SAP France invente la croissance qui détruit de l’emploi

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Malgré un début d’année en fanfare, SAP France annonce un plan de licenciement touchant 75 personnes. Une réduction d’effectifs qui semble liée à la réorganisation du groupe pour accélérer sa transition vers le Cloud.

Selon la CGT de SAP France, l’éditeur prépare un plan de licenciement de 75 personnes. Le syndicat indique que la direction de l’entreprise, qui vient de déménager son siège parisien à Levallois-Perret en proche banlieue, a informé le comité d’entreprise de ce projet de PSE (Plan de sauvegarde de l’emploi) le 9 septembre. Pour rappel, SAP France comptait en moyenne sur l’année 2013, 1535 personnes.

L’annonce de ce PSE intervient quelques mois après celle d’une restructuration du groupe, portée par une volonté de simplifier l’organisation et d’accélérer la mutation de l’éditeur vers le Cloud. Des décisions qui sont intervenues au moment où Bill McDermott a pris seul la tête de l’entreprise (auparavant, ce dernier partageait la direction du groupe avec le Danois Jim Snabe).

C’est ce même Bill McDermott qui, de passage en France en mars dernier, avait promis à la présidence de la République un investissement majeur du groupe dans l’Hexagone : l’ouverture d’un centre de R&D sur la dataviz devant employer quelque 500 personnes et censé ouvrir ses portes en 2015. Un ‘lab’ majeur pour le groupe : à titre de comparaison, le laboratoire consacré à l’analytique installé à Levallois-Perret (un héritage du rachat de BO) emploie environ 600 personnes.

Croissance supérieure à 50 %

Curieux donc de voir SAP France réduire la voilure alors qu’il s’apprête à embaucher massivement. Sauf que… cet investissement ne semble plus autant d’actualité. Dans leur billet de blog, les représentants CGT indiquent que les promesses de McDermott à la presse et à l’Elysée ont été contredites en comité d’entreprise. Sans toutefois que SAP ne revienne pour l’instant officiellement sur les promesses de son Pdg. Pas sûr que ce pas de deux soit tout à fait du goût du gouvernement français, d’autant que l’interlocuteur de Bill McDermott, Emmanuel Macron, est depuis devenu ministre de l’Economie.

Signalons aussi que ce plan social se décide à un moment où la filiale semble plutôt florissante. Au premier trimestre de l’année, la croissance du chiffre d’affaires issu des ventes de licences dans l’Hexagone a dépassé les 100 %, porté par la signature du plus gros contrat de l’histoire de SAP France (CMA CGM). Au second trimestre, la croissance sur ce segment dépassait encore les 50 % sur un an, selon les indications données alors par le directeur général de SAP France, Henri van der Vaeren.

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