Conquête 2015: France Télécom va recruter dix mille personnes en deux ans

Réseaux

Stéphane Richard a présenté un nouveau plan pour France Télécom visant à re-conquérir l’efficacité de ses salariés autant que la confiance de ses clients. Un plan sur 5 ans baptisé «Conquête 2015».

France Télécom/Orange s’apprête à négocier un nouveau virage stratégique. A l’occasion d’une conférence de presse donnée ce lundi 5 juillet, Stéphane Richard, à la tête de l’opérateur depuis le 1er mars, a dévoilé son projet d’entreprise pour les 5 années à venir.

Ce plan, baptisé « conquête 2015 », vise à répondre à quatre enjeux : la crise sociale qui secoue l’entreprise depuis 2008, notamment avec la vague des suicides ; la mutation de l’écosystème, notamment avec la présence de plus en plus proéminente de l’image dans les réseaux numériques; la concurrence face à un «cadre réglementaire tendu»; et la conquête des marchés à l’international.

Le premier enjeu, la crise sociale, est déjà bien avancé. Révision des plan de mobilité, aménagement du temps pour les seniors, nouvelles méthodes d’évaluation des performances et… nouvelles embauches. L’opérateur prévoit de recruter pas moins de 10.000 salariés sur la période 2010-2012 afin de « faire face à son défi démographique ».

Une enveloppe de 900 millions d’euros

Autres initiatives visant à améliorer le quotidien et l’efficacité de ses troupes, la révision des systèmes d’information « qui s’étaient beaucoup complexifiés au fil des années » jusqu’à la refonte totale de certaines parties, ainsi que la création d’Orange campus qui fédérera une communauté de dirigeants. Appliquée à partir de janvier 2011 sur Paris, ce campus s’étendra au printemps aux sites de Bordeaux, Marseille, Nancy, Rennes ainsi qu’à l’étranger, en Europe (Serock en Pologne, Madrid) et au-delà (Atlanta, Dakar, Nairobi, New Delhi, Rio et Singapour). L’ensemble de ses restructurations bénéficie d’une enveloppe de 900 millions d’euros sur la période, hors économies attendues sur le programme TPS (temps partiel seniors) et les départs naturels.

Après s’être diversifié, avec plus ou moins de bonheur, dans les contenus (notamment avec l’achat des droits de retransmission d’événements sportifs sous l’ère Didier Lombard) Orange veut se recentrer sur son métier d’opérateur réseau. Simplement en élargissant sa couverture, tant dans les pays industrialisés qu’émergeants, et en soutenant le déploiement du très haut débit fixe et mobile. L’opérateur va ainsi investir 2 milliards d’euros dans la fibre optique en France. Un investissement qui vise à couvrir 40% des foyers français en très haut débit filaire d’ici 2012. Et à être présent dans tous les départements français (y compris les trois d’outre mer) en 2015.

Le développement du marché mobile passera par le déploiement du LTE (4G) qui promet le très haut débit mobile… quand la réglementation lâchera les autorisations. L’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) ne prévoit pas de distribuer les nouvelles licences d’exploitation des fréquences de la bande des 800 MHz avant courant 2011. Enfin, Orange prévoit de se diversifier à travers la monétisation du trafic de données sur les mobiles ou dans le déploiement de réseaux mobiles « verts » comme le programme Oryx d’antennes mobiles alimentées à l’énergie solaires.

Regagner la confiance des clients

Reste à reconquérir le client. Si en tant qu’opérateur historique France Télécom reste le leader sur son marché, il est indéniable que le dynamisme concurrentiel l’oblige à céder du terrain. Tant sur le fixe que sur l’offre mobile, notamment en regard d’offres commerciales généralement plus onéreuses que celles de la concurrence. Une dynamique de marchée par ailleurs appelée à se renforcer avec l’arrivée de Free Mobile en 2012. Cette conquête d’Orange nécessitera de regagner la confiance des clients en les bichonnant : améliorer la qualité de service et la relation client, renforcer le conseil, accompagner les migrations, assurer la maîtrise des dépenses… « Orange doit devenir le ‘coach multimédia’ de ses clients en les accompagnant et en facilitant leur vie numérique », souligne l’opérateur. Il restera à voir comment cela se traduit en termes de services. Mais conscience est prise du malaise existant du côté des utilisateurs, notamment sur les marché professionnels.

Enfin, Orange poursuivra ses développement l’international à coups d’acquisitions essentiellement. Soit une continuité de la stratégie en cours. Le groupe ambitionne de doubler le chiffre d’affaires issu des pays émergents d’ici 5 ans et de passer de 200 à 300 millions de clients dans le monde sur la période.

Le plan Conquête 2015 a toutes les chances d’être favorablement accueilli par la base puisqu’elle en est partie prenante. « A partir du mois de mars, des réunions d’environ 50 personnes ont été organisées avec les différents pays et métiers du Groupe pour définir des orientations, qui ont été retravaillées ensuite à 500. Ces 500 managers de tous les métiers et pays ont ensuite partagé les réflexions avec leurs équipes. C’est la convergence de tous ces partages de points de vue et retours de réflexion qui a abouti au projet ‘conquêtes 2015’ », explique le groupe. S’il restera à mesurer les effets de cette nouvelle organisation, elle a au moins le mérite d’exister. Orange a en effet besoin de changement pour sortir de sa crise structurelle.


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