 Express avant fin 2010.
L’éditeur annonce que Solaris 11 pourra animer ses serveurs Exadata X2-2 et X2-8 (http://www.silicon.fr/oracle-world-2010-le-sparc-t3-bat-a-16-coeurs-et-l%e2%80%99exadata-joue-la-force-brute-42055.html) et Exalogic Elastic Cloud (http://www.silicon.fr/oracle-openworld-2010-lexalogic-elastic-cloud-propulse-dans-les-nuages-42044.html).

Un noyau Linux griffé Oracle vraiment incassable ?
Les équipes d’Oracle ont retravaillé le noyau de Red Hat Enterprise Linux pour optimiser les performances d’Oracle Linux 5 (ex Oracle Enterprise Linux). Ce nouvel Unbreakable Enterprise Kernel bénéficie de toutes les innovations du noyau Linux 2.6.32 (considéré comme stable).
Edward Screven, architecte en chef chez Oracle ne se prive pas de pointer les “limitations” de la compatibilité de Red Hat : « Red Hat adopte lentement les améliorations amenées par la Communauté, et le noyau de la version actuelle Red Hat repose sur date de quatre ans ! Red Hat ne teste pas les versions de ses produits avec les produits Oracle, et nous consacrons un temps considérable à détecter et corriger les régressions en résultant. Oracle est donc contraint d’améliorer Linux. ! » Belle démonstration… qui se poursuit par l’affichage sur grand écran des performances du unbreakable Linux qui écrasent le noyau compatible Red Hat (voir l’illustration cliquable).

Oracle unbreakable Linux RedHat
Oracle unbreakable Linux RedHat

Outre la correction de bugs et les améliorations de gestion de la mémoire virtuelle, du réseau et des disques, ce nouveau noyau augmente aussi les performances des grands systèmes Numa (Non-Uniform Memory Access). Parmi ces optimisations, on retrouve : la dernière pile logicielle Infiniband  (OFED 1.5.1), la pile RDS (reliable datagram sockets) pour accélérer le réseau et diminuer sa latence, améliorer l’évolutivité du stockage rapide (type SSD), etc. Unbreakable Enterprise Kernel dope aussi Linux pour les datacenters avec entre autres : un contrôle groupé et très fin de la mémoire, des processeurs et des équipements ; une gestion des pannes matérielles évoluée, la gestion énergétique réduisant la consommation des composants inactifs ; le contrôle d’intégrité des données avant écriture, etc.
Ed Screven tente de rassurer : « Désormais, Oracle Linux contient les deux noyaux, Enterprise Kernel ou notre noyau existant compatible avec Red Hat. Vous pouvez choisir lors du boot celui qui vous convient. » Quand on choisit d’installer Oracle Linux, on se demande bien ce que l’on pourrait choisir.
Oracle continuera à certifier ses produits sur le noyau compatible Red Hat au moins jusqu’à Oracle Linux version 5. La mise à jour vers le nouvel Oracle Unbreakable Linux ne nécessite aucune réinstallation, y compris pour les clients Red Hat.


Auteur : José Diz
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