Guillaume Ors – DSIN Ville de Versailles : « Je me focalise autant sur les enjeux IT que sur la dimension business »

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À la tête de DSIN de la Ville de Versailles et de la communauté d’agglomération de Versailles Grand Parc depuis 2016, Guillaume Ors développe les projets de transformation IT pour les 3 500 agents et de nouveaux services aux habitants.

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Vous êtes directeur des systèmes d’information et du numérique de la Ville de Versailles et de la communauté d’agglomération. Quel est le périmètre de votre activité ?
La direction des systèmes d’information et du numérique (DSIN) de la Ville de Versailles et de la communauté d’agglomération de Versailles Grand Parc (VGP) couvre 19 collectivités sur le territoire des Yvelines. Je suis rattaché au directeur­ général des services qui m’a confié comme mission principale d’en faire une référence en matière d’innovation et de numérique, et de proposer des services performants. Mon rôle consiste à être à l’écoute des métiers de la collectivité et des administrés.

Comment votre DSI est-elle organisée ?
La DSIN compte une quarantaine de personnes en interne, ainsi qu’une vingtaine en externe pour 3 500 utilisateurs. Elle est composée de quatre sous-directions : le pôle applications­ métiers, le pôle support, le pôle production et le pôle administration. Notre rôle quotidien s’articule autour de deux axes majeurs : conduire les projets SI et délivrer un service performant à travers le maintien opérationnel des infrastructures et des logiciels, mais aussi du traitement des incidents et des demandes.
Le périmètre du SI a été découpé en cinq programmes : la simplification et le développement des services aux Versaillais, l’optimisation des processus internes métiers et la dématérialisation, la mutualisation des services aux communes, la modernisation et l’optimisation du SI et enfin le pilotage des données.

À cela s’ajoutent 10 chefs de projets thématisés. Par exemple, l’un d’entre eux est chargé des projets de dématérialisation. Ce dispositif est supervisé par le comité de pilotage qui regroupe la DSIN et les directeurs généraux, qui propose le schéma de transformation numérique, organise sa mise en œuvre et arbitre le plan pluriannuel de projets SI.

Quels sont les projets qui ont le plus d’impact sur vos utilisateurs ?
Pour les agents, je citerai notre projet de dématérialisation totale, dont l’innovation principale a été de fonder toute cette architecture sur un bus SOA et de développer des connecteurs REST (services web) avec tous les progiciels (GED, GRC, SAE, etc.) qui sont à même de communiquer et d’échanger via l’intermédiaire du bus. Il y a aussi le déploiement des outils collaboratifs Office 365, notamment Teams, pour lequel nous avons été bêtatesteurs en France et sur lequel nous avons testé plusieurs chatbots, pour la DRH, qui répondaient aux questions des agents.

Nous modernisons en permanence notre infrastructure avec, notamment, le changement complet de notre téléphonie IP et celle de nos applications métiers comme notre progiciel de gestion des marchés publics. Nous avons multiplié les projets pour fluidifier la circulation, en particulier un partage d’informations avec Waze, sur les travaux de voirie ou les changements de sens, qui alimentent notre concentrateur OpenData. Ou, encore, la gestion dématérialisée du stationnement et la prévision en utilisant le machine learning.

Pour vous, quels sont les moments clés de la récente période de confinement ?
La première satisfaction a été de constater la pertinence de nos projets de modernisation du SI et de développement du travail collaboratif. Nous avons mesuré combien ces actions centrées sur l’agilité du SI et l’efficacité des agents avaient du sens dans ce contexte.
Le jour J, le moment fort a consisté à organiser la transmission du matériel nécessaire pour le télétravail à tous les agents qui n’en étaient pas encore pourvus. Nous leur avons ensuite transmis des tutos retravaillés par la DSIN pour l’utilisation de certaines applications.
Nous avons aussi organisé un support téléphonique pour les élus, afin de les aider à utiliser Teams pour la visioconférence.
Côté DSIN, nous étions prêts à fonctionner en organisation de télétravail intégral. J’ai ajouté dans le dispositif un concept de « salle de pause-café virtuelle » pour maintenir du lien social dans l’équipe.

Quels sont les projets, dictés par l’épisode Covid-19, que vous allez développer ?
Deux sujets ont émergé lors de cette période de crise sanitaire : le renfort des mesures de cybersécurité et la modernisation de la workplace. Nous allons donc déployer la double authentification pour l’accès aux applications, en raison de la recrudescence des attaques subies pendant la crise, comme les malwares envoyés via WeTransfer, et nous allons réduire la frontière entre utilisateurs sédentaires et nomades.

Comment jugez-vous la vague massive de « cloudification » du SI ?
En tant que DSI, je me focalise autant sur les enjeux IT que sur la dimension opérationnelle pour juger le cloud. Quels rentabilité et avantage m’apporte le cloud ? Avant tout, elle fait peser en fonctionnement ou Opex des dépenses qui étaient avant supportées en investissement/Capex –, donc non seulement cela appauvrit la valeur de mon SI, mais, en plus, cela fait peser sur mon entreprise/ma collectivité de nouvelles charges incompressibles.
Donc, avoir recours au cloud de manière massive et non réfléchie est économiquement une erreur. Qui plus est, nous devons rester maîtres sur notre cœur de métier, il est donc impératif de conserver en interne tout ce qui est relatif à ce dernier.
Néanmoins, il ne faut pas tout refuser d’un bloc, la « cloudification » et l’externalisation, pour un grand nombre de services, restent une bonne chose. Comme pour tout, il y a un juste milieu.

DSI et externalisation, quel est le bon équilibre ?
C’est la même logique que pour le cloud. Il faut externaliser ce qui n’est pas notre cœur de métier. Par exemple, la sécurité ou certaines compétences de niveau 3 pour gérer une base de données. De même, il n’y a aucun intérêt à gérer toute la messagerie ou la workplace en interne. En externe, nous libérons des ressources pouvant être investies sur des tâches à plus forte valeur ajoutée.
Mais tout ce qui touche à notre cœur de métier et à nos données personnelles doit rester à la DSIN. La souveraineté de nos données, et par extension celles des administrés, est pour nous une priorité absolue. Nous avons ainsi, par exemple, un poste et demi pour gérer le RGPD .

Crédit Photo : Govin Sorel pour Silicon

 

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