Salesforce en France : un «gros dossier» pour Interxion

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La confidentialité règne sur les conditions d’implantation de Salesforce chez Interxion France. Un dossier qui se chiffre néanmoins à plusieurs millions d’euros pour l’hébergeur.

Disponibilité de surface, capacité énergétique d’origine renouvelable de celle-ci, neutralité vis-à-vis des opérateurs (70 pour la France) et fournisseurs de Cloud, point d’échange France IX… Les critères qui ont poussé Salesforce à choisir Interxion à implémenter son datacenter en France ne manquent probablement pas. Mais, partenaire de choix d’Orange, notamment à travers la présence des solutions de CRM en ligne sur le portail Business VPN Galerie, il était impératif pour Salesforce que son prestataire de collocation de salles puisse offrir une interconnexion directe au réseau de l’opérateur historique. Et c’est le cas des sept sites parisiens d’Interxion (via les deux parcours optiques du package RS 3 d’Orange). « Nous sommes les seuls à le faire avec Telehouse 2 Paris », commente Fabrice Coquio, le président d’Interxion France.

Sur le reste du projet français du numéro un des solutions de gestion client en ligne, Fabrice Coquio se montre discret. « Vous comprendrez que, pour des raisons stratégiques de confidentialité, très encadrées, je ne peux rien vous dire », concède le dirigeant qui dit avoir traité directement avec le siège américain. « Je n’ai pas encore rencontré l’équipe française. »

Inonder la France et l’Europe du Sud

Néanmoins, on sait que l’éditeur américain s’implantera sur Paris (Interxion est également présent à Marseille). Au Nord (Interxion Par 5 Saint-Denis, Par 7 à la Courneuve) pour se rapprocher du Royaume-Uni où Salesforce ouvrira cet automne son premier datacenter européen ? « Pas nécessairement, explique Fabrice Coquio. Le but pour Salesforce est de distribuer ses services en mode cloud pour la France, l’Europe du Sud et l’Afrique du Nord. » Par 6 dans l’Essonne alors ? Il faudra attendre l’ouverture des premières liaisons avec les clients pour le savoir, ou une communication officielle de l’entreprise américaine.

Fabrice Coquio se montrera tout aussi discret sur la surface qu’occupera le nouvel arrivant, le montant de ses investissements ou encore ses fournisseurs de solutions cloud et IT, et la capacité des liaisons de communication. Mais ce sera massif. « Salesforce va construire un datacenter en mode opérateur au sein de Interxion dans une salle ou plusieurs », lâche le responsable qui prévoit par ailleurs de dégager des bureaux pour accueillir des équipes du fournisseur de solutions SaaS sur place.

Plusieurs millions d’euros

« C’est un gros dossier, massif, qui n’est qu’une première étape pour Salesforce qu’Interxion saura accompagner avec jusqu’à 2500 Wh de consommation et 1 MW de production informatique ». Un dossier qui se chiffre en « plusieurs millions d’euros » sur la durée, inconnue, du contrat pour Interxion. Soit un budget total probablement multiplié par 10 ou 15 pour l’ensemble du projet. « Un budget normal pour un acteur de cette taille. »

La fourniture d’une énergie « verte » figurait également parmi les exigences du client. Une énergie électrique renouvelable (issue pour 80% de la production hydroélectrique) qu’Interxion est capable de livrer dans le cadre d’un accord avec EDF. Le fournisseur s’engage, certifications de Powernext à l’appui, à réinjecter en énergie renouvelable dans son réseau 100% de la consommation électrique de l’hébergeur de datacenters. Aujourd’hui, 94% de la consommation électrique des 38 datacenters d’Interxion est réinjecté dans le réseau au titre des énergies renouvelables.

Salesforce, un atout pour le Hub d’Interxion

Au-delà du contrat majeur, l’arrivée de Salesforce s’inscrit dans la volonté d’Interxion de développer sa notion de Hub où l’hébergeur propose des interconnexions directes entre les infrastructures de ses clients présents entre ses murs. Dans ce sens, l’arrivée de Salesforce est un atout majeur qui permettra à ses partenaires présents autour de son datacenters d’accéder directement à son cœur de production. Total devrait figurer parmi les premiers clients à s’interconnecter. Pour développer cette notion de Hub, Interxion lancera, pour la fin de l’année, une market place visant à simplifier la mise en relation de ses différents clients et leurs interconnexions.

Interxion ouvrira prochainement ses portes à Salesforce qui commencera alors ses travaux de construction de son datacenter, nous précise Fabrice Coquio. La commercialisation des premiers services SaaS de Salesforce depuis la France devraient, raisonnablement, voir le jour début 2015.


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